Alimentation : le retour des circuits courts ?AGRICULTURE - Actu-Environnement.com - 11/01/2010
Le marché de l'alimentaire est aujourd'hui dominé par la grande distribution, au détriment des circuits courts. Mais des producteurs souhaitent se réapproprier les activités de transformation et de vente, appuyés par la demande des consommateurs. |






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| © Valérie Edern
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Autrefois considérés comme la norme puis progressivement abandonnés au profit d'une organisation de la production et de la distribution de plus en plus spécialisée, les circuits courts reviennent en force depuis quelques années. Comme un défi à l'agriculture productiviste et à la grande distribution, ces modes d'organisation alternatifs (coopératives, AMAP, vente à la ferme, marchés de producteurs…) se développent sur l'ensemble du territoire. Jugés marginaux dans les années 80, ils semblent aujourd'hui davantage confirmer une tendance de fond, impulsée par de nombreux enjeux économiques, sociaux et environnementaux mais également par une forte attente des consommateurs.
Le gouvernement semble vouloir appuyer ce phénomène qui concernerait aujourd'hui 2 à 3 % du marché mais pourrait toucher jusqu'à 10 % des produits de consommation courante.
Début 2009, le ministère en charge de l'agriculture a d'ailleurs constitué un groupe de travail chargé d'identifier les voies et les moyens à mettre en œuvre pour favoriser le développement de ces modes de commercialisation des produits agricoles. Un plan d'action décliné en 14 mesures en a découlé afin d'améliorer les connaissances sur les circuits courts et les diffuser, adapter la formation des agriculteurs, favoriser l'installation de producteurs en circuits courts et mieux organiser ces dispositifs.
Des enjeux en termes d'emploi et de revenus
Disparition des petites exploitations, baisse des revenus, hausse du foncier sont des réalités auxquelles est confrontée l'agriculture depuis quelques années. Avec les circuits courts, les agriculteurs souhaitent se réapproprier l'aval de la chaîne, pour diversifier leur activité qui n'est plus alors limitée à la seule production, mais aussi pour lutter contre les monopoles du marché alimentaire et des centrales d'achats qui imposent leurs prix, souvent au plus bas. L'absence d'intermédiaire aboutit dans de nombreux cas à un système gagnant-gagnant : le producteur accroît ses revenus et le consommateur se procure des produits frais, à un tarif raisonnable.
Les circuits courts seraient également créateurs d'emplois. Les AMAP (associations pour le maintien d'une agriculture paysanne), qui consistent à créer un groupe de consommateurs qui s'engagent, sur une période donnée, à acheter un certain nombre de produits au producteur, permettraient de créer un emploi en moyenne pour 40 familles adhérentes. La transformation, la vente sur place mobilisent également du personnel. En 2005, les 16,3 % d'exploitations agricoles qui réalisaient de la vente directe (soit 88.600) représentaient 26,1 % des unités de travail agricole (UTA).
Une demande sociétale
Les circuits courts correspondent également à une nouvelle attente des consommateurs, qui les plébiscitent. Selon le CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), si en 2004, 20 % des Français souhaitaient acheter ailleurs que dans les grandes surfaces, en 2007 cette proportion est passée à 37 %.
Le fort développement des AMAP ces dernières années a d'ailleurs été impulsé par la demande des consommateurs. Celle-ci dépasse même l'offre dans ce domaine !
Cette tendance traduit une nouvelle réalité en matière de consommation. Les différents scandales sanitaires ont conduit les consommateurs à rechercher la qualité. Dans leur esprit, proximité signifie souvent qualité, terroir... Une partie croissante des consommateurs souhaite également donner du sens à l'acte d'achat. Le commerce équitable, l'agriculture biologique, les modes de distribution alternatifs sont donc pour eux une alternative à la grande distribution.
Circuits courts versus bio ?
La question se pose souvent : faut-il privilégier les produits de proximité ou l'agriculture biologique ? En moyenne, un aliment parcourt 1.500 km avant d'arriver dans notre assiette. Les produits biologiques n'échappent pas à cette tendance. L'offre insuffisante par rapport à la demande conduit à l'importation de produits. Le développement du bio dans les discounters conduit également à l'importation, via le développement de cultures dans les pays du Sud, en Afrique notamment, où les coûts de production sont plus faibles. L'idéal ? Privilégier les produits bio de proximité !
