Actu-Environnement
 
   
 

Changement climatique : diminuer l'impact de l'agriculture

Le poids de l'agriculture dans les émissions nationales de gaz à effet de serre est important. La mise en place d'un dispositif incitatif de réduction pourrait être envisagée mais elle se heurte à de nombreuses difficultés.

Agriculture  |    |  Actu-Environnement.com
L'agriculture française serait responsable de 19 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. Le puits carbone lié à l'UTCF (utilisation des terres, changements et forêt) contribuerait à réduire ces émissions brutes de 11 %.
Entre 1990 et 2005, les émissions de l'agriculture ont diminué de 11 %, une évolution liée principalement à la baisse des effectifs animaux et une réduction des apports d'engrais azotés. D'ici 2020, cette tendance devrait se poursuivre de manière plus ou moins forte selon les scénarios (entre 3,4 et 12,3 %).
Une des spécificités du secteur agricole tient à la prépondérance des émissions en gaz autres que le CO2. L'agriculture est en effet le principal secteur émetteur de méthane et de protoxyde d'azote, représentant respectivement 72 % et 77 % des émissions brutes françaises.
La contribution de l'agriculture et de la forêt est plus importante en France que dans la plupart des autres pays européens : pour l'ensemble des pays de l'UE15, elle s'élève à un peu moins de 10 % des émissions totales, selon l'European environment agency. Cette particularité française s'explique par le faible poids du mix énergétique français dans les émissions de GES et par l'importance du secteur agricole.
Alors que l'Europe s'est fixé un objectif de diminution des émissions de GES de 20 % à l'horizon 2020 (30 % selon les résultats des négociations sur le climat), la réduction de la part du secteur agricole en France apparaît comme une priorité.
Cependant, cette réduction ne pourra pas être obtenue facilement. A moins d'une baisse de l'activité agricole, il faudra user d'outils incitatifs pour impulser une transition vers des pratiques moins émettrices. Aujourd'hui, l'agriculture n'est pas concernée par le marché carbone, principal instrument économique de régulation des émissions de GES, car peu émettrice de CO2. La mise en place d'un outil spécifique pourrait être envisagée. Cependant, les difficultés d'évaluation des émissions et absorptions du secteur agricole rendent complexe la mise en place d'un tel dispositif.

Des difficultés d'estimation des émissions et absorptions

Selon le périmètre retenu, les émissions de GES du secteur agricole sont plus ou moins importantes. Si l'on prend l'amont et l'aval par exemple (changement d'affectation des sols, fabrication des engrais, transformation des produits agricoles), celles-ci peuvent être revues à la hausse.
Mais la difficulté principale dans l'estimation des émissions/absorptions de GES d'origine agricole tient aux facteurs d'émission, c'est-à-dire à la dimension biologique inhérente aux processus d'émissions, qui induit une variabilité plus grande.
Aujourd'hui, les scientifiques se basent sur des relations moyennes agrégeant les mesures disponibles dans différents contextes pour proposer des facteurs d'émission. De ce fait, ces facteurs ne reflètent pas toujours parfaitement l'effet de certaines pratiques sur les émissions dans les conditions d'un pays donné. Des modifications de l'alimentation, de la productivité des activités animales, du travail des sols peuvent influencer les émissions, mais ces différences n'apparaissent pas toujours dans les calculs.
Outre les facteurs d'évaluation, les calculs peuvent donner des résultats très différents selon qu'ils sont rapportés à la tonne de viande produite ou à l'hectare. Une étude de l'INRA sur l'élevage bovin allaitant révèle que les élevages intensifs à l'animal (engraisseurs) sont moins émetteurs par tonne de viande produite que les autres types d'élevages. Ramenées à l'hectare, les émissions seraient moins importantes pour les types d'élevage biologique (assolement, rotation des terres) et non spécialisés (naisseurs engraisseurs, polyculture/élevage)...
Le seul calcul des émissions de GES donne également une vision réduite de l'impact environnemental global (positif et négatif) du secteur agricole. Quid du maintien des surfaces en herbe (filtration de l'eau, biodiversité…) par exemple ?
Le calcul du pouvoir des stockages des sols est complexe également. Les apports de matière organique, qui stocke le carbone, varient selon la production végétale, animale et l'activité des microorganismes du sol.

Intégrer le coût des émissions aux prix agricoles ?

Ces difficultés de mesure rendent difficile la mise en place de dispositifs visant une réduction des émissions agricoles de GES. Les incertitudes liées au calcul des émissions ou de l'absorption de GES par l'agriculture sont très importantes. Pourtant, sans mesures de régulation, le potentiel de réduction de ces émissions est limité.
Envoyer un signal prix aux consommateurs et aux producteurs pourrait être efficace pour réduire ces émissions. Mais sur quelle base fonder ce signal ? Les coûts de modification des pratiques peuvent être très variables et si certains postes de réduction sont accessibles (changement de l'alimentation animale, réduction de l'utilisation d'azote), d'autres mesures ont un coût beaucoup plus élevé (réduction du nombre d'animaux par exemple).
Le dispositif devrait donc être orienté en priorité vers les acteurs qui ont les coûts de réduction des émissions les plus faibles (objectifs de réduction plus importants par exemple) afin que le coût supporté par l'ensemble de la société soit le plus faible.

