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L'agriculture intensive peut-elle être écolo ?

La recherche travaille aujourd'hui à doper les fonctionnalités naturelles des plantes pour améliorer leur résistance et leur productivité. Ce concept porte un nom : l'agriculture écologiquement intensive. Explications de Michel Griffon, de l'ANR.

Agriculture  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
   
L'agriculture intensive peut-elle être écolo ?
Michel Griffon, agronome et directeur général adjoint de l'ANR
   
Changement climatique, évolution du prix de l'énergie, réduction de l'utilisation de produits phytosanitaires, rareté de l'eau… Comme la société dans son ensemble, le secteur agricole doit composer aujourd'hui avec les contraintes environnementales. Mais pas seulement. Les défis futurs de l'agriculture sont immenses : la population mondiale ne cesse de croître, la sécurité alimentaire devient une priorité. Pour Michel Griffon, agronome et directeur général adjoint de l'agence nationale de recherche (ANR) qui participait le 17 décembre à la session annuelle des chambres d'agriculture à Paris, les défis à relever constituent autant d'opportunités : de nouveaux marchés émergent en Afrique du Nord, en Asie et au Moyen-Orient, notamment pour les céréales. Parallèlement, de nouveaux débouchés s'ouvrent pour l'agriculture. La demande en biocarburants s'accroît mais aussi la demande en fibres pour remplacer les polymères dérivés du pétrole, utilisés notamment dans la fabrication des plastiques. Cette mutation n'est pas pour demain mais l'agriculture doit envisager dès aujourd'hui de produire plus, produire autre chose et produire autrement.
Pour ce spécialiste, une seule réponse : l'agriculture écologiquement intensive. Deux termes compatibles ? Il s'agit d'utiliser le mot écologie autrement : nous parlons là d'une écologie productive et scientifique. L'agriculture biologique constitue un excellent laboratoire de nouvelles pratiques mais elle n'est pas en mesure de produire plus. L'agriculture raisonnée est un premier pas nécessaire mais nous devons aboutir à une agriculture écologiquement intensive. L'idée ? Utiliser le plus possible des raisonnements qui ont trait au fonctionnement naturel des plantes et les améliorer à l'aide de la science.

Augmenter les capacités naturelles des plantes par la science

Ce concept est largement partagé dans la sphère scientifique. Alors que l'agence nationale de la recherche a lancé le programme Systerra sur ce thème et que l'institut scientifique de recherche agronomique (INRA) a engagé des recherches depuis plusieurs années sur ce sujet, le centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) l'a intégré comme une priorité dans sa nouvelle stratégie de recherche.
De nombreux travaux sont ainsi en cours pour amplifier les processus naturels des plantes et assurer une protection renforcée mais aussi un haut rendement, tout en limitant l'usage de produits chimiques et les impacts environnementaux.
Les pistes de recherche sont nombreuses. Elles concernent aussi bien la plante elle-même (améliorer la photosynthèse, la minéralisation, la fixation de l'azote…) que les sols (fertilité, aération…) et les écosystèmes.
Par exemple, sur les questions de fertilisation, pour compenser la réduction d'utilisation d'intrants, les chercheurs travaillent à l'augmentation de la fertilité naturelle des sols via la photosynthèse. Pour accroître la stabilité des éléments nutritifs, l'utilisation de carbone dans les sols est une voie explorée aujourd'hui. D'anciennes pratiques, abandonnées au cours des dernières décennies au profit de dopants chimiques, pourraient faire leur grand retour : rotation des sols, cultures associées… La lutte intégrée, c'est-à-dire l'utilisation de prédateurs naturels, constitue également un axe de travail essentiel.

Les OGM, acteurs de l'agriculture écologiquement intensive ?