Cependant, le développement des circuits courts est confronté à plusieurs freins. Il est difficile pour le producteur de proposer une offre régulière et pérenne alors que le consommateur est habitué à une régularité d'approvisionnement et à une diversité des produits.
La transformation et la vente nécessitent l'investissement dans des équipements parfois coûteux, pour répondre aux réglementations sanitaires (chaîne du froid…). Et les petits producteurs peinent à accéder aux prêts bancaires…
Sophie Fabrégat
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Réactions à cet article |
je connais bien ce domaine ayant été plateforme de distribution pour une grande chaine de magasins avec des produits de qualités .seul le prix et la qualité compte ,des salades peuvent faire 2000km alors qu'il en existent en quantité suffisante a 5 km et identique pour tous les produits.En plus le consomateur a été formaté a un type de produit standard pour la production loin des critéres que peuvent fournir des petits producteurs et l'espagne est devenu en 10ans le jardin européen.les hollandais les fleuristes de l'europe Message déposé par bernardo42 le 18/03/2010
Protéger la planète commence par son assiette
Protéger la planète commence par son assiette
Raccourcir les circuits, c'est bien, mais il faut savoir que l'impact des transports est bien moindre, en termes de GES, que l'impact de l'élevage (pollution de l'eau, de l'air, des sols, consommation de céréales, pesticides, rejets dans les eaux, algues vertes, etc.).
Donc le PREMIER geste à faire si l'avenir de la planète vous préoccupe est de réduire, réduire, réduire votre consommation de produits animaux (viande, poisson, oeuf, lait). C'est la seule solution qui présente autant de bienfaits sans investissement de votre part, et avec des effets immédiats. Les autres solutions sont utiles, mais elles ne vont pas vraiment à la source.
Les produits animaux génèrent beaucoup trop d'externalités négatives pour ce qu'ils apportent. Cette production est en train d'asphyxier notre demeure commune.
Bon ap' et belle année à tous ! Message déposé par beveg le 16/01/2010
Maraicher bio dans nôtre quartier
Maraicher bio dans nôtre quartier
Nôtre association Fontaine de GaÏa à Versailles a réussi à trouver un maraicher qui vient sur le marché le mercredi et le samedi (on a donc du frais 2 fois du frais par semaine, la marchande d'oeufs s'est mise aux oeufs bio et la boulangerie fait maintenment 2 sortes de pain bio. Message déposé par Soleil78 le 15/01/2010
Les AMAPS Comment varier les paniers
(1 réponse)
Les AMAPS Comment varier les paniers
Quand le contenu des paniers de certaines AMAP's commence au coeur de l'hiver à se ressembler de plus en plus semaine après semaine et nous ne savons plus comment encore innover sur le thème ds pommes terre, poireaux, carottes et autre choux il n'est pas toujours évident de manger que des produits locaux.Pour ne pas s'ennuyer il faut varier.
Deux idées simples et 'durables' pour enrichir les paniers et qui sont faciles à réaliser sans investissement lourd dans un équipement complexe.
Les graines germées.
Il existent des dizaines de graines à germer qui donnent des petites 'salades' parfumées, colorées et savoureuses à souhait. Des véritables bombes à vitamines à consommer sans modération à une époque de l'année ou nous en avons le plus besoin. Les graines peuvent être germées avec des moyens très simples et nécessitent peu de soins. Rendement et succès garantis.Et je ne parle même pas de toutes les autres graines germées qui sont excellents à cuisiner.(Une AMAP amie dans les Landes a commencé à en mettre depuis quelques mois dans ces paniers et elle est déjà 'victime' de son succès).
Les légumes lacto fermentés.
Rien de plus simple que de transformer les excédents de récolte(carottes, betteraves, radis, navets, choux, haricots, céleris, concombre, cornichons, tomates vertes, poivrons etc. etc en
succulents légumes lacto fermentés qui se conservent durant de longues mois. Une nourriture vivante, succulente, ultra saine pour laquelle vous avez eu besoin d'un peu de sel, un peu d'eau et des bocaux en verre. La nature a fait le reste.
