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Pas de métiers verts sans formations adéquates !

Selon le Conseil d'orientation pour l'Emploi, l'économie verte pourrait créer des centaines de milliers d'emplois dans le Bâtiment et les EnR d'ici 2020, à condition de former un personnel qualifié pour atteindre les objectifs du Grenelle.

Gouvernance  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
Pas de métiers verts sans formations adéquates ! Ouvriers qualifiés à la production de mâts d'éolienne dans une usine implantée au Creusot, en Bourgogne
Si la désormais très connue étude du Boston Consulting Group (BCG) parue en juin dernier chiffre à 600.000 le nombre d'emplois ''verts'' (dont la moitié dans le secteur du bâtiment) que pourrait générer le Grenelle d'ici 2020, un avis du Conseil d'orientation pour l'Emploi (COE), publié le 25 janvier, vient modérer les prévisions faites par le cabinet.

Alors que beaucoup de spécialistes avaient - dès sa parution - contesté l'étude du BCG lui reprochant d'avoir gonflé les ''chiffres'' en omettant de retrancher les emplois supprimés, le COE a été saisi en octobre par la secrétaire d'État au développement durable Valérie Létard pour ''nourrir'' le plan de mobilisation pour le développement des métiers de la croissance verte, lancé en septembre. Objectif : anticiper les besoins et mutations à venir en termes de formation et d'emploi pour atteindre les prévisions du BCG.

Un potentiel de créations d'emplois ''encore incertain''

Verdict : le COE vient confirmer dans son analyse les besoins, notamment en formations, indispensables à l'atteinte des 600.000 emplois verts d'ici 2020. Des formations nécessaires pour atteindre les objectifs du Grenelle, comme l'avait démontré dès novembre 2008, c'est-à-dire il y a plus d'un an, une enquête de la rédaction d'Actu-Environnement ! ''La croissance verte peut être significativement créatrice d'emplois dans les nouvelles activités'', mais ''avec une ampleur encore incertaine à moyen et long terme'', indique le Conseil.

Dans son analyse, le COE s'est basé notamment sur cinq études récentes sur le thème de l'économie verte parmi lesquelles celles du BCG mais aussi celles de l'Ademe ou du WWF publiées en 2008 qui tiennent compte des emplois détruits dans les filières polluantes. Le COE s'est aussi appuyé de la réflexion des dix comités de filières (automobile, bâtiment, tourisme, etc) chargés de définir le plan en faveur des métiers de la croissance verte.

Si parmi ces principales études, le potentiel lié à la croissance verte est évalué ''sous certaines conditions'' à plusieurs centaines de milliers d'emplois et jusqu'à environ 600.000 ''dans la prochaine décennie'', il faudra adapter la formation, prévient le COE.

''L'exigence, dès aujourd'hui, c'est de former des millions de salariés en poste aux nouvelles compétences et aux nouveaux modes d'organisation du travail qui vont être exigés par la croissance verte. C'est un défi, mais aussi une réelle opportunité pour la compétitivité et pour l'emploi en France'', a souligné Marie-Claire Carrère-Gée, Présidente du Conseil d'Orientation pour l'Emploi. ''Il faut tout mettre en œuvre pour réaliser cet objectif''.

Un ''Plan Marshall'' de la formation

Si la croissance verte permettra de créer de nouveaux emplois ''non-délocalisables'', comme le souligne le COE, le comité met en garde face à ''la complexité de mise en œuvre'' et appelle à mettre en place '' un plan Marshall de la formation''. Objectif : ''adapter les formations existantes aux enjeux du développement durable'' et en créer de nouvelles. Deux ans après le lancement du Grenelle de l'environnement, les compétences manquent. Les jeunes diplômés ou les professionnels ne sont pas familiarisés aux nouveaux défis.

Il s'agit donc de reconvertir notamment les salariés et en former d'autres avec ''des financements nouveaux'' consacrés à la formation continue, et ceci en concertation avec l'Etat, les partenaires sociaux et les Régions. Le Conseil préconise ainsi de développer des formations courtes, ''lorsque les salariés doivent seulement acquérir une compétence nouvelle dans le cadre de leur métier''. Mais il faut aussi faciliter, dans l'organisation et le financement de la formation professionnelle, ''des formations longues, en particulier pour la reconversion des salariés dont les métiers vont disparaître et qui doivent se reconvertir dans une autre activité'', ajoute le COE.