Améliorer les fonctionnalités naturelles en modifiant génétiquement les plantes constitue également une voie à explorer pour les partisans de l'agriculture écologiquement intensive, même si pour Michel Griffon cela doit s'accompagner de prudence : par définition, il s'agit d'introduire une fonctionnalité naturelle d'une plante dans une autre plante. Scientifiquement, il n'y a donc aucun tabou. Mais les OGM posent un problème d'éthique qu'il revient au politique de trancher. Il ne faut pas faire des choses contre nature. Transférer un gène d'une espèce de banane à une autre ne pose pas de problème. C'est plus délicat de transférer un gène du monde animal au végétal. Mais personne ne peut présumer de la dangerosité ou non de toute innovation, quelle qu'elle soit. Il faut néanmoins utiliser les OGM pour les situations où il n'existe pas d'autre solution possible. Autre risque lié à l'utilisation des OGM : il faut faire très attention à ce que l'agriculture future ne tombe pas dans l'appropriation intellectuelle et les brevets. C'est pourquoi je milite pour que la recherche publique se penche sur les OGM pour éviter une telle dérive.

Une nouvelle relation entre l'agriculture et la recherche

On l'aura compris, dans le concept de l'agriculture écologiquement intensive, la science tient une place centrale. Quid des agriculteurs ? On entre dans un métier agricole nouveau même si de tout temps l'agriculteur a du jouer avec les contraintes du milieu. L'agriculteur va devenir un technicien avec des connaissances, faire un travail intellectuellement intensif ! Une forte alliance va se développer entre la recherche et le monde agricole, avec un échange permanent entre les deux parties. L'innovation sur le terrain constitue souvent le point de départ d'un protocole scientifique.

Réactions19 réactions à cet article

 
agriculture ecologique productive

attention danger ,commençont déja par utiliser tout ce que la biodiversité peut nous apporter,notemment avec les variétes anciennes,peu etudié et les milliers de variétés qui ont été délaissées au fils des siécles,plutot que de les enfermer dans des banques réfrigérés a coup de millions d'euros(fond privé?).Il faut aussi repenser l'agriculture dans sa globalité si on veut pouvoir nourrir le monde (subvention,ogm,hybrides,agrocarburant,etc)toute cette agriculture industrielle qui nuit aux hommes et a la terre.Maintenant cela n'empéche pas la recherche scientifique au contraire mais avec une philosophie différente avec plus d'humilité et une ethique environnementale irréprochable autrement on reproduira les même erreurs.Le mot intensif ne me parait pas adapté a une agriculture qui se veut ecologique ,c'est antinomique.

lionel gauliert | 19 décembre 2008 à 09h35
 
 
Re:agriculture ecologique productive

IL est très clair que l'agriculture intensive et polluante cherche une porte de sortie, compte tenu du revirement scientifique qui la montre systématiquement du doigt.
Pour continuer à capter à la fois les subventions et continuer à rendre toujours plus dépendant les exploitants...

kerloen | 19 décembre 2008 à 12h20
 
 
rendement moyen en bio

en 2008 le rendement moyen en ble bio 27 qx soit 1 tiers de la normal
il faut donc à production égale 3 fois plus de surface ,d'eau 6000 m cubes ha en conventionel 18000 en bio :3 fois plus de tracteurs de travail d'intrants de semences, d'energie etc : produire en bio c'est polluer plus

françois | 19 décembre 2008 à 17h16
 
 
Re:rendement moyen en bio

Que d'inepties !

Certes l'agriculture bio produit moins que l'agriculture intensive conventionnelle, mais la philosophie de l'agriculture bio est de limiter au maximum l'utilisation d'intrants venant de l'extérieur et en particulier de renoncer aux intrants chimiques. C'est à dire de ne pas produire à partir de ressources provenant de l'extérieur, donc de ne pas produire au dépens des potentialités de production d'ailleurs, ni au dépens des potentialité de production à venir. Ce qu'on peut résumer à produire en préservant les autres et demains.

Il est indispensables dans les pays riches de ne plus vivre au dépens des pays "du Sud" ni au dépens des générations à venir. C'est le sens de l'agriculture biologique et c'est indispensable pour notre avenir à tous au Nord comme au Sud.

Pour en revenir à l'"impératif" de produire plus, je me permet de faire remarquer que nous produisons suffisamment pour nourrir 10 milliards d'être humains (sources FAO) alors que 1 des 6,5 milliards d'être humain qui peuple la terre souffre de la fin. Le problème est-il vraiment dans notre capacité à produire suffisamment ?

