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Fibre d'amiante vue au microscope
Photo : Brgm © |
terme amiante sert à désigner
une série de substances minérales naturelles cristallisées
et fibreuses contenant de la silice. L'amiante est séparé
en deux variétés : la serpentine et les amphiboles.
La serpentine ne comporte qu’une espèce cristalline, le
chrysotile, qui est un silicate contenant du magnésium dont la
cristallisation forme des fibres de faible diamètre (0,02 à
0,03 m m) mais pouvant être très longues, le rapport diamètre/longueur
peut atteindre 100. Le système cristallin est orthorhombique,
édifiant des couches superposées. Son usage industriel
est encore important.
Les amphiboles comportent cinq espèces (anthophyllite, amosite,
actinolite, trémolite et crocidolite) ce sont principalement
l’amosite et la crocidolite qui ont connu une utilisation industrielle
importante, mais les autres espèces peuvent être associées
en quantité variable suivant la mine d’origine aux formes
les plus répandues. Les amphiboles semblent se stocker plus facilement
et plus longtemps dans la plèvre, ce qui peut accroître
le risque de mésothéliome, mais il est exclu de vouloir
attribuer le risque tumoral aux amphiboles et d’innocenter le
chrysotile. Toutes les fibres d’amiante peuvent provoquer des
atteintes tumorales.
L’amosite cristallise dans un système monoclinique (comme
les autres amphiboles à l’exception de l’anthophyllite),
ce silicate contient du magnésium et du fer, ses fibres varient
de 0,15 à 1,5 m m,
La crocidolite est un silicate contenant du fer et du sodium, elle cristallise
dans un système monoclinique, ses fibres ont un diamètre
variant de 0,06 à 1,2 m m. Elle peut être associé
au chrysotile dans certaines mines,
Après avoir subi un traitement mécanique, les fibres d’amiante
sont utilisées pour des productions très variées
(isolation, joints, flocages, dalles, fibro-ciments, textiles). Les
produits contenant de l’amiante peuvent se dégrader et
libérer des fibres qui seront présentes dans l’amosphère
et pourront être inhalées par l’homme. Leur aptitude
à provoquer des lésions dépendra du type de fibre
(espèce, dimensions), de la concentration, de la durée
de la période d’exposition. Les fibres d'amiante peuvent,
donc, pénétrer dans les voies respiratoires et induire
différentes maladies :
- L'asbestose : accumulation de poussières dans
les poumons qui crée des troubles respiratoires.
- Des lésions de la plèvre non cancéreuses.
- Le cancer du poumon.
- Le mésothéliome : cancer de l'enveloppe
des poumons ou de la cavité abdominale. L'apparition des premiers
signes du cancer peut être très longue (de 20 à
40 ans).
Il est clairement établi que
toutes les fibres d'amiante sont cancérogènes, que les
risques de cancer du poumon et de mésothéliome sont d'autant
plus importants que les expositions sont élevées et durables,
que le risque de cancer du poumon est plus élevé pour
des fibres longues et fines. Ainsi les personnes ayant le plus grand
risque de développer ces maladies sont celles qui ont subi des
expositions professionnelles continues.
La réglementation de l’amiante
a toujours pour finalité de vouloir assurer la protection des
populations contre les effets de l’inhalation de fibres d’amiante.
Le décret 77-949 du 17 août 1977 marque le début
du contrôle sanitaire précis de l'exposition des travailleurs
à l'amiante.
Le décret 87-232 du 27 mars 1987, parmi plusieurs modifications
des dispositions du décret du 17 août 1977, réduit
dans son article 2 la concentration de fibres d'amiante à laquelle
les travailleurs peuvent être exposés.
Le décret 92-634 du 6 juillet 1992 modifie le décret du
17 août 1977 sur plusieurs points importants, en particulier,
il interdit l'usage de matériaux isolants contenant de l'amiante
d'une densité inférieure à 1g/cm3 et il organise
le retrait de l'amiante (définition d'un plan de démolition
ou de retrait transmis à l'inspecteur du travail).
L'arrêté du 24 décembre 1996 fixe la première
liste d'exceptions à l'interdiction de l'usage de l'amiante en
France à compter du 1er janvier 1997. Ce texte a été
remplacé par un arrêté plus restrictif.
La réglementation intègre
trois thématiques :
-
La protection des personnes qui
occupent ou peuvent se retrouver dans une zone d’un immeuble
bâti et qui peuvent être exposées à l’inhalation
de fibre d’amiante. Les particuliers doivent dans ce cas, faire
établir pour tous biens immobiliers dont le permis de construire
est déposé avant le 31 juillet 1997, un rapport de diagnostic.
Ce document visant à repérer et à établir
l’état de conservation de tous les matériaux ou
produits contenant de l’amiante. Il n’est de la responsabilité
du particulier de le faire établir que dans les conditions
suivantes : une vente, une démolition ou la maintenance et
l’entretien d’un bien immobilier.
-
La protection des travailleurs qui
effectuent des travaux sur et proche des produits ou matériaux
contenant de l’amiante.
-
La protection de l' environnement
élaborée pour définir le traitement des déchets
amiantés (tri, élimination, filière de traitement).
L’amiante étant considéré comme un polluant
dangereux. Une décision du 23 juillet 2001 du Conseil Européen
a classé tous les matériaux de construction contenant
de l'amiante comme " déchets dangereux ". Le décret
n° 2002-540 du 18 avril 2002 relatif à la classification
des déchets transpose cette décision en droit français.
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