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Qualité de l'air dans les écoles : 30% des élèves exposés à la pollution

Selon une étude de l'Inserm rendue publique le 29 mars, 30% des enfants suivis étaient exposés à des niveaux de polluants supérieurs aux valeurs guides de l'OMS et de l'Anses.

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L'équipe épidémiologique des maladies allergiques et respiratoires d'Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche Inserm, a publié le 21 mars dans la revue Thorax les résultats de son étude sur la qualité de l'air intérieur dans les écoles.

Plus de 400 classes étudiées

"Les enfants sont plus sensibles aux effets de la pollution de l'air que les adultes", rappelle l'Inserm. La pollution de l'air intérieur peut entraîner des problèmes de santé tels que la congestion nasale, des irritations de la peau et des yeux, des réactions allergiques, de l'asthme, des maux de tête, de la fatigue, des vertiges ou encore des nausées. Or, "dans les pays industrialisés, les enfants passent environ 80% de leur temps à l'intérieur, une grande partie à l'école", précise l'Institut.

"L'intérêt de notre étude est de disposer de données sur un nombre important d'enfants répartis sur l'ensemble des régions de France métropolitaine", explique la chercheuse. Les relations entre la pollution de l'air intérieur des écoles et la santé allergique et respiratoire des enfants scolarisés n'ont en effet été que peu explorées.

L'étude a été menée dans six villes de France : Bordeaux, Clermont-Ferrand, Créteil, Marseille, Strasbourg et Reims. Elle a porté sur 9.590 enfants âgés de 10 ans en moyenne répartis dans 401 classes de 108 écoles primaires.

L'objectif de l'étude consistait à évaluer l'exposition de ces enfants aux principaux polluants atmosphériques des classes et à analyser le lien avec l'asthme et les rhinites développés.

Les chercheurs ont analysé pendant une année scolaire les concentrations de différents polluants atmosphériques : particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètre (PM2.5), dioxyde d'azote (NO2) et trois aldéhydes (formaldéhyde, acétaldéhyde et acroléine). Les particules fines et le NO2 "proviennent essentiellement de la combustion automobile et peuvent rentrer par transfert (en ouvrant les fenêtres) à l'intérieur des locaux", rappelle l'Inserm. Les aldéhydes, quant à eux, sont des polluants intérieurs issus de nombreuses sources : produits de combustion (cigarette, bougies, encens, cheminée, cuisinières à gaz), de construction et de décoration (bois, parquets stratifiés, colles de moquettes, papiers peints, vernis, mousses isolantes), d'entretien (détergents, désinfectants, lingettes) et de traitement (insecticides)…

"En parallèle, l'équipe de recherche a étudié les signes cliniques des enfants grâce aux données recueillies lors d'une visite médicale comportant aussi un test cutané aux 11 allergènes les plus communs (acariens, chat, pollens…) et un test d'exercice permettant de détecter l'asthme à l'effort", ajoute l'Institut. Ces données ont été complétées par un questionnaire rempli par les parents.

Augmentation de la prévalence de l'asthme et des rhinites

Que montre l'étude ? Trente pour cent des enfants sont exposés à des niveaux de polluants supérieurs aux valeurs guides de l'OMS et de l'Anses. Mais ils n'y sont pas exposés de la même manière.

"L'exposition à des concentrations élevées de particules et composés organiques volatils est associée à une augmentation de la prévalence des signes cliniques de l'asthme et des rhinites chez les enfants scolarisés. Les enfants sujets aux allergies semblent les plus à risque", révèle Isabella Annesi-Maesano.

Les résultats montrent, de façon plus détaillée, que les rhinites sont associées de manière significative à des taux forts de formaldéhydes. Une augmentation de la prévalence de l'asthme est en revanche observée dans les classes avec des taux élevés de particules fines PM2.5, de formaldéhyde, et d'acroléine. "La relation entre la mauvaise qualité de l'air et l'asthme concerne le plus souvent l'asthme de type allergique défini par le test cutané", précise l'étude.

"La mauvaise qualité de l'air intérieur pourrait à terme détériorer la santé allergique et respiratoire des enfants qui passent en moyenne 8h par jour à l'école. Il est donc important de maintenir une bonne qualité de l'air en classe. Cela permettrait de limiter les risques de développer les signes cliniques des rhinites et de l'asthme. Cette action doit être accompagnée par une surveillance stricte de l'exposition des enfants aux polluants à la maison et à l'extérieur", conclut l'équipe de recherche.

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