Une piste dont personne ne parle est pourtant tellement évidente : il faut consommer moins de viande ! Ca sera d'une part meilleure pour notre santé et comme ça on utilisera moins de céréales pour nourrir des boeufs, des poules et des cochons.

Remihh | 19 décembre 2008 à 18h24
 
 
Re:rendement moyen en bio

Que peut importer le fait de produire 3 fois moins en France quand on sait qu'on pourrait multiplier la quantité de nourriture disponible par 40 en mangeant les céréales servant à nourrir le bétail? Non pas que ce type de culture doive s'arrêter, mais il est certain qu'il faut en diminuer la part considérable que la viande a pris dans notre assiette.

Et pour revenir sur vos raccourcis concernant les chiffres :
En bio, on utilise 40 à 60% de fuel en moins par Ha! Pour les intrants, en bio on utilise principalement les semences de la dernière récolte au lieu de les acheter à des multinationales peu scrupuleuses, aucuns pesticides dispersés à titre préventif, et on arrose beaucoup moins!

NE faites pas preuve de mauvaise foi, allez donc jeter un oeil en Beauce, voir des centaines d'Ha stérilisés par 30 ans d'agriculture intensive... Je sais de quoi je parle.

Je crois qu'on est assez informés aujourd'hui pour comprendre qu'il faille se calmer sur la surexploitation des terres. Et rappelez vous, en 1950, tout le monde mangeait bio!!

Tassin | 22 décembre 2008 à 10h42
 
 
Re:Re:rendement moyen en bio

Tout à fait d'accord sur la conclusion (manger moins de viande).
J'ajouterai aussi qu'actuellement, dans le monde, plus de personnes souffrent de maladies liées à la suralimentation que de la faim... Ces deux cas en attestent, le défi n'est pas tant de produire plus que de redistribuer ce qu'on produit.

vero0oo | 08 janvier 2009 à 22h38
 
 
Re:Re:rendement moyen en bio

Bonjour,

Encore des citadins qui se mettent à parler d'agriculture !!!
De plus est ,qu'ils ne sont au courant des choses que par des images de la TV ou des commentaires de journalistes qui n'ont jamais mis les pieds dans une exploitation.
En bio, (suivant les types de cultures) on traite et même souvent !!! et oui, sinon c'est pas 1/3 du rendement que l'on aurait mais rien du tout sauf que c'est avec des produits ayant une origine dites naturelles (mais naturelle n'est pas égal à bon pour la santé). Il y a d'ailleurs pour projet (UE) de supprimer des matières actives utilisé en bio car elles sont suspectées d'être dangereuses pour la santé (je ne citerai pas lesquelles).
Ensuite en 1950, les matières actives étaient loin d'être "bio". Celles qui sortent aujourd'hui sont plus soft (de part les connaissances acquises sur la toxicologie et leur répercussion sur l'environnement). Un produit ne sort pas comme ça du jour au lendemain, le processus de recherche et d'homologation dure en moyenne 10 ans.
Ensuite, il faut arrêter de stigmatiser les exploitants "non" bio. Leurs rôle avant tout, est de nourrir les populations. Beaucoup d'efforts ont été réalisés tant dans les apports d'engrais que de produits phyto. Dans les grandes régions céréalières de France, il faut savoir que les apports d'engrais sont gérer par GPS en fonction des zones le nécessitant (suite à de l'imagerie satellite). Les traitements sont fait par GPS pour ne plus recroiser les passages de produit (et donc limiter les intrants)...etc. Si les exploitations agricoles peuvent éviter d'utiliser des intrants elles le feront. Mais le consommateur est très exigent et préfèrera une belle pomme plutôt qu'une pomme difforme avec un trou. Le consommateur ne veut pas non plus de mycotoxines (substance cancérigène provenant d'un champignon) dans son "assiette". Pour cela il faut traiter.

Enfin il faut rappeler que depuis la nuit des temps, l'être humain se nourrit de chasse, de pêche et de cueillette (c'est ce que l'on apprend à nos enfants à l'école). L'homme doit se nourrir de viande.

