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Dossier - Les agrocarburants

Actu-Environnement.com - Publié le 07/11/2007
 
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Intérêts et enjeux

Dans un climat marqué par l’augmentation du prix du pétrole, les biocarburants présentent des atouts en tant que carburants substituables en partie ou en totalité au pétrole. Rappelons que l’Europe importe 80% de ses besoins en pétrole et que ce taux atteint 90% pour la France. De plus, la moitié des besoins français est orientée vers le secteur des transports dont la demande en pétrole croit continuellement de 2% par an. Par conséquent, remplacer une partie du carburant importé par des biocarburants produits sur place permettrait de faire des économies tout en réduisant la dépendance énergétique envers les pays producteurs de pétrole. De plus, cette substitution d’un carburant liquide par un autre carburant liquide est la plus simple et la moins coûteuse pour le secteur des transports.

Les agrocarburants sont, par certains, plébiscités pour leur intérêt écologique. En effet, on considère que le CO2 rejeté lors de leur combustion a été absorbé auparavant lors de la croissance de la plante. Le bilan carboné est donc globalement nul. Plusieurs études conduites en Europe et aux Etats-Unis ont cherché à quantifier la réduction des émissions de gaz à effet de serre permise par l’utilisation des biocarburants. Mais cet exercice est complexe car de nombreux facteurs entrent en jeu lorsque l’on prend en compte l’ensemble du cycle de vie des produits : biomasse utilisée, lieux de production, mode de culture, mode de transformation, valorisation des sous-produits... Selon une étude de l’ADEME réalisée en 2002, il semblerait que l’éthanol produit en France à partir de blé et de betterave rejette 2,5 fois moins de CO2 que l’essence et que pour le biodiesel ce facteur soit de 3,3 par rapport au Diesel. Des résultats globalement similaires ont été obtenus par l’Etude européenne CONCAWE/EUCAR/JRC qui a d’ailleurs été remise à jour en mars 2007. L’écobilan 2007 du biodiesel de colza réalisé le cabinet PriceWaterhouseCoopers (PWC) à la demande de Diester Industrie révèle lui aussi que le Diester de colza restitue 3,68 fois plus d’énergie que celle qui a été nécessaire à sa production et émet 3,7 fois moins de gaz à effet de serre que le gazole.

Outre l’intérêt économique et écologique de ces produits, le gouvernement français y voit également de nouvelles perspectives de développement pour l'agriculture nationale et un moyen d’augmenter le revenu des agriculteurs à l’heure où une réforme en profondeur de la politique agricole européenne et des subventions qui s’y rattachent apparaît nécessaire.

Si l’éventail des objectifs et des priorités diffère d’un pays à l’autre, l’attitude favorable des gouvernements à l’égard des biocarburants s’explique donc par un triple objectif : réduire la dépendance énergétique dans le domaine des carburants, diminuer les émissions de gaz à effet de serre et offrir de nouveaux débouchés à l’agriculture.

Pour en savoir plus :

Télécharger l’étude de l’ADEME

Télécharger l’étude européenne réactualisée

Télécharger le bilan Diester


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