Energie consommée: huile de coude.
Bilan CO2: L'air que vous avez expiré.
J'en fait depuis un an et mélangé en salade c'est un véritable festin et ma choucroute fermentée 'maison' ferait même fondre un alsacien.
Je serais bien curieux de savoir qui a encore d'autres idées pour 'booster' et promouvoir les production locales.
A vos claviers, Sven Message déposé par Sven le 15/01/2010
Re:Les AMAPS Comment varier les paniers
Merci pour vos propositions qui sont positives et constructives. C'est excatement ce dont nous avons besoin au quotidien pour ne pas sombrer dans le pessimisme ambiant... Message déposé par Harvey le 16/01/2010
bjr
je suis producteur bio en AMAP
juste quelques mots pour recadrer cet article
je lis qu il parait que 40 familles permettraient a un maraicher d embaucher....quelle erreur
deja il y a quelques temps on estimait qu il fallait 70 paniers pour qu un maraicher puisse degager un revenu alors effectivement dire ou ecrire que 40 paniers permettent d embaucher une personne....
j ai cree 4 emplois a plein temps et j affirme que pour payer decemment un ouvrier il faut parler d une centaine de paniers par emploi cree ou sinon cela revient a dire travailler plus pour ne rien gagner
Message déposé par maraicher bio le 14/01/2010
simple retour vers le bon sens
simple retour vers le bon sens
Des circuits courts pour des produits (de saison uniquement) et des contacts avec les producteurs.
mais cela implique que les clients prennent le temps d'acheter et de cuisiner, voire nettoyer les produits. exit la course à l'achat massif et global une fois la semaine en grande surface.
Solution applicable dans les villes petites et moyennes. Dans les grandes agglomération, les contraintes sont plus importantes.
les marchés existaient, c'est aux vrais consommacteurs de faire le choix d'y revenir. C'est comme pour les programmes de TV nuls que personne ne nous oblige à regarder, il suffit de choisir !
Message déposé par ginkgo le 14/01/2010
Manger des légumes tels que le panais, le chou mousse, le potimarron,... ça émoustille les papilles ! Les circuits courts, c'est bon pour la santé, le moral et le portefeuille. En plus, mettre la main dans la terre à aider le producteur, ce n'est que du bonheur ! Pour la volaille, c'est pareil et le producteur croule sous les commandes ... Un retour à la terre fera du bien à tout le monde, sauf aux grandes surfaces ...
Message déposé par Rémifasol57 le 14/01/2010
Manger bien est la priorité ds 1 foyer et on n'es.
Manger bien est la priorité ds 1 foyer et on n'es.
J'ai également un pt salaire mais n'ai pas besoin de dépenser énormément pour manger équilibré et varié. Evidemment, je ne dépense pas mes sous ds des brioches, des céréales trop chères et privilégie les légumes et fruits...BIO Message déposé par gazell le 14/01/2010
Cuisiner c'est cela qu'il faut réapprendre...Mettre des légumes dans l'eau et les faire chauffer. Message déposé par pierre le 14/01/2010
excellente initiative, mais....
(2 réponses)
excellente initiative, mais....
Ce serait effectivement idéal!!Personnellement je préfèrerais faire mes achats directement chez le paysan, d'autant plus que je réside pratiquement non loin de la campagne, mais lorsque vous êtes confronté à un écart de prix phénoménal, entre la grande distribution et le commerce à proximité, croyez moi, vous n'avez pas d'autres solutions, surtout avec des petits revenus!!! C'est là où ça ne va pas!! donc, tout à revoir Message déposé par bastacorr le 12/01/2010
Re:excellente initiative, mais....
Auparavant (1950) l'alimentation et le logement représentaient le premier budget des familles. Maintenant le budget alimentation se retrouve après le budget loisir (2006)...mais manger est peut être avec le logement plus important que d'acheter la dernière TV, le dernier tel. A chacun de voir où placer ses priorités !