Pour résumer, il ne faut pas trancher et tomber dans les excès (surexploitation ou revenir à l'époque de nos gds parents)
Le mot d'ordre dans les campagnes aujourd'hui (et même en BEAUCE) c'est le raisonnement des pratiques et oui !!!

jaimel'agriculture | 10 janvier 2009 à 16h13
 
 
Re:agriculture ecologique productive

C'est au contraire l'avenir écologique : Associer l'écologie et la production suffisante à la fois pour les revenus des agriculteurs et nourrir la masse d'êtres vivants de cette terre
Par contre, je suis d'accord avec toi qu'il FAUT conserver les variétés anciennes dans cette stratégie, car leur rusticité en fait des réserves énormes de gènes de résistances aux maladies et de gènes d'adaptabilité. Et que la perte de cette diversité est irrémédiable ....

Chloedavignon | 11 janvier 2009 à 16h14
 
 
Re:Re:rendement moyen en bio

Pas ok sur un point : en 50, on ne mangeait pas bio. Parce que :
- la réglementation de la bio n'existait pas
- les produits chimiques tels que le cuivre ou le soufre étaient utilisés à des doses que même l'agriculture conventionnelle n'utilise plus aujourd'hui (et qui sont strictement interdites par la réglementation bio aujourd'hui)
Et pas ok sur les semences des agriculteurs bio. Actuellement, la majorité des agri bio utilisent des semences sélectionnées (essentiellement des hybrides F1, notamment pour les grandes cultures, le maraichage est un peu moins "hybrides F1", bien que ....) ... Or, semer les graines récoltés sur les hybrides F1 ... est une assurance à ne récolter quasi rien l'année d'après !!!! Donc oui aux variétés population, mais ne dit pas que les agri bio resèment les graines produites sur leurs exploitations !!! ou précise le domaine et les cultures !!!!

Chloedavignon | 11 janvier 2009 à 16h21
 
 
Re:Re:Re:rendement moyen en bio

Merci !!!!!

Chloedavignon | 11 janvier 2009 à 16h22
 
 
Re:Re:rendement moyen en bio

"Certes l'agriculture bio produit moins que l'agriculture intensive conventionnelle, mais la philosophie de l'agriculture bio est de limiter au maximum l'utilisation d'intrants venant de l'extérieur et en particulier de renoncer aux intrants chimiques."

Et alors ? Moi je m'en fiche qu'on utilise plus ou moins d'intrants de synthèse : ce qui m'intéresse, c'est le résultat final ; à production égale, est-ce que ça pollue plus, ou moins ? Est-ce que ça nuit plus, ou moins à la biodiversité ?

Et honnètement, s'il faut tripler les surfaces cultivées à production égale, je ne vois pas où est l'intérêt.
Limiter l'utilisation d'intrants de synthèse, c'est bien joli, mais il y a des intrants de synthèse moins polluants que les intrants minéraux qui les remplacent en bio (exemple : les fongicides).
Et s'il faut diminuer de 2/3 la place laissée à la biodiversité pour gagner à peine quelques espèces en champs, non, je ne vois pas l'intérêt.
Entre faire 1 hectare de cultures contenant 5 à 10 espèces à tout casser et en laisser 2 de forêt contenant plus de 500 espèces, et faire 3 hectares de cultures contenant une trentaine d'espèces, il n'y a pas photo.


Si l'agriculture bio c'était des pesticides plus durables, je comprendrais. Mais ce n'est pas le cas : cf le cas du cuivre qui s'accumule irrémédiablement à la surface du sol, ou les engrais qui doivent bien venir de quelque part, en l'occurence des déchets de l'agriculture conventionnelle (donc indirectement des engrais de synthèse).
Si l'agriculture bio c'était une agriculture plus efficace en terme de biodiversité, je comprendrais. Mais même pas : on nous propose de lui couper une jambe pour lui filer une jolie jambe de bois...


Il faut manger moins de viande, c'est une évidence. Mais pas pour détruire le gain en biodiversité réalisé en remplaçant les cultures fourragères par du bio : pour dégager un maximum d'espace au profit d'une biodiversité.
Plutôt des forêts, des prairies fleuries etc...etc... que des champs de blé, même bio.

