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Pesticides : une différence bien réelle entre les aliments bio et non bio

Générations Futures a comparé les teneurs en résidus de pesticides des fruits, légumes et céréales provenant de l'alimentation conventionnelle avec ceux issus de l'agriculture biologique. Résultat : 223 fois moins de pesticides dans le bio !

Agriculture  |    |  Actu-Environnement.com

Après avoir réalisé une enquête sur la présence de substances chimiques dans les aliments traditionnels fin 2010, l'association Générations Futures a souhaité cette année renouveler l'expérience avec des produits issus de l'agriculture biologique, et ce, en se concentrant uniquement sur les résidus de pesticides. Cette étude répond ainsi aux interrogations de certains consommateurs qui se demandent s'il existe réellement une différence entre des aliments bio et non bio.

En décembre 2010, l'analyse des aliments non bio composant les repas types d'une journée d'un enfant de dix ans avait révélé la présence d'un certain nombre de substances. Au total, "128 résidus chimiques représentant 81 substances chimiques différentes dont 47 substances différentes cancérigènes et 37 perturbateurs endocriniens suspectés ont été identifiés en une seule journée", indique l'étude, tout en soulignant que la palme a été attribuée aux pesticides avec 36 molécules différentes ingérées en une seule journée dont 17 cancérigènes et perturbateurs endocriniens.

 
Toxique et pourtant autorisé dans l'agriculture biologique Le piperonyl butoxyde ou PBO est un synergisant autorisé en agriculture biologique, uniquement pour le nettoyage des lieux de stockage vide des céréales. Ajouté à un pesticide naturel comme le pyrèthre, ce produit chimique de synthèse accroit la toxicité des ingrédients actifs rendant ainsi le pesticide plus mortel. Mais, le PBO peut également compromettre les mécanismes de détoxication des espèces non ciblées, y compris les humains. Certaines études de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont ainsi révélé que ce produit pouvait être toxique par inhalation, par contact avec la peau et en cas d'ingestion. Logiquement ce produit ne devrait pas être en contact direct avec les céréales, mais les résultats obtenus montrent le contraire. Générations Futures souhaiterait que cette molécule, au vue de ses propriétés, ne soit plus autorisée en bio.
 
Caractériser la présence de pesticides dans l'alimentation bio

Menées entre septembre et décembre 2011, l'acte 2 de cette enquête a consisté à analyser la présence de résidus de pesticides dans des produits issus de l'agriculture biologique et à comparer les résultats obtenus avec ceux de la première phase. En effet, la grande différence entre les pratiques culturales ainsi que de stockage des aliments bio et non bio réside avant tout dans l'usage ou non de pesticides de synthèse. "La majorité des autres polluants que nousavions trouvé dans nos menus toxiques étaient des polluants environnementaux contrairementaux pesticides de synthèse qui sont épandus volontairement sur les cultures", détaille Générations Futures.

Réalisée par Fytolab, un organisme certifié par les autorités de plusieurs pays européens dont la France, l'analyse des aliments bio a mis en avant l'absence de pesticides dans les fruits et légumes alors que 37 résidus, correspondant à 27 molécules différentes, avaient été trouvés dans des aliments traditionnels. D'un point de vue plus globale, "il y a 223 fois moins de résidus de pesticides en moyenne dans les aliments bios analysés que dans les aliments conventionnels", précise l'étude. Par ailleurs, par rapport aux 17 résidus de pesticides suspectés d'être cancérigènes ou perturbateurs endocriniens identifiés l'année dernière, cette nouvelle analyse n'en a détecté qu'un seul dans le bio, le piperonyl butoxyde (PBO).

Des résultats indiscutables en faveur du bio

"Ces éléments montrent clairement que la non présence de résidus de pesticides dans les aliments bio garantit le consommateur des risques éventuels dus à la présence de nombreux résidus de pesticides dans les aliments conventionnels dont certains sont suspectés d'être cancérigènes ou pouvant perturber le système endocrinien", déclare François Veillerette, porte parole de Générations Futures. Pour l'association, cette enquête, même si elle ne prétend pas refléter exactement l'état moyen de contamination des aliments en France, atteste du travail sérieux réalisé par les agriculteurs, les transformateurs et les certificateurs dans la production de produits bio. En outre, ces résultats contrediraient également les sceptiques qui avancent que les champs bio sont souvent contaminés par des pesticides pulvérisés sur les champs conventionnels.

Réactions13 réactions à cet article

 

Attention! Cette façon de présenter les résultats discrédite au final l'intention d'alerter sur l'usage des pesticides.

Le rapport de synthèse des résultats de l'étude précise que "les résultats contenus dans ce dossier n’ont pas de valeur statistique significative au regard du faible nombre d’échantillons analysés, mais sont illustratifs de la problématique traitée." De plus, on ne connait pas le nombre d'échantillons et les échantillons n'ont pas toujours de source indiqué. Le choix d'origine des échantillons non-bio "brésil" pour les pommes par exemple, donnent à penser que les échantillons choisis sont bien orientés à la base.. Il n'est pas difficile aujourd'hui de trouver des pommes non bio de France.

Bref, le rôle d'alerte le générations Future est bien réussi, mais pour autant, cela reste une alerte, et non pas une preuve scientifique avérée de la différence entre produits bio et non bio.
Donc le titre et le contenu de l'article ne me paraissent pas du tout adaptés, voire même faux. On ne peut pas titrer l'article ainsi "Pesticide, une différence bien réelle entre le bio et le non bio". Générations Futures devrait plutôt se servir de cette étude pour lancer l'alerte, en disant qu'il y a besoin d'étude plus poussée pour démontrer cette différence.

maud | 21 décembre 2011 à 10h12
 
 

En même temps ces résultats sont logiques sachant que les pesticides de synthèse sont interdits en agriculture biologique...

