Depuis le 30 juin 2010, la France n'était plus en conformité avec le droit de l'UE sur les OGM. Elle vient d'y remédier en publiant le 6 janvier une ordonnance au Journal officiel.
Présentée en Conseil des ministres le 4 janvier, l'ordonnance mettant en conformité la législation française avec le droit de l'UE en matière d'OGM a été publiée deux jours plus tard au Journal officiel. Le projet avait été soumis fin octobre à la consultation du public.
Principes de prévention et d'information du public
"Cette ordonnance tire les conséquences de deux décisions du 24 juillet 2009 du Conseil d'Etat annulant plusieurs dispositions de la partie réglementaire du code de l'environnement issues de deux décrets du 19 mars 2007 relatifs aux procédures d'autorisations d'organismes génétiquement modifiés", indique la ministre de l'Ecologie.
Ces dispositions, qui mettaient en œuvre les principes de prévention et de droit à l'information du public, respectivement prévus par les articles 3 et 7 de la Charte de l'environnement, relevaient de ce fait du domaine de la loi et non d'un texte réglementaire, selon la Haute juridiction administrative. Cette dernière avait différé l'effet de l'annulation de ces dispositions réglementaires au 30 juin 2010 afin de permettre au Gouvernement de prendre les initiatives nécessaires pour remédier à l'irrégularité constatée. Depuis cette échéance, la législation française n'était donc plus en conformité avec le droit de l'UE.
Transposition complète des directives
"L'ordonnance reprend donc au niveau législatif ces dispositions", indique Nathalie Kosciusko-Morizet. Dispositions qui concernent :
- l'étendue des informations rendues publiques en matière d'autorisation de mise sur le marché de produits non destinés à l'alimentation composés en tout ou partie d'OGM,
- les informations qui ne peuvent rester confidentielles et l'obligation, pour les demandeurs d'une autorisation, de mettre au point un plan de surveillance,
- enfin, l'élaboration par l'exploitant d'un plan d'urgence pour assurer la protection du personnel, de la population ou de l'environnement, en cas de défaillance des mesures de confinement.
Ces dispositions "contribuent à la transposition complète", selon les termes de la ministre, des directives 2001/18 relative à la dissémination volontaire d'OGM dans l'environnement et 2009/41 relative à l'utilisation confinée de micro-organismes génétiquement modifiés (MGM).
Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement et Présidente de Cap21, avait critiqué en novembre dernier cette transposition par ordonnance comme le moyen d'éviter un débat parlementaire sur les OGM. Elle avait aussi dénoncé le projet qui, selon elle, ne prévoyait toujours pas "la communication des études sur la santé", renforçait le pouvoir du Gouvernement "en ce qui concerne la confidentialité des études", et n'apportait rien en matière d'"études préalables sur les milieux récepteurs" ou de "plans de surveillance a priori".
Note Consulter la décision du Conseil d'Etat Plus d'infos
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Directive Européenne du 12/03/2001 (2001/18/CE) Directive 2001/18/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 mars 2001 relative à la dissémination volontaire d'organismes génétiquement modifiés dans l'environnement et abrogeant la directive 90/220/CEE du Conseil.
La directive 2001/18/CE relative à la dissémination volontaire d'OGM dans l'environnement s'applique à deux types d'activités :
- la dissémination expérimentale d'OGM dans l'environnement, c'est-à-dire l'introduction d'OGM dans l'environnement à des fins expérimentales (par exemple pour des essais en champ);
- la mise sur le marché d'OGM, par exemple la culture, l'importation ou la transformation d'OGM en produits industriels.
Elle introduit:
- les principes applicables à l'évaluation des risques pour l'environnement;
- des exigences de surveillance postérieure à la commercialisation, y compris en ce qui concerne les effets à long terme liés à l'interaction avec d'autres OGM et avec l'environnement;
- l'obligation d'informer le public;
- l'obligation, pour les États membres, de garantir l'étiquetage et la traçabilité à toutes les étapes de la mise sur le marché, obligation pour laquelle un système communautaire est prévu par le règlement (CE) n° 1830/2003 sur la traçabilité;
- des informations permettant d'identifier et de détecter les OGM pour faciliter l'inspection et le contrôle postérieurs à la commercialisation;
- des périodes de première autorisation de dissémination d'OGM limitées à dix ans;
- l'obligation de consulter le(s) comité(s) scientifique(s)/l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA);
- l'obligation de consulter le Parlement européen sur les décisions d'autorisation de dissémination d'OGM;
- la possibilité accordée au Conseil des ministres d'adopter ou de rejeter à la majorité qualifiée une proposition de la Commission concernant l'autorisation d'un OGM.
Conformément à la directive 2001/18/CE, une entreprise qui prévoit de mettre sur le marché un OGM doit au préalable obtenir une autorisation écrite à cette fin. L'OGM mis sur le marché sera qualifié de produit consistant en un OGM (comme des œillets GM à coloration modifiée) ou de produit contenant un OGM (comme un lot contenant un mélange de semences).
La procédure d'autorisation de mise sur le marché d'un OGM fait intervenir tous les États membres.
En France cette directive a été en partie transposée par la loi n° 2008-595 du 25 juin 2008 relative aux organismes génétiquement modifiés. En savoir plus
Directive Européenne du 06/05/2009 (2009/41/CE) Directive 2009/41/CE du Parlement Européen et du Conseil du 6 mai 2009 relative à l'utilisation confinée de micro-organismes génétiquement modifiés (refonte) (1) En savoir plus
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