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Actu-Environnement

“ ''Si on supprime une forêt au profit de diester à base de colza, il faut 200 ans pour revenir à un bilan CO2 positif'' ”

L'Allemagne vient de suspendre son important projet de développement des agrocarburants. Leurs torts ? La première génération concurrence notamment les denrées alimentaires et contribue à la tension mondiale actuelle. Alors, quid du développement des carburants de substitution ? Précisions de Chantal Jouanno, nouvelle Présidente de l'Ademe.

Interview  |  Climat  |    |  Camille SaïssetActu-Environnement.com
   
“ ''Si on supprime une forêt au profit de diester à base de colza, il faut 200 ans pour revenir à un bilan CO2 positif'' ”

   
Actu-Environnement : Quelle est la légitimité de l'Ademe à se positionner sur le développement des carburants en substitution de ceux d'origine fossile ? Chantal Jouanno : En France, les énergies renouvelables relèvent de la mission de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, de même que la gestion des déchets et les questions de dépollution des sols, de qualité de l'air et le bruit. Avec un budget de plus de 53 millions d'euros par an en recherche pure, l'établissement public se doit d'apporter expertise et éléments chiffrés pour que l'Etat puisse arbitrer les choix politiques concernant le développement de ces secteurs tant au niveau national qu'international. Mon ambition est bien de la positionner dans ce rôle, et non pas comme arbitre au service des politiques. AE : Durant le Grenelle de l'environnement, une expertise sur le bilan écologique et énergétique des agrocarburants de première génération a été commandée à l'Ademe par le Comité opérationnel des énergies renouvelables et le ministère en charge de l'écologie. Le groupe Bioéthanol s'estime déjà satisfait des résultats de cette étude en terme de gains énergétiques et de réduction des Gaz à effet de Serre (GES) des agrocarburants. Pouvez-vous préciser ? CJ : Cette étude, pilotée par l'Ademe, a été confiée à un consultant et réalisée en partenariat avec le Meeddat, le ministère de l'Agriculture, l'Institut français du pétrole (IFP) et l'Office national interprofessionel des grandes cultures (Onigc). Elle sera rendue publique dans une quinzaine de jours. D'ores et déjà, je tiens à préciser qu'elle porte non pas sur des résultats, mais sur la méthodologie à appliquer pour établir le référentiel de rendement énergétique, d'émissions de GES et de polluants atmosphériques locaux des biocarburants. En 2002, une première étude de l'Ademe avait conclu au bilan positif des biocarburants en terme d'émissions de CO2 et de gain énergétique (60% pour le bioéthanol produit à partir de blé et de betterave et 70 à 75 % pour le diester produit à partir de colza et de tournesol). Mais alors, des divergences sont apparues entre les méthodes d'analyse du cycle de vie et du bilan environnemental des biocarburants déployées par les différents Etats membres de l'Union européenne. AE : Cette nouvelle étude permettra-t-elle de dépasser la polémique sur le bénéfice environnemental du développement des agrocarburants ? CJ : Cette étude montre que la production de biocarburants permettrait globalement un gain net d'émissions de GES. Mais il reste à compléter les données par une étude filière par filière, culture par culture, ce que nous allons proposer de faire. Le grand mérite de cette étude est de mettre en exergue l'enjeu majeur du changement d'affectation des sols, conformément au projet de directive européenne sur les biocarburants qui pose le principe d'interdiction du changement direct d'affectation des sols. Les jachères peuvent être cultivées. Mais si on transforme les puits de carbone que sont les prairies et les forêts en terres de culture pour des biocarburants, le bilan d'émissions de GES est très négatif. La généralisation de cette pratique à l'échelle de la planète soulève de grandes incertitudes quant à l'impact sur le changement climatique. Si on supprime une forêt au profit de diester à base de colza, il faut 200 ans pour revenir à un bilan CO2 positif. En France, nous n'avons pas eu besoin de mettre en culture des terres supplémentaires pour le développement des biocarburants. Nous n'avons pas non plus détruit des forêts ou des prairies pour trouver de nouvelles terres de cultures vivrières en remplacement d'autres dont la vocation aurait changé au profit des biocarburants. Par contre, nous ne savons pas ce qu'il en est au niveau européen de ces changements indirects d'affectation des sols, de