Le Conseil recommande également la mobilisation à grande échelle du mécanisme des certificats d'économie d'énergie, pratiqué dans le secteur du bâtiment qui fixe des obligations aux producteurs d'énergie, pour financer la formation de ses artisans. Les métiers de la rénovation énergétique requièrent en effet des compétences spécifiques. S'inspirant des recommandations de la filière bâtiment, le COE propose de prolonger le dispositif FEEBat (Formation aux économies d'énergie dans le bâtiment) pour former 120.000 personnes (chefs d'entreprises, salariés, artisans) aux économies d'énergie et de transposer le dispositif à d'autres publics : acteurs de la maîtrise d'œuvre (architectes, économistes de la construction, etc.) de la maîtrise d'ouvrage et des autres publics concernés (contrôleurs techniques, diagnostiqueurs, négoce professionnels, enseignants).

Le COE propose également d'élargir l'offre de formation des jeunes et celle des enseignants. Il juge donc urgent d'adapter les diplômes et reprend l'idée de la filière bâtiment qui estime ''nécessaire d'intégrer 20.000 jeunes de plus par an'' dans les cursus BTP, de créer une classe de 20 élèves de plus dans les 1.000 lycées professionnels afin de développer de nouvelles formations dédiées aux énergies renouvelables et l'isolation.

Le comité de filière du bâtiment propose en outre de revaloriser les budgets de formation continue du Ministère de l'Education Nationale dans les filières Bâtiment-Energie et les filières connexes, de donner aux enseignants une formation initiale liée aux besoins du Grenelle ou encore d'assurer la formation continue des enseignants en poste, en prolongeant le financement du dispositif FEEBat et en l'étendant notamment aux enseignants de l'Education Nationale.

Le Conseil propose également de développer des formations spécifiquement vertes, ''de haut niveau (master, doctorat), au sein des universités'' et de développer en parallèle des cellules de recherche sur les technologies vertes. Outre le développement des formations, le COE appelle aussi à créer de labels permettant au grand public d'identifier les professionnels qui ont été formés aux nouvelles technologies et nouveaux produits ''verts''. ''Ces labels doivent tenir compte des conditions sociales et environnementales de production et de distribution ; cette garantie est nécessaire pour que les clients puissent s'engager en toute confiance'', a-t-il expliqué.

Parmi les autres recommandations : ''une attention particulière'' doit être accordée aux salariés des PME en matière de formation. Des solutions doivent être par ailleurs apportées aux PME et aux artisans ''en vue de les aider à remplacer temporairement leurs salariés lorsqu'ils s'absentent pour suivre une formation''. Les grandes entreprises sont aussi appelées à s'associer à la formation des salariés de leurs sous-traitants ''pour garantir la qualité du produit final''. Par ailleurs, le développement des activités vertes peut ''constituer une opportunité'' pour certains seniors souhaitant se réorienter vers des activités de conseil, ''appelées à connaître un essor certain'', estime le COE. Tandis que la voie de l'insertion par l'activité économique peut constituer un ''tremplin pour l'accès à un emploi de qualité'' pour les personnes en difficulté sur le marché du travail.

Cet avis du COE intervient à trois jours de la présentation du plan de mobilisation le 28 janvier, à l'occasion de la conférence nationale sur les métiers verts, organisée par le gouvernement pour qui la '' croissance verte'' est déjà pourvoyeuse d'emplois et se veut rassurant.... Hier, le ministère du développement durable et Pôle Emploi ont par exemple annoncé que 16.000 offres d'emploi sur ce secteur étaient ''immédiatement disponibles'' sur les fichiers de l'ex-ANPE. Le Ministère précise que les 5 métiers les plus recherchés sont : plombier-chauffagiste, maçon, électricien, couvreur et conducteur en BTP qui relèvent de l'efficacité énergétique du bâtiment. Des métiers qui s'adressent à 75% à des titulaires d'un CAP, BEP ou Bac Pro et à 25% à des techniciens ou ingénieurs. Un personnel qualifié que les entreprises peinent encore - à l'heure actuelle- à recruter sur le terrain….

Réactions1 réaction à cet article

 
impossible de se former

je recherche une formation sur autocad impossible à trouver alors que les offres de dessinateur dao pullulent,quel desespèrance.

jeanmi | 28 janvier 2010 à 12h48
 
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