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La commercialisation de miel contaminé par du pollen issu d'un OGM est soumise à autorisation

La CJUE vient de rendre sa décision dans le le litige opposant un apiculteur amateur à l'Etat de Bavière. Verdict : le miel contenant du pollen issu d'OGM ne peut être commercialisé sans autorisation préalable.

Agriculture  |    |  Actu-Environnement.com

Suivant les conclusions de l'avocat général rendues en février dernier, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a considéré, dans une décision préjudicielle en date du 6 septembre 2011, que la commercialisation de miel contaminé par du pollen issu d'OGM était soumise à autorisation.

Denrée alimentaire contenant des ingrédients produits à partir d'OGM

"Des produits comme du miel et des compléments alimentaires contenant du pollen issu d'une variété de maïs génétiquement modifié constituent des denrées alimentaires contenant des ingrédients produits à partir d'OGM" au sens de la législation européenne, indique le communiqué de la Cour. En ce sens, leur commercialisation est soumise à autorisation préalable.

Et ce, bien que ce pollen ne soit pas lui-même un OGM, puisqu'il a perdu sa capacité de reproduction et qu'il est dépourvu de toute capacité de transférer du matériel génétique.

Le caractère intentionnel ou fortuit de l'introduction de ce pollen dans la denrée alimentaire ne saurait la faire échapper à l'application du régime d'autorisation. De plus, cette obligation d'autorisation existe quelle que soit la proportion de matériel génétiquement modifié contenue dans le produit en cause.

Pollen de maïs contaminé

Le litige opposait un apiculteur amateur allemand à l'Etat de Bavière, propriétaire de différents terrains sur lesquels du maïs MON 810 avait été cultivé à des fins de recherche. L'apiculteur produisait à proximité de ces terrains du miel destiné à la vente et à sa propre consommation. Jusqu'en 2005, il produisait également du pollen destiné à être vendu comme denrée alimentaire, sous forme de compléments alimentaires.

En 2005, la présence d'ADN de maïs MON 810 et de protéines génétiquement modifiées avait été constatée dans le pollen de maïs récolté dans ses ruches situées à 500 mètres des terrains de l'Etat de Bavière. La présence de très faibles quantités d'ADN de MON 810 avait également été détectée dans quelques échantillons de miel.

Considérant que la présence de résidus de maïs génétiquement modifié rendait ses produits apicoles impropres à la commercialisation et à la consommation, l'apiculteur avait entamé des procédures judiciaires contre l'Etat de Bavière devant les juridictions allemandes, procédures auxquelles s'étaient joints quatre autres apiculteurs amateurs.

La cour administrative du Land de Bavière avait demandé principalement à la CJUE si la simple présence, dans les produits apicoles en cause, de pollen de maïs génétiquement modifié ayant perdu sa capacité de reproduction, avait pour conséquence que la mise sur le marché de ces produits était soumise à autorisation.

 
Coexistence des cultures OGM/non OGM Le Haut conseil des biotechnologies (HCB) prépare pour l'automne un avis sur la coexistence des cultures OGM et non OGM. Le comité scientifique du HCB travaille en particulier sur la définition des ''distances d'isolement'' entre cultures OGM et non OGM. Le comité économique, éthique et social doit, quant à lui, émettre des recommandations sur l'organisation de la coexistence.
 
La coexistence remise en cause

Les Verts ont salué, dans un communiqué, ce verdict "qui remet en cause l'abandon par la Commisison européenne de la politique de zéro tolérance pour des OGM non autorIsés dans l'UE".

Pour José Bové, vice président de la commission de l'agriculture du Parlement européen, "ce cas montre bien que la coexistence est une escroquerie et que la culture des OGM empêche le choix pour des produits sans OGM. Autoriser la culture des OGM conduit nécessairement à la contamination des autres cultures et des produits alimentaires, comme le miel (...). La seule façon d'éviter la contamination est d'interdire la culture de ces OGM."

"Par cette décision, ces sont toutes les productions apicoles situées dans un rayon de 10 km d'un champ OGM qui sont menacées", réagit, quant à elle, l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF).

Pour Olivier Belval, son président, "cette décision confirme que la coexistence est impossible entre les OGM et l'apiculture et la France va devoir faire un choix entre ces deux productions. Le miel est un produit naturel, il doit le rester ! Le consommateur l'exige".

L'UNAF indique qu'elle sera vigilante à ce que l'interdiction de la culture du MON 810 soit maintenue en France, comme toute autre culture d'OGM. La CJUE doit statuer le 8 septembre sur la légalité du moratoire français sur le MON 810.

"Mais les productions européennes ne sont pas les seules visées, c'est également le miel importé qui est concerné par cette décision", estime l'organisation. La France importe chaque année plus de 20.000 tonnes de miel en provenance notamment de pays producteurs d'OGM.

Réactions2 réactions à cet article

 

En soit la décision est louable mais attention à ce qu'elle ne se retourne pas contre les petits apiculteurs qui devraient alors faire analyser systématiquement leur miel, une contrainte supplémentaire sur ce secteur de petits producteurs

damien de paris | 07 septembre 2011 à 10h45
 
 

Ça indigne !!! Qu'on arrête de pourrir la planète - qui de façon naturelle peut produire de la nourriture pour tous ses habitants - avec des manipulations génétiques sur ce qu'elle produit sous des prétextes altruistes alors que les intérêts ne sont que financiers et destinés à rendre dépendants les cultivateurs aux Cartels MS et compagnies... ! C'est une honte d'en arriver là !

Vendetta | 08 septembre 2011 à 07h07
 
 

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