ces effets dominos aux bilans CO2 très négatifs. AE : Quelles sont les autres nouveautés de cette étude ? CJ : Les impacts environnementaux et d'émissions de GES des biocarburants ne sont plus basés sur une allocation massique mais sur une allocation énergétique, comme dans le projet de directive européenne ou les méthodologies élaborées par l'Allemagne, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas. En d'autres termes, pour répartir les émissions de GES entre les biocarburants et les co-produits de fabrication (les tourteaux par exemple), on se base maintenant sur la consommation d'énergie nécessaire à leur production. Et puis, le GES qu'est le protoxyde d'azote lié à l'utilisation d'engrais est désormais pris en considération, avec comme base de référence le niveau établi par le Panel intergouvernemental sur le changement climatique (IPCC), soit 296 équivalent CO2. L'incertitude sur le calcul de ces émissions reste grande, de l'ordre de 5 à 10%. AE : Vous employez le terme de biocarburant qui suggère un carburant produit en agriculture biologique. Pour éviter cette confusion, pourquoi ne pas employer le terme d'agrocarburant ? CJ : Biocarburant est le terme employé dans les textes de loi et les réglementations, je me dois de m'y conformer. Cette question sémantique est profondément politique. Elle n'était pas dans le champ de l'étude, de même que les enjeux agricoles alimentaires et les impacts sur la ressource en eau du développement des biocarburants. AE : Où en est la normalisation des agrocarburants de première génération ? CJ : Au niveau international, les Etats-Unis et le Brésil ont pris le pilotage du groupe ISO. Au niveau européen, les Etats membres viennent d'adopter la proposition des Pays-Bas de constituer un groupe de réflexion sur la normalisation des biocarburants de première génération au sein du Comité européen de normalisation (CEN). Six critères de durabilité des biocarburants ont été retenus : les impacts environnementaux (incluant l'eau), le bilan gaz à effet de serre (objet de notre étude), la compatibilité avec les autres usages agricoles (alimentation, matériaux comme la paille pour les chaises), impacts sur la biodiversité, impacts environnementaux (en terme d'érosion des sols, de production de déchets, des besoins en eau et des émissions de polluants), le développement économique et le bien social. AE : Une seconde génération d'agrocarburants est évoquée. Ils seraient fabriqués non plus seulement à partir des graines et des plantes, mais aussi avec les matières organiques non comestibles des plantes dont la dégradation naturelle sur le sol participe à la constitution de l'humus nécessaire à leur régénération ou encore avec le bois des arbres. Où en est le développement de cette filière ? CJ : Selon le rapport Jarry, deux filières sont à l'étude : l'éthanol avec le projet pilote Futurol et le diester avec le projet Sofiprotéol en cours d'étude. Ces deux expérimentations permettront d'améliorer le bilan environnemental de ces filières et de constater le gain en terme de rendement énergétique. L'enjeu prioritaire de ces recherches est celui de la productivité. En effet, si l'on voulait substituer l'ensemble des combustibles fossiles consommés en France par des biocarburants de première génération, il faudrait développer à cette fin des cultures sur une surface équivalente à quatre fois celle de la France. AE : Où en sommes nous de la production des autres carburants de substitution que sont les huiles végétales pures et le biogaz ? CJ : Les huiles végétales pures présentent un problème d'émissions de polluants atmosphériques, mais le vrai sujet est plutôt mécanique. L'usage de l'huile végétale pure présente de vrais dangers pour les moteurs. Si un tracteur tombe en panne en plein champ, c'est simplement gênant ; c'est en revanche très grave s'il s'agit d'un bateau. La valorisation de la biomasse en biogaz et la méthanisation sont pour nous des priorités. L'Allemagne compte plus de 3.500 sites de méthanisation, la France six seulement. 128 projets à l'étude sont actuellement suivis par l'Ademe. Le Grenelle a posé l'objectif d'en financer 60 dans les trois ans à venir. Vous savez aussi que nous avons un rôle très actif dans le développement de la filière bois-énergie, dont nous avons augmenté les exigences en terme de polluants atmosphériques afin de préserver la qualité de l'air. Dès lors que l'on progresse vers l'objectif de production de masse, 23% d'énergie renouvelable en 2020, les exigences environnementales s'accroissent. C'est normal.