Ryuujin | 18 février 2009 à 18h08
 
 
Re:Re:Re:rendement moyen en bio

Pourquoi être aussi réactionnaire ?

Visiblement, tu connais assez mal le monde de l'agriculture et la nature. Tu ne peux pas considérer un champs comme une usine à produire de la nourriture en dehors de toute réalité géographique. Les champs sont constitutifs des territoires, de nos environnements et des paysages. On ne peux pas opposer milieux agricoles à milieux naturels : il n'y a pas de limite claire entre les deux. Tu parles des prairies et des forêts comme exemple de milieux naturels, mais la prairie est un milieu cultivé qui a pour vocation de nourrir du bétail et l'écrasante majorité des forêts de France sont exploitées et entretenues pour la production de bois.

La nature, comme la biodiversité ne sont pas des choses que l'on peut accumuler comme de l'argent. C'est en ce sens que l'économie a beaucoup de mal à les prendre en compte. Il n'est pas possible de dire qu'un milieu naturel où coexistent 30 espèces végétales vaut moins qu'un milieu où se trouvent 300 espèces végétales et on peut encore moins dire que 100ha à 30 espèces valent 10ha à 300 espèces. La biodiversité est avant tout une diversité, ce qui veut dire que ça valeur réside dans l'existence d'êtres vivants et de milieux diverses. Ca veut dire que la diversité des agricultures et des terroirs a une valeur (en terme de biodiversité) que n'a pas l'agriculture industrialisée qui est uniforme.

Pour moi l'agriculture bio représente un plus par rapport à l'agriculture "traditionnelle" parce que lorsque l'on fait du bio, on est obligé de prendre en compte les contraintes et opportunités du terroirs alors qu'en agriculture "traditionnelle" on est rapidement tenté d'appliquer les pratiques culturales préconsiées de façon indifférenciée par les agrofourniseurs.

Remihh | 09 mars 2009 à 14h44
 
 
Re:Re:Re:Re:rendement moyen en bio

C'est tout de même pas compliqué : un champs, c'est un espace sur lequel on réduit la biodiversité à 3 fois rien pour favoriser les plantes que l'on cultive, celles que l'on va récolter.
Donc un champs, c'est zéro biodiversité. Et s'il est bio, c'est un "presque zéro" soit un truc toujours négligeable.
Une prairie présente généralement déjà 5 fois plus de biodiversité qu'un champs, notamment, elle présente des fleurs plus variées, présentes sur une périodes plus longue : un gros plus pour les insectes pollinisateurs, qui pèsent beaucoup en terme de biodiversité.

Une forêt, c'est sans commune mesure avec un champs en terme de biodiversité.

Donc de toute façon, cette histoire de favoriser la biodiversité dans les champs est une fumisterie sur le plan écologique si c'est aux dépends des rendements : cela serait à peu près aussi raisonnable que de disperser des déchets nucléaires dans les rivières au lieu de les rassembler dans un endroit confiné.

Je répète : toute extension des surfaces cultivées est une catastrophe en terme de biodiversité. Même en laissant ces surfaces à l'état de friches, elles sont mieux valorisées écologiquement !
Les surfaces cultivables aussi sont des ressources qu'il faut gérer, et économiser, cad cultiver à un rendement optimum (pas maximum ; optimum).


Pour ce qui est du bio, tu nous sors en gros l'image marketing que cette filière s'est construite. Une image à peu près aussi fausse que celle de la laitière sur les yaourts et cie de la dite marque : l'agriculture "traditionnelle" a évoluée parcequ'elle était en échec. Et l'agriculture bio également bénéficie de ces évolutions.

Ryuujin | 09 mars 2009 à 21h57
 
 
Re:Re:rendement moyen en bio

1)quitte à ne pas manger de viande et à libérer de la surface, on pourrait l'utiliser plus intelligemment que pour produire la même quantité de bouffe sur 3 fois plus de place.

2) Et si on mange plus de viande, où on va aller chercher les amendements organiques nécessaires en agriculture biologique pour cultiver sans épuiser les sols sur le long terme ?