Réactions8 réactions à cet article

 
combattre l'élevage intensif!!

commencez par ne plus accepter l'élevage intensif!cette méthode indigne, inutile,qui démontre l'horreur de l'ignorance humaine!!nos aïeuls ne mangeaient de la viande qu'une ou deux fois dans la semaine!aujourd'hui l'humain avale du cadavre d'animaux pratiquement 2 fois par jour!! et encore si ce cadavre était sain, mais les conditions d'élevage et de tuerie sont tellement ignobles, que l'animal dans sa souffrance émet les pires toxines dans son sang, et dans sa viande!!ne vous étonnez donc pas de l'état de santé de l'humain!! mais juste retour des choses!! Humains (s'il faut vous appeler ainsi,...) quant est-ce que vous comprendrez qu'il n'est pas nécessaire d'ingurgité la mort, pour survivre!!

bastacorr | 05 mars 2010 à 09h54
 
 
Re:combattre l'élevage intensif!!

Bravo ! Supprimons l'élevage intensif, mais pas seulement en France, mais DANS LE MONDE ENTIER (Australie...). Notre modèle de "développement" alimentaire conduit à manger trop de viande ce qui est une C.... , Donc, incitons (et) contraignons les autres pays à ne pas manger (plus) de viande. Cela devient VITAL. Il faut DECOLONISER les pays émergents pour qu'ils cessent de copier notre modèle désastreux (manger de la viande, boire du lait et rouler en grosses bagnoles) .Pour cela BOYCOTONS les produits importés issus de l'agriculture, de l'élevage et de la production industrielle INTENSIVES. Place aux filières EQUITABLES et réduisons TOUS les consommations et gaspillages inutiles

Talvor | 05 mars 2010 à 11h11
 
 
Protéger la planète commence par son assiette

L’élevage intensif serait responsable de 51% des GES mondiales selon le World Watch Institute. Le taux de 19% à l'échelle de la France est donc clairement sous-estimé. En France où l'on tue plus d'un milliard d'animaux par an ; en France, où l'on tue plus de 2 millions de vaches par an (soit une file indienne de vaches suffisamment longue pour relier Paris à Dakar) ; en France, où les porcheries industrielles sont à l'origine d'une pollution par les algues phénoménale. Il est vraiment TEMPS d'internaliser les coûts environnementaux et sanitaires de la VIANDE. Si tous les dégâts de la production de viande sur notre air, eau et sol se réflétaient dans le prix d'un kg de boeuf, chacun irait sans doute moins souvent chez le boucher et se tournerait plus vers les protéines végétales. C'est sûr qu'il faut avoir "un peu" de courage politique pour affronter le lobby agricole.
Avant que des décisions politiques ne soient prises, chacun peut faire le choix de réduire la consommation de viande (pour commencer)et d'adopter progressivement une alimentation durable, c'est-à-dire sans aucun produits animaux.
Bon ap' à tous

ekomedias | 09 mars 2010 à 12h04
 
 
Et la croissance démographique ?

Commencons par avoir le courage de stabiliser la croissance démographique mondiale car plus de bouches à nourrir demande mathématiquement plus de production plus de dépenses etc...
Deux enfants par femme pas plus, par l"information et la mise en place de plannings familials

demores | 11 mars 2010 à 10h27
 
 
combattre l'élevage intensif

Pas d'accord respecton la libertée de choisir son alimentation le problème c'est que plus on est nombreux plus ce sera difficille, les plantes aussi sont des étre vivant et elle ne suffiront pas à nos nourrir tous dans quelque temps.

D'autre part pour revenir au émission de CES au lieu de faire le calcul à la tonne produite ou à l'hectare faisont le à la tonne de viande produite par hectare là il n'y aura pas de contradition entre bio et agriculture traditionelle

Claude | 11 mars 2010 à 14h53
 
 
la chimie au service de nos assiettes

pollution des sols et des nappes phréatiques par l'ajout d'engrais, de désherbant.... des km parcourus sur une même terre agricole pendant des semaines entières pour répendre tout ça avec un tracteur fort consommateur de gazoil....
mais qui peut bien nous inventer et nous vendre tous ces produits chimiques??????

Neige | 11 mars 2010 à 21h17
 
 
Changement climatique diminuer limpact de l'agric.

Bonjour, je réagis à l'article très intéressant en élargissant ''le champ de l'agriculture à la riziculture"
Aujourd'hui nous devons utiliser toutes les solutions pour éviter la production de GES.

