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Les déchets toxiques déversés à Abidjan seront traités en France

POLLUTION - Actu-Environnement.com - 30/10/2006
 
Suite au déversement illégal de déchets toxiques à Abidjan, les travaux de dépollution et de traitement des déchets ont été confiés à la société TREDI. Par manque d'installations sur place, le traitement définitif aura lieu en France.
 
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Depuis fin août dernier, la Côte d'Ivoire et plus précisément la ville d'Abidjan sont au cœur d'un scandale environnemental et sanitaire grave. Des déchets toxiques provenant du cargo Probo Koala affrété par la société néerlandaise Trafigura Beheer BV en provenance de l'Europe ont été déversés par une société locale dans les déchetteries de la ville en toute illégalité. Constitués de boues issues de raffinage pétrolier riches en matière organique, hydrogène et composés souffrés, les déchets ont provoqué une crise sanitaire grave dans la région. On dénombre 10 morts et plus de 100.000 malades dans la population ivoirienne.
Une enquête a été ouverte et des travaux de dépollution ont été entamés. La société française TREDI du groupe Séché a été chargée par le gouvernement ivoirien de dépolluer les 17 sites contaminés de la capitale. Il semblerait que 6.000 tonnes de déchets aient été déjà récupérées.

Devant l'absence d'installations spécifiques permettant d'éliminer ces déchets en Côte d'Ivoire, la France a autorisé leur importation en vue d'un traitement en toute conformité sur un site de la société responsable du traitement situé à Salaise dans l'Isère. Un premier chargement est en route vers la France. Le traitement devrait commencer en décembre, pour une durée de cinq mois. La Ministre de l'écologie et du développement durable, Nelly Olin, a rappelé que cette prise en charge par un tiers n'exonère pas le détenteur des déchets de ses responsabilités. À ce sujet, la Ministre a demandé le renforcement de la réglementation européenne sur la gestion des déchets, dans un courrier adressé à Monsieur Dimas, Commissaire européen à l'environnement et à Monsieur Enestam, ministre finlandais de l'environnement qui assure actuellement la présidence du Conseil Européen de l'environnement.
Selon le ministère, ce déversement de déchets a mis en évidence la nécessité de responsabiliser davantage le producteur ou le détenteur de déchets. Il appartient en effet au producteur ou au détenteur des déchets de prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que ces déchets sont traités sans impacts sur la santé et l'environnement. Il doit notamment s'assurer que son prestataire dispose des compétences nécessaires. Un tel principe figure déjà dans le droit national (article L.541-2 du code de l'environnement) mais il ne se retrouve pas explicitement en droit européen. L'examen en cours, tant au Parlement européen qu'au conseil, du projet de directive cadre sur les déchets est l'occasion de combler ce manque et une proposition d'amendement a été transmise en ce sens. Pour Nelly OLIN, une définition plus claire des responsabilités permettra à l'avenir d'éviter que de telles catastrophes ne se reproduisent. Il appartient au producteur ou au détenteur des déchets de prendre conscience qu'il est responsable de l'élimination sans impacts sur la santé et l'environnement, a-t-elle déclaré.

De son côté, le Commissaire européen chargé de l'environnement, Stavros Dimas, estime qu'il est choquant que des déchets toxiques en provenance d'Europe aient été transportés vers la Côte d'Ivoire. La législation communautaire en matière de transferts de déchets interdit ce genre d'exportation, mais elle n'a manifestement pas été respectée, a-t-il ajouté.

En Côte d'ivoire, l'enquête se poursuit. Le Groupe d'Étude et de Recherche sur l'environnement et le Foncier en Afrique (GEREF Afrique) exige du gouvernement ivoirien de faire la lumière sur ce dossier et de veiller scrupuleusement à l'indemnisation des victimes. Il demande donc aux instances ivoiriennes de situer les responsabilités au plus tôt et de prendre les sanctions idoines et appropriées à l'encontre de tous ceux qui sont impliqués dans ce sinistre trafic à tous les niveaux.

F.LABY

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Réactions à cet article
 
Et la Convention de Bâle?
 
 
que quelqu'un m'explique...
 
 
est ce que je me trompe ? (1 réponse)
 
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