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Réfugiés environnementaux : bientôt une nouvelle catégorie d'exilés ?

Selon une étude publiée par les Nations Unies, une dégradation de l'environnement pourrait obliger jusqu'à 50 millions de personnes de plusieurs régions du monde à devenir des réfugiés d'ici 2010. Leur reconnaissance juridique deviendra nécessaire.

Politique  |    |  Carine SeghierActu-Environnement.com
Le Programme Environnemental des Nations Unies (PNUE) définit les réfugiés environnementaux comme des personnes forcées de quitter leurs habitations traditionnelles d'une façon temporaire ou permanente, à cause (naturelle ou humaine) d'une dégradation nette de leur environnement qui bouleverse gravement leur cadre de vie et/ou qui déséquilibre sérieusement leur qualité de vie. Chaque changement physique, chimique et/ou biologique dans l'écosystème qui le rend temporairement ou en permanence inapte pour une habitation humaine est considéré comme une dégradation de l'environnement.* Ainsi, 50 millions de personnes pourraient devenir des « réfugiés environnementaux » au cours des prochaines années. C'est le constat établi par une étude de l'Institut pour la sécurité environnementale et humaine (ISEH) de l'université des Nations unies (UNU, Bonn) rendue publique le 11 octobre dernier. La montée du niveau des mers, le phénomène de désertification, les canicules ou les inondations obligeront prochainement des populations entières à quitter leurs lieux de résidence pour aller s'établir dans des régions où le climat est plus accueillant. Il y a des craintes bien fondées selon lesquelles les populations fuyant des conditions environnementales invivables pourraient croître de façon exponentielle au cours des prochaines années, alors que la planète subit des effets du changement climatique et d'autres phénomènes comme la désertification, a commenté dans un communiqué Janos Bogardi, le directeur de l'Institut universitaire des Nations unies pour l'Environnement et la Sécurité Humaine (UNU- EHS). La dégradation de l'environnement peut avoir des origines naturelles (tornades, cyclones, éruptions volcaniques, tremblements de terres, etc) ou directement causées par des activités humaines (déforestation des forêts tropicales, construction de grands barrages, catastrophes nucléaires, pollution etc…). Néanmoins, la dégradation de l' environnement peut aussi être une association de causes humaines et naturelles ( inondations, sécheresses provoquée par des changements climatiques). Selon l'ONU, la communauté internationale devra donc faire face à des mouvements de population importants au cours des prochaines années. Il est nécessaire que cette nouvelle catégorie de réfugiés environnementaux puissent trouver une place dans le cadre d'accords internationaux existant, a estimé le directeur de l' UNU- EHS. En effet, à l'heure actuelle, les réfugiés environnementaux ne sont pas encore reconnus dans les conventions internationales comme c'est le cas pour les réfugiés politiques et de ce fait ils n'ont donc pas accès aux mêmes ressources financières ou aux services de santé auxquels ont droit les réfugiés politiques. Parmi les zones géographiques à haut risque, l'étude mentionne notamment l'avancée de plus de 10.000 km2 par an du désert de Gobi en Chine qui menace de nombreux villages, l'érosion accélérée des sols cultivables en Turquie, la salinisation de la moitié des terres arables irriguées en Egypte et la hausse du niveau des océans dans le Pacifique. Pour exemple, Tuvalu, petit archipel constitué de 9 îles de 26 km2 au total, l'une des plus petites nations du monde, sera le premier pays à disparaître sous les eaux avant 50 ans, faisant de ses 11 000 habitants les premiers « réfugiés de la planète à l'échelle d'une nation. L'association Alofa Tuvalu qui consiste à aider les Tuvaluens à survivre en tant que nation, s'attache également à rechercher des terres d'asile où recréer le cas échéant la nation de Tuvalu et à étudier les modalités de mise en œuvre du statut de réfugié environnemental/climatique. Un accord a déjà été passé avec la Nouvelle-Zélande. 20 millions de personnes ont déja été déplacées par des problèmes liés à des formes diverses de dégradation de l'environnement, de l'érosion des terres arables à la pollution des nappes phréatiques, précisent les experts de l'ONU. Le problème posé par les réfugiés environnementaux est lié à leur statut juridique. Selon le 1er article de la Convention de Genève, un réfugié est une personne qui craint, avec raison, d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques et qui ne peut ou ne veut pas retourner dans son pays en raison de cette crainte. L'avenir des réfugiés environnementaux passe donc par la reconnaissance juridique de leur existence pour permettre aux différentes organisations d'accomplir leur mission. Des démarches commencent à voir le jour. Le Centre de Recherches Interdisciplinaires en Droit de l'Environnement, de l'Aménagement et de l'Urbanisme (CRIDEAU - CNRS/INRA), en collaboration avec l'Observatoire des Mutations Institutionnelles et Juridiques (OMIJ) et le Centre International de Droit Comparé de l'Environnement (CIDCE) a organisé un COLLOQUE INTERNATIONAL à LIMOGES le 23 juin dernier sur ce sujet. Par ailleurs, une Fondation (LISER), fondée en 2002 pour venir en aide aux nombreux réfugiés environnementaux vise à renforcer leurs positions sur le plan juridique et matériel. *Environmental Refugees, UNEP, 1985

