L'étude ''Global Reporters'' intitulée ''risques et opportunités : les meilleures pratiques'' est la principale étude de benchmarking internationale sur la qualité des rapports de
développement durable. Publiée tous les deux ans, elle est menée par le cabinet de conseil britannique Sustainability avec le
Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE). Cette troisième édition, qui vient d'être rendue publique, bénéficie pour la première fois du soutien de l'agence de notation Standard & Poor's.
Une centaine de rapports de développement durable ont ainsi été analysés à travers le monde, sur l'ensemble des dimensions constitutives de la
Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et sur la base d'une grille d'
Indicateurs, la GRI (Global Reporting Initiative, élaborée en 1997).
Notons que c'est la première fois cette année, que 4 entreprises françaises (16e Veolia – 21e Lafarge – 38e Total – 45e Carrefour) sont classées parmi les 50 premières.
En septembre dernier, Veolia Environnement avait intégré l'indice FTSE4Good,
et l'actu publiée à cette époque avait généré un débat intéressant, opposant faits et/ou image à la volonté affichée des entreprises de s'inscrire dans une démarche de développement durable et d'amélioration continue.
Quelles que soient les démarches affichées et/ou entreprises, on est en droit de s'interroger sur l'opposition entre le concept de développement durable et l'activité même de certaines entreprises bien classées.
Il est indéniable que le groupe Total poursuit des efforts, mais son activité principale portera toujours sur l'approvisionnement et la commercialisation de produits à base de pétrole… Le concept même de développement durable est-il appropriée pour cette activité à l'heure du réchauffement climatique ?
Alors que l'on ne peut que se féliciter du fait que Carrefour signe un accord-cadre avec l'ADEME pour l'amélioration continue des performances environnementales de ses activités (meilleure gestion des transports, efficacité énergétique des bâtiments, gestion et valorisation des déchets, Éco-conception des produits de la marque), l'activité même de grande distribution est régulièrement décriée par les producteurs qui s'estiment bafoués et acculés à la paupérisation.
Que dire du paradoxe de British American Tabacco, numéro 2 du marché mondial du tabac avec 807 milliards de cigarettes vendues en 2001 et plus de 300 marques en portefeuille, classée deuxième ! Là encore il ne s'agit pas de remettre en question les améliorations continue en terme de protection de l'environnement, mais de souligner l'opposition complète entre l'activité de producteur de tabac accusé d'incitation au tabagisme, notamment auprès des jeunes, et le développement durable qui prône un développement qui répond au besoin du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
Les différentes études et cotations DD doivent donc être considérées avec précautions : en lisant plus précisément on constate que l'étude ''Global reporters'' mentionne qu'elle établie un classement des entreprises au regard de la qualité des rapports développement durable. Il s'agit donc ici d'une simple notation de la
qualité d'un rapport : tout raccourci serait donc malvenu !