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La voiture électrique : une spécificité française ?

ENERGIES - Actu-Environnement.com - 27/01/2006
 
Aussi étrange que cela puisse paraître, la véhicule électrique n'a peut-être pas dit son dernier mot. Après Peugeot dans les années 90, Dassault et Bolloré investissent massivement dans les technologies de motorisation électrique des automobiles.
 
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Pollution atmosphérique, bruit, émissions de gaz à effet de serre, augmentation du prix du pétrole, le secteur des transports est au cœur de nombreuses problématiques. C'est pourquoi, des recherches sont menées sur l'amélioration des motorisations classiques et surtout sur les nouveaux modes de motorisation et notamment les motorisations électriques.

La voiture électrique n'est pas à proprement parler une nouveauté. C'est en 1881 que circula la première automobile électrique mise au point par J.Raffard. En 1899, la ''Jamais Contente'', équipée de batteries plomb acide, est le premier véhicule à dépasser les 100 km/h. Il y a même eu, en 1911, des taxis électriques à Paris. Mais cette technologie n'a pas répondu aux espoirs placés sur elle : bien sûr les batteries ont vu leur capacité augmentée mais pas dans des proportions susceptibles de les rendre comparables avec les carburants dérivés du pétrole en terme d'autonomie.

Le renchérissement du pétrole et l'augmentation de la pollution dans les centres urbains ont favorisé une réapparition de la voiture électrique dans les années 80. En 1988, le California Clean Air Act relança les recherches aux Etats-Unis. La CEE emboîta le pas avec le programme AVERE (Association européenne des véhicules électriques routiers). À l'initiative de la France, des villes européennes intéressées par le véhicule électrique fondent le label CITELEC. Pour répondre à une demande naissante, les constructeurs proposent des véhicules qui ne sont rien d'autre que des voitures conventionnelles « électrifiées ». Si leurs faibles performances ne sont pas un obstacle majeur, leur très faible autonomie et leurs tarifs très élevés tant à l'achat qu'à l'entretien, les rendent sans intérêt pour le grand public.
Faute d'un nombre suffisant de clients, ces véhicules disparaîtront des catalogues. De ce fait, en 2003, la France a compté 113 immatriculations de véhicules électriques, soit seulement 0,01 % du marché global !

Pourtant la demande de véhicules écologiques et économiques semble croître comme le montre le succès des véhicules Hybrides.
Après PSA qui fut l'un plus grand constructeur de ce type de véhicule avec par exemple la Peugeot 106, la Citroën Saxo, et le Citroën Berlingo. deux industriels français (Bolloré et Dassault) misent aujourd'hui sur son re-développement.

Par exemple, la Société de Véhicules Electriques (SVE), créée par les groupes Dassault et Heuliez, propose un système de motorisation électrique baptisé Cleanova®, système de traction électrique conçu pour être adaptable à divers types de véhicule de série. Ce dispositif est décliné en deux versions : une version tout électrique et une version hybride rechargeable.

Suivant la même orientation en faveur de l'électrique, Bolloré va investir 150 millions d'euros pour la construction d'une usine qui produira à terme dans le Finistère, quelques 10.000 batteries par an pour voitures électriques. L'usine qui emploiera une centaine de personnes devrait être opérationnelle fin 2008 avec une production suffisante pour équiper un millier de véhicules.

Le groupe avait présenté pour la première fois lors du Salon de l'automobile de Genève en 2005 la voiture électrique BlueCar, un prototype mis au point par la société D3, filiale du groupe Pininfarina, en collaboration avec Bolloré.
Comparativement à la SVE qui fait appel à une technologie plus classique : celle des accumulateurs Lithium-ion, la Bolloré BlueCar utilisée des batteries Lithium-Métal-Polymère dénuée de composant liquide.

Bolloré affirme que sa voiture peut rouler 200 kilomètres sans être rechargée, tandis que la recharge complète s'effectue en 6h. Sur un plan technique, ces batteries sont cinq fois plus légères que leur homologue de même puissance au plomb, avec tous les avantages que cela procure : rapport poids / puissance du véhicule, autonomie etc…

C. SEGHIER

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