Une méthode de riziculture sans production de méthane

Nous savions que l’industrie, la circulation automobile, les centrales thermiques, les bovins étaient des sources importantes de production de gaz à effet de serre (GES). En revanche nous ne connaissions pas que la riziculture irriguée était aussi productrice d’énormes quantités de méthane.
Chaque année les rizières du monde produisent 60 millions de tonnes de méthane. Or le méthane est un gaz vingt fois plus néfaste que le carbone dans l’atmosphère. De ce fait, 60 millions de tonnes de méthane représentent 1 milliard 200 millions de tonnes de carbone.
Nous pouvons estimer que chaque kgr de riz représente l’équivalent d’une production de 2 kgr de carbone.
Cette information n’est pas nouvelle des chercheurs de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) Messieurs Pierre Roger et Jean Le Mer ont réalisé des études très poussées avec l’IRRI en Asie et mentionnaient dès 1999 que les rizières irriguées étaient une source importante de production de gaz à effet de serre (Méthane). D’autres voix dénoncent le même problème, le directeur de la division des produits et des industries forestières de la FAO Monsieur Wulf Killmann et souligne que dans le domaine de l’élevage et de l’agriculture une part de la production de méthane revient pour 60% des bovins et 40% de la riziculture irriguée.
Pour cette raison l’information fut transmise au GIEC pour la préparation de la conférence de Copenhague. Toutefois, nous ne pouvons passer sous silence les propositions des deux chercheurs de l’IRD qui à la fin de leur communication de 1999 proposent de rechercher d’autres méthodes culturales du riz et notamment de vider l’eau des rizières au cours de son cycle de production.
Par ailleurs, pour faire face aux émissions de méthane dans les rizières, la FAO préconise « d’intensifier les activités de recherche dans le but d’identifier d’autres variétés de riz et de méthode de production afin de réduire les émissions de méthane générées par la culture de cette céréale ». Pour l’instant, cette recommandation écologique peu onéreuse et efficace ne fut pas prise en compte ni médiatisée à Copenhague.

Cependant, à regarder de plus près la recommandation des chercheurs de l’IRD et en la rapprochant de la découverte du Système de Riziculture Intensive (SRI) par l’agronome et jésuite le Père Henri de Laulanié, nous donne une solution pour lutter contre les gaz à effet de serre produit par les rizières.
Henri de Laulanié affirme que le riz n’est pas une plante aquatique et recommande non seulement de vider les rizières au cours de la culture du riz mais de pratiquer les assecs, allant jusqu’à l’apparition de fente dans le sol de la rizière. La pratique du SRI ne nécessite que très peu d’eau, le sol de la rizière sera humide sans pour autant noyer les pieds du riz.
La méthode permet de multiplier les rendements par deux ou trois avec moins de semences et moins d’eau. Le repiquage des plants de riz se fait très tôt au stade de deux feuilles en laissant des espaces importants entre les plants et en privant le riz d’eau. Le SRI est respectueux de l’environnement et se pratique avec un assolement de légumes. Les apports en éléments fertilisant se font à base de compost. Ainsi la rizière ne produit plus de méthane mais au contraire fixe le carbone dans le sol.
Le SRI s’adresse à des petits riziculteurs dans le cadre d’une agriculture familiale respectueuse de l’environnement. Aujourd’hui, il est pratiqué dans plus de trente pays grâce aux efforts du Professeur Norman Uphoff du Cornell International Institut for Agriculture and Dévelopment (CIIFAD) de New-York .

Le Sommet mondial de l’alimentation de Rome nous a dressé un tableau sombre de l’avenir de la souveraineté alimentaire avec un nombre toujours grandissant des personnes souffrant de la Faim. Puis la Conférence de Copenhague s’est achevée sans véritables décisions pour lutter contre le réchauffement climatique et pourtant les travaux d’Henri de Laulanié pourraient participer à réduire la faim dans le monde et limiter le réchauffement climatique.

Cette bonne nouvelle doit être largement diffusée auprès des décideurs afin d’utiliser au mieux cette opportunité : produire plus de riz dans les pays du Sud tout en réduisant les émissions de méthane.

Jean Yves CLAVREUL Consultant en Communication pour le Développement Durable

clavreul | 13 mars 2010 à 10h58
 
 

il est vrai que l'élevage intensif cré un grand problème d'émission de CO2 dans la nature mais la population démographique évolue également.Il faudrait alors dans ce cas de proposer autres alternatives pour suppléer à la demande en protéine de la population ou soit de planter des arbres. cette décision s'accompagnera de l'interdition pour chaque individu d'avoir un nombre limité d'enfant pour alors ne pas augmenter la pression démographique.

Mars | 08 mai 2012 à 22h23
 
 

Réagissez à cet article

1500 caractères maximum
[ Tous les champs sont obligatoires ]