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La loi n°98-657 du 29 juillet
1998 d’orientation relative à la lutte contre les exclusions
et ses textes d’application imposent aux propriétaires vendeurs
d’un logement construit ou rénové avant 1948 et situé
dans une zone dite " à risque ".
Les zones à risques sont définies par le Préfet,
celui-ci classant bien souvent l'ensemble de son département dans
une telle zone. Les risques d'accessibilité doivent être
mentionnés dans un état dressé par un contrôleur
technique agréé ou par un technicien de la construction
qualifié. L'état doit être annexé à
toute promesse, contrat ou acte de vente.
En 1999, deux décrets (décret n° 99-483 du 9 juin 1999
et le décret n° 99-484 du 9 juin 1999) avaient été
publiés pour permettre aux préfets de faire effectuer des
travaux de réhabilitation en cas de risque, et ce, même en
cas de refus des propriétaires.
La circulaire DGS/SD7C/2001/27-UHC/QC/1 n°2001-1 du 16/01/2001 fixe
la méthode relative à l’état des risques d’accessibilité
au plomb nécessaire lors de la vente d’un bien immobilier
affecté à de l’habitation et datant d’avant
1948.
Il est indiqué dans cette circulaire qu’il est nécessaire
d’effectuer 2 ou 3 mesures par unité de surface (murs, menuiseries,
plinthes, plafonds, cloisons, tuyauteries,..) ce qui implique un nombre
très important de mesures (en général plus d’une
centaine pour un simple studio).
Toutes ces mesures doivent être consignées dans le rapport
fourni par le bureau chargé du diagnostic. Les établissements
proposant un état des risques d’accessibilité au plomb
à prix réduit avec pour seules mesures les résultats
d’un ou deux prélèvements sont en totale contradiction
avec les orientations du gouvernement.
L'ingestion ou l'inhalation de plomb est toxique. Elle provoque des troubles
réversibles (anémie, troubles digestifs) ou irréversibles
(atteinte du système nerveux). Une fois dans l'organisme, le plomb
se stocke, notamment dans les os, d'où il peut être libéré
dans le sang, des années ou même des dizaines d'années
plus tard. L'intoxication par le plomb est appelée saturnisme.
Les peintures anciennes au plomb constituent, dans les immeubles dégradés
ou en cours de rénovation construits avant cette date, la principale
source d'intoxication.
La céruse (hydroxycarbonate de plomb) a été couramment
utilisée dans la fabrication des peintures et enduits au 19ème
siècle et, malgré des textes réglementaires, jusqu'à
la moitié du 20ème siècle. C'est pourquoi, il subsiste
aujourd'hui des peintures au plomb dans les logements construits avant
1948 et, plus particulièrement, avant 1915.
Ces revêtements, souvent recouverts par d'autres depuis, peuvent
se dégrader avec le temps, l'humidité (fuites, condensation
du fait d'une mauvaise isolation et de défauts de ventilation)
ou lors de travaux (ponçage par exemple) : les écailles
et les poussières ainsi libérées sont alors sources
d'intoxication.
Seule maladie environnementale dont la déclaration est obligatoire
par le médecin qui la détecte, le saturnisme impose un dépistage
reposant sur la teneur en plomb du sang, la plombémie.
Même à faible dose, l'imprégnation par le plomb peut
avoir de graves répercussions sur le développement physique,
intellectuel et psychomoteur des enfants.
Lorsqu'ils sont exposés à la présence de plomb dans
l'environnement, les enfants, particulièrement ceux âgés
de moins de 6 ans, constituent une population à risque pour plusieurs
raisons :
- Pendant les premières années
de sa vie, l'enfant porte spontanément les mains et les objets
à la bouche. Il ingère ainsi une grande quantité
de poussières. Dans certaines conditions, ce comportement peut
aller jusqu'à l'ingestion de particules non alimentaires (syndrome
de PICA) telles que la terre ou des écailles de peintures. Ces
dernières peuvent être très riches en plomb.
- Près de 50 % du plomb ingéré
passe dans le sang (10 % uniquement chez l'adulte).
- Pour une même imprégnation,
les effets toxiques du plomb sont plus importants et plus sévères
que chez l'adulte, en raison du processus de développement cérébral.
- Enfin, le plomb passe la barrière
transplacentaire et l'intoxication peut commencer dès la vie
intra-utérine.
Chez l'enfant, l'absorption de plomb entraîne
des troubles à l'acquisition de certaines fonctions cérébrales
supérieures ; ceci est cause de retards intellectuels, de difficultés
d'apprentissage, de troubles psychomoteurs avec agitation, d'irritabilité
et de troubles du sommeil, et au delà un ralentissement de la croissance.
Sur le plan purement somatique, il peut être constaté des
anémies et des formes neurologiques sévères (encéphalopathies).
Chez l'adulte, la pathogénicité
du plomb est responsable de douleurs abdominales souvent accompagnées
de nausées et de vomissements (les coliques de plomb, qui font
évoquer souvent chez l'adulte jeune une crise appendiculaire).
Sur le plan neurologique, on rencontre des paralysies périphériques
(atteintes des nerfs du bras et de la main). Par ailleurs, le plomb, chez
l'adulte, provoque aussi des anémies et peut être à
l'origine d'une hypertension artérielle franche.
Au moment de la grossesse, le plomb stocké dans les os de la mère,
antérieurement exposée, est relargué dans le sang
et contamine le fœtus, puis se retrouve dans le lait maternel et
contamine le nourrisson pendant la période d'allaitement. © Tous droits réservés Actu-Environnement - Reproduction
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