Réactions17 réactions à cet article

 
bois et pollution

"nous avons un rôle très actif dans le développement de la filière bois-énergie, dont nous avons augmenté les exigences en terme de polluants atmosphériques afin de préserver la qualité de l'air"
Comment? Y a-t-il plusieurs façons de brûler le bois? Je m'inquiète aussi de la pollution due à la multiplication du chauffage au bois. Mais comment réduire cette pollution?
Pourquoi la communication se fait-elle si mal sur tous ces sujets, alors que c'est si grave...?

MCD | 01 mai 2008 à 06h42
 
 
Re:respectons la langue française...

Il n'empêche que pour le commun des mortels, cela crée une confusion

MCD | 01 mai 2008 à 06h44
 
 
Re:Re:respectons la langue française...

Donc AGRO..... cela evite la confusion plus ou moins volontaire.... comme entre RENOUVELABLE et PROPRE.

Anonyme | 01 mai 2008 à 10h37
 
 
combustion du bois

Que devient donc l'argument "le bois en brulant dégage effectivement du CO² (comme toute combustion hors hydrogéne) "MAIS IL L'A ABSORBé AVANT"..... là aussi les evidences finissent par se faire leur place... laissons le bois continuer à absorber le CO².... meme s'il est préférable au petrole... cherchons à developper d'autres energies "renouvelables si possible" et "sans GES", et essayons d'y arriver avant le point de non retour!

Anonyme | 01 mai 2008 à 10h49
 
 
il faut prendre en compte le bilan humus dans le s

ce qui est important pour le futur, pour la capacité des sols à produire, soit de la nourriture, soit des agrocarburants, c'est la teneur en humus. Or, lorqu'on brûle une récolte, on ne c ompense pas la perte annuelle d'humus. On avait réussi à dissuadre les agriculteurs de brûler les résidus de récolte dans les champs et voilà que l'on parle de brûler dans les moteurs ces récoltes!

violette | 01 mai 2008 à 10h55
 
 
Mensonges et absurdités

J'aimerai rappeler à tous ces ingénieurs de l'Ademe qui ne manqueront pas de lire l'interview de l'une des leurs, que l'ADEME signifi(ait?) Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie.

Avant de vouloir pousser à compenser ces énergies fossiles par du solaire, du bois ou de ces pompes à air, peut être feraient ils mieux de MAITRISER l'énergie.

Favoriser le crédit d'impôt pour les solutions d'isolation et arrêter de nous bassiner sur les agrocarburants ou biomasse, le solaire et la pompe à chaleur ! Si la maison brûle, c'est parce que ce gardien regarde ailleurs et a oublié son rôle : Réduire les consommations d'énergie au lieu de suppléer la demande !!!!

Electron | 01 mai 2008 à 12h03
 
 
La sémantique

La sémantique est le poison de l'esprit, mais parfois non. Parce que, si le terme réglementaire est biocarburant, sans faire du "bio " pur, il devient évident que la culture pour biocarburant peut se passer de pesticides ou d'intrants.

René-Pierre | 01 mai 2008 à 12h06
 
 
Re:Mensonges et absurdités

En relisant la deuxième réponse de la présidente (??); j'apprends que :

"Cette étude, pilotée par l'Ademe, a été confiée à un consultant et réalisée en partenariat avec le Meeddat, le ministère de l'Agriculture, l'Institut français du pétrole (IFP) et l'Office national interprofessionel des grandes cultures (Onigc). Elle sera rendue publique dans une quinzaine de jours. D'ores et déjà, je tiens à préciser qu'elle porte non pas sur des résultats, mais sur la méthodologie [...]"

Ouf, on ne sait pas qui a réalisée l'étude (cabinet ??), mais ce qui est sur c'est que l'IFP et ONIGC n'ont aucun lien avec les conclusions de cette "méthodologie".

Ajoutons qu'ici seule la méthode est discuté et que le fond une fois de plus n'est pas approché. Tant mieux, nous serons bon pour financer d'autres études ! Gabegie d'énergie et dépenses de finances, serait-ce une nouvelle orientation pour cette agence ?

Si vous lisez mon propos, je vous invite à rapidement corriger l'orientation de votre stratégie pour ses missions premières : Maîtrise de l'énergie (et au passage, réduction). Agissez et arrétez de financer des BET ou autres projets d'EnR à la ...

Electron + ou - libre | 01 mai 2008 à 12h13
 
 
Re:La sémantique

On parle dorénavant d'agrocarburants en lieu et place du bio.

Pour revenir à la sémantique, Bio signifie "vie" et non "pur" comme l'ignorance Française tant à le faire croire. De fait, tout ce qui est vivant est bio, n'en déplaise. J'ajouterai que le pétrole est à l'origine constitué de matière vivante, morte puis lentement transformée.

Electron + ou - libre | 01 mai 2008 à 12h17
 
 
HVP, problème mécanique!!!

Le problème des HVP est un probléme de mécanique, merci chantal pour cet éclaircissement! Moi qui croyait que c'était juste un pb de taxe et de circuit court producteur-consommateur!!! C'est pour ça que j'ai déja réalisé plus de 300000 km. à l'huile, mais chut, ne réveillons pas ces ingénieurs et décisionnaires grassement payés pour débiter de telles absurdités... Juste pour info, lisez donc le bouquin proposé sur ces mêmes pages concernant l'huile, vous comprendrez! Je crois qu'il va falloir envoyer un exemplaire à l'attention d'une certaine Chantal...

fab09 | 01 mai 2008 à 12h36
 
 
Re:Mensonges et absurdités

vous avez complètement raison. Si j'ai parlé de l'humus, c'est pour montrer en plus l'ignrance scientifique de tous ces gens qui veulent parler des agrocarburants!
Violette

violette | 01 mai 2008 à 13h32
 
 
Lobbying sur des sujets si importants?Mais non!!