Réactions1 réaction à cet article

 
MESSAGE IMAGINE DES TUVALEENS

On peut imaginer à peu près ainsi ce que pourrait être le message à la France, entre autres, des autorités tuvaléennes , « in english of course , » dont le pays « des huit îles unies » (en fait devenues neuf) fait partie du Commonwealth et se situe dans le Pacifique à l’Est de l’Australie, relativement « pas loin » des îles Fidj.

« En tant que faisant partie des toutes plus grosses puissances économiques mondiales, vous, les habitants de la France, vous avez pris plus ou moins conscience de contribuer passablement à l’effet de serre qui risque, si ça continue, de provoquer d’ici un demi-siècle la submersion de nos neuf îles et faire des Tuvaléens les premiers « réfugiés climatiques ».

Nous vous demandons donc, relativement sereinement, sans agressivité et autres acrimonie superflues , de bien vouloir sans tarder prendre de mesures énergiques et réalistes à la fois pour limiter les dégâts afin, pour le moins, de proroger le délai de vie dans nos chères îles natales que les scientifiques nous accordent, et pour le mieux, de voir assez vite récupérer , pour nos jeunes générations et descendants, une partie du sol que la mer continue de nous enlever jour après jour, y compris en remontant du sol à l’intérieur des îles, limitant dramatiquement, à cause du sel, la surface nos terres cultivables. Sans pour autant utiliser des moyens techniques qui pourraient aboutir à un autre péril local et finalement planétaire ; car peut-être, en effet, que nous aussi, à Tuvalu, nous avons « récupéré » quelques atomes de Tchernobyl.

Mais il est normal que lorsqu’on revendique internationalement des droits, on commence par remplir nationalement ses devoirs, en montrant l’exemple. A fortiori si ce sont les mêmes devoirs que nous espérons voir assumer au plus vite par ceux que nous sollicitons réalistement.

C’est pourquoi la république de Tuvalu, avec une partie de son très modeste budget annuel (c'est-à-dire moins de 10 millions d’euros) et quelques aides, s’efforce
1/ de développer des énergies douces, à partir de ces déchets fermentescibles
2/ d’éco-gérer ses déchets. D’abord les déchets de notre modeste consommation quotidienne (en partie de style « occidentale »), y compris la partie fermentescible;puis, dès que possible, nos anciens déchets, c'est-à-dire outre, entre autres, nos vieilles voitures rouillées, ancêtres de nos environs deux cents véhicules automobiles actuels, les « cadeaux » que nous ont laissé les USA et la Grande Bretagne à l’issue de la guerre du Pacifique avec le Japon (1941-1945).

Puissiez-vous vite comprendre que, outre votre propre intérêt national pour vos efforts, ils présentent un grand intérêt vital pour les futurs premiers réfugiés climatiques de la planète Terre, si les pays riches ou en expansion économiques ne changent pas réalistement leurs pratiques de consommation quotidienne et ne cessent pas d’insulter l’intelligence et la solidarité terrestre »

Voilà à peu près ce qu’un « tuvaluphile » peut imaginer, n’engageant strictement que lui ici, à propos de ce que pourrait nous dire non seulement les autorités tuvaléennes s’occupant de leurs 11 150 concitoyens environs, mais encore le plus modeste Tuvaléen qui a impérativement besoin de compter sur vous.

Merci pour votre attention.

Association française ALOFATUVALU (Bonjour Touvalou) :
fanny@alofatuvalu.tv

Sprikritik constructif | 20 octobre 2005 à 03h59
 
 

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