3) 40% de fuel en moins par ha whaou !! Sauf qu'avec des rendements divisés, par 3, ça fait presque deux fois plus de fuel par tonne de récolte qu'en conventionnel !!!
Et quand bien même tu arriverai à ne diviser les rendements que par deux, ça ferait toujours moitié plus de fuel par tonne de récolte qu'en conventionnel.

4) non, peu d'agriculteurs bio produisent leur propres semences.

5) en conventionnel également ça a disparu l'usage de pesticides à titre préventif, principale suite à la baisse de la marge des agriculteurs. Les pesticides sont chers.
Pour ce qui est des pesticides bio, l'usage de certains (le cuivre par exemple) relève quasiment de l'ironie : ils ne sont pas durables, et des pesticides de synthèse moins toxiques et/ou résidents sont disponibles...mais interdits en bio !

6) Bah moi j'y suis allé, en Beauce, et j'ai surtout vu une des régions les plus productives de France, et une des régions dont le taux de matière organique des sols augmente.
Les seules terres agricoles stérilisées qu'il m'a été données de voir l'ont été à la bouillie bordelaise.
Parlez donc de ce que vous connaissez au lieu de répéter les aneries qu'on vous a dit.

Ryuujin | 09 mars 2009 à 22h27
 
 
Re:Re:Re:Re:Re:rendement moyen en bio

Tu changes déjà un peu ton fusil d'épaule puisque tu souhaites un rendement optimum et non maximum.

Si ta thèse est de limiter au maximum les surfaces cultivées pour la même production (en terme de masse), le rendement optimum est le rendement maximum.

L'agriculture ne se limite pas aux grandes cultures de plaine comme on peut en voir dans le bassin parisien. Un milieu agricole n'est pas égal à zéro biodiversité !

Un nombre non négligeable d'espèces de notre chère biodiversité sont inféodé aux milieux agricoles comme par exemple le râle des genets dans les prairies humides, le busard St-Martin ou la outarde canepetière dans les plaines céréalières...

Un verger de haute tige, une haie, une rivière non calibré avec sa ripisylve, une pelouse calcaire sont des éléments paysagers des milieux cultivés qui abritent une grande biodiversité que l'on ne retrouve pas dans les milieux fermés ou l'homme ne mets pas les pieds. Tout ses éléments n'existe pas non plus en agriculture intensive remembrée façon agro-business.

Le bio n'est pas la seule réponse possible ou imaginable, mais il offre un repère et des garanties au consommateurs.

Et si le rendement optimum pour une surface cultivable correspondait d'avantage au rendement en bio que celui en "conventionnel" ?

Remihh | 10 mars 2009 à 13h01
 
 
Re:Re:Re:Re:Re:Re:rendement moyen en bio

Je n'ai pas changé de position : je n'ai jamais parlé que de cela.

Ma thèse est de limiter l'usage de ressources à production égale. Les surfaces cultivables sont une ressource. Et le fait de passer en agriculture bio et de diviser les rendements en fait même une ressource limitante ! (alors qu'actuellement, les ressources limitantes sont plutôt à chercher du côté des intrants, de l'eau, voire de l'ensoleillement).

"Un milieu agricole n'est pas égal à zéro biodiversité !"
Un milieu agricole est égal à une biodiversité complètement négligeable par rapport à celle d'une fiche ou d'une forêt.
Tu peux dire tout ce que tu veux, cela n'en est pas moins complètement négligeable, et une extension des surfaces cultivées pour limiter le recours aux intrants est une idée calamiteuse en terme de biodiversité (sans oublier que rien ne dit que cela permettra réellement d'économiser des intrants à production égale !!!).


Le bio offre un repère de "garantie" en déphasage complet avec la réalité écologique et sanitaire du terrain.
Ce "repère de garanties" est une pure et simple construction marketing, destinée à renvoyer à une image de tradition.


"Et si le rendement optimum pour une surface cultivable correspondait d'avantage au rendement en bio que celui en "conventionnel" ?"