Une étude qui " ne porte que sur la méthodologie" et "non sur les résultats " mais" permet déja de conclure "un gain net d'émissions de GES grace à la production d'agrocarburants"!!!
L'Institut Français du Pétrole(défense des intèrêts des industries des carburants) et l'Office National Interprofessionnel des Grandes Cultures ( défense des intèrêts des "gros" agriculteurs et agro-industriels de transformation) ont fait du bon boulot (de lobbying...) en nous donnant sous la responsabilité "d'un cabinet de consultant(!!!) et de l'ADEME"(mission de maitrîse de l'énergie...) la réponse à 1 question qui n'est pas l'objet de l' étude. Bravo! Nous avons en France des organismes de recherche (INRA, CNRS) dont on peut espérer pour qq temps encore qu'ils soient impartiaux . Que disent les chercheurs travaillant sur le sujet.? Je m'y fierais plus qu'à un cabinet de consultant dont le nom reste inconnu...et aux partenaires de l'ADEME dans cette affaire ... et quid de niveau de subvention qui aiguise l'appétit desdits partenaires?

Avélo | 01 mai 2008 à 15h07
 
 
Re:HVP, problème mécanique!!!

J'ai lu qqpart que les moteurs se détérioraient plus rapidement avec les mélanges bioéthanols et autres diesters... Mais Chantal n'en parle pas...

Avélo | 01 mai 2008 à 15h12
 
 
Re:Re:HVP, problème mécanique!!!

En tout cas, mes 2 moteurs à l'huile, une R21 de 400000 km. (revendue au directeur d'un point info énergie, ça ne s'invente pas!) et ma Clio II actuelle n'ont pas vraiment l'air de se dégrader...Bien au contraire, on me demande ce que j'ai mis dans mon moteur pour avoir une telle pêche! Couple, reprise supérieures, consommation en moins, que demande le peuple!

fab09 | 02 mai 2008 à 08h09
 
 
Une vision réaliste des développements possibles

J’essaie de suivre, avec beaucoup de mal, les différentes avancées en termes d’énergie renouvelable. Il y a tant de thèses qui se contredisent qu’on s’y perd.
J’espère que Mme Chantal JOUANO, nouvellement nommée à l’Ademe aura pour ambition de remettre de l’ordre dans tout ça pour avoir une vision réaliste des développements possibles, loin du discours politiquement correct ou sous influence des lobbies.
Il est impératif de prendre en compte tous les impacts environnementaux du développement de chaque énergie renouvelable, mais aussi leurs possibilités d’exploitation.
Il me semble que la France et l’Europe accuse un retard considérable dans ses offres.
Exemple : quelle alternative pour les moteurs à puissance industrielle ?, ...
Cordialement,

Cathy D. | 03 mai 2008 à 12h48
 
 
HVP problème mécanique !!!

Mais de qui se moque cette dame :
- il y a qq années l'INRA de Montpellier a fait une étude comparative sur 2 tracteurs fonctionnant à l'HVP. Résultats : après 2 mn de chauffe, même conso, même rendement, pas de Pb mécaniques ==> question : l'INRA fait-il partie de ces écolos cheuveux longs qui sont suspects dès qu'ils s'expriment?
- de très nombreux paysans en France font déjà marcher leurs tracteurs à l'huile ==> sont-ils tous des inconscients? Le lobby des écolos est-il si puissants qu'il ait réussi à les convaincre tous ensemble par un coup de baguette magique de rouler à l'huile?
- nous sommes nombreux à rouler en voiture avec de l'HVP ou de l'huile mélangée au gasoil
Que de couleuvres nous fait -on gober pour protéger des intérêts partisans, et pour préserver le remplissage des caisses de l'état par le biais des taxes sur les carburants

cactusquipique | 16 mai 2008 à 16h12
 
 
pourquoi supprimer une forêt ?

Ce propos de supprimer une forêt est absurde.
Il suffit de vouloir faire autrement en se disant pourquoi pas, c'est possible.
Il faut déjà parler de biodiesel, plutôt que de biocarburant.
Je suis prêt à en parler avec tout responsable qui le souhaitera.
La solution n'est pas exclusive, mais elle permet de lutter contre la déforestation, tout en apportant un développement agro-industrielle, utilisant des terres à usage non agricole.

Anonyme | 05 octobre 2008 à 12h45
 
 

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