J'ai aussi de petits revenus, mais la priorité de notre famille est de manger correctement tout en sachant d'où proviennent nos denrées...partant du principe que l'alimentation est la première des médecines, qu'il s'agit d'un acte citoyen tant économique, que social et environnemental....
Honnêtement la différence de prix des grandes surfaces et des marchés locaux n'est pas si grande (ils sont d'ailleurs parfois moins onéreux pour une qualité incomparables !!) . Bien sur cela n'est pas comparable avec les discounts alimentaires... Message déposé par charrollet le 13/01/2010
oui bravo pour cette réponse ! j'approuve tout à fait : il faut savoir où mettre les priorités budgétaires ! et à mon avis aussi, le budget alimentaire (après le logement) doit rester le budget familial PRIORITAIRE !!! habitant sur Paris, j'ai plus de mal à trouver un agriculteur de proximité mais malgré tout et à force de rechercher la meilleure solution, j'ai fini par trouver : j'achète mes légumes au marché le dimanche matin directement à un producteur qui y vient tous les dimanches et j'ai constaté avec un immense plaisir que non seulement ses légumes sont 1000 fois meilleurs et plus goutus que ceux que j'achetai chez mon primeur avant mais en plus ils sont souvent moins chers !!!! surtout lorsque par exemple la production bas son plein et qu'il doit écouler ses produits avant qu'ils ne périssent par exemple... ou bien tout simplement parce qu'en achetant les fruits et légumes de saison, on a toujours le meilleur prix !!!
Aller, courage, même avec un petit budget familial, on peut manger mieux et plus intelligent ! ne nous laissons pas berner par les discours de l'agro-alimentaire ou de la grande distribution !!! après tout, c'est nous qui avons les euros dans le porte-monnaie, c'est donc NOUS, les consommateurs, qui avons le pouvoir !!! Message déposé par Agnes le 14/01/2010
Acheter directement producteur Vaucluse
(1 réponse)
Acheter directement producteur Vaucluse
Bonjour à tous,
Est ce que quelqu'un connaît des producteurs qui vendent directement au particulier dans le vaucluse?
Peut être existe-t-il un réseau de producteurs.
Les AMAP ne me conviennent pas car les paniers sont trop gros et je n'ai pas de congélateur.
Merci à tous pour vos réponses Message déposé par carole3fr le 12/01/2010
Re:Acheter directement producteur Vaucluse
il y a beaucoup de producteurs qui vont sur les marchés ... faites-y un tour et poser la question aux commerçants directement ... si ils sont producteurs revendeurs, ils seront fiers de vous le dire !!!
sinon, je crois qu'il y a aussi des regroupements de producteurs dans des locaux partagés de ci de là en France pour constituer des sortes de halles couvertes ...
Vous allez bien finir par trouver ! courage  ! Message déposé par Agnes le 14/01/2010
Bonjour!
Il m'arrive d'acheter les fruits et légumes au marché des lices à Rennes:
Les produits sont bio et locaux et c'est toujours une satisfaction et un bien être lors de ces achats (d'autant plus qu'ils peuvent être moins onéreux que des produits non bio du supermarché) en plus on prend le temps de demander des informations sur les produits de discuter avec les producteurs car la vente est directe...et de ce fait on se sent alors plus prés de la terre...
Dans un supermarché surtout si c'est pas bio (et même si c'est bio...) c'est pas pareil je me demande souvent d'où viennent les produits, avec quoi ils ont été traités et à qui profite réellement la vente de ces produits...
C'est plus un rapport d'exploitation ou on est juste là pour consommer...
Bonne année 2010 et joyeuse santé!
Philippe
Message déposé par Anonyme le 12/01/2010
Les consommateurs ne peuvent pas vouloir des produits de proximité qui soient variés à l'infini et réguliers toute l'année. Pour faire simple, "manger des fraises" en toutes saisons est ridicule et si on est dans une région où on produit essentiellement des poires, par exemple, et aucune fraises, ce n'est pas un drame si on ne mange plus de fraises ou en tout cas si on en consomme moins. Message déposé par drahcir le 12/01/2010
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