On serait mal barré : la France produit actuellement autant qu'elle consomme. Ceci dit, rassurez-vous : ce n'est pas le cas. Il est possible d'obtenir des rendements bien plus élevés à impact non significativement différent : en ayant recours à des intrants de synthèse lorsqu'ils sont plus efficaces que les intrants minéraux ou "naturels".

Ryuujin | 10 mars 2009 à 17h32
 
 
Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:rendement moyen en bio

Bon, je ne vais pas passer la semaine a débattre avec un troll.

J'ai donné mes agruments et des exemples. Tu peux continué à défendre la biodiversité des friches si tu veux.

La France est le premier exportateur de denrée agricole de l'Union Européenne. C'est de Gaulle qui a fait le choix pour le pays d'une agriculture excédentaire et d'exportation (ce qui selon moi pose un problème éthique que je ne veux même défendre devant toi). C'est pour ça qu'elle a autant d'influance sur la PAC.

L'agriculture biologique comme elle est institutionnalisée en France n'est pas la panacée mais je pense que tu as tord de la condamné de façon aussi catégorique.

Remihh | 11 mars 2009 à 12h38
 
 
Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:Re:rendement moyen en bio

Non, tu as lancé des affirmations, nuance.

Tu ne sais donc pas ce que c'est qu'un argument ?
En voici un exemple :
http://www.inra.fr/dpenv/pdf/lecond21.pdf
Tu peux t'amuser à comparer l'usage intensif/extensif de prairies.
Tu peux te référer à cette étude qui pointe la richesse des friches (fallow lands) :
http://dx.doi.org/10.1016/S0167-8809(02)00028-2
Ou à celle ci qui traite du compromis entre biodiversité et usage des terres, et mets encore une fois en avant les forêts et friches comme étant bien plus bénéfiques que les autres occupations des sols :
http://dx.doi.org/10.1016/S0959-6526(00)00026-3

"La France est le premier exportateur de denrée agricole de l'Union Européenne. C'est de Gaulle qui a fait le choix pour le pays d'une agriculture excédentaire et d'exportation "
encore et toujours le baratin de celui qui croit savoir...
http://faostat.fao.org/default.aspx
Onglet "trade", "Import Quantity Index " et "Export Quantity Index " : 103 contre 96.
La France exporte plus qu'elle importe en VALEUR, pas en quantité, ce que tu peux vérifier en tonnes dans l'onglet "tradestat", "crops and livestock products".

Tu vois comme des connaissances approximative, et une assurance trop grande peut tromper ?


L'agriculture biologique comme elle est définie dans le monde entier n'est pas une panacée.
Sélectionner les intrants non pas sur des critères rationnels et écologiques, mais sur un critère idéologique et flou (caractère "naturel") est un non-sens.

Une agriculture pour être durable et responsable doit avant tout savoir remplacer des intrants lorsqu'il en existe de plus durables, et poser des critères rationnels et basés sur des faits. Pas sur des croyances.

Ryuujin | 12 mars 2009 à 12h05
 
 
Re:Re:rendement moyen en bio

Salut, je fais un petit up sur le sujet..

3x moins de rendement et 3x plus de travail en bio qu'en conventionnel.. Ils sortent d'où c'est chiffre ?
Si c'était vraiment le cas le bio ne prendrai pas l'essor qu'il prend. Et cela fais longtemps que j'aurai arrêté de produire; je suis en moyenne montagne (en Ardèche), les meilleurs année je suis a égal avec les agriculteurs conventionnels pour l'orge. et je fais seulement 1 passage en plus.

En conventionnel les intrants sont la pour faire survivre la plante, alors qu'en bio les plants sont sains ou alors on ne ramasse rien, il n'y a que du préventif, les produit utilisés ne peuvent en aucun cas être comparé avec les traitement "tête de mort".

le bio, ce n'est pas revenir a l'époque de nos grand parents mais au contraire en sortir en arrêtant de croire les solutions miracle de certaines firmes. la recherche devrait plutôt se concentrés sur ce qui nous entoure et comprendre comment ça marche plutot que de vouloir remplacer la nature par des produits qui n'y ont pas leur place.

Tiewma | 04 janvier 2010 à 23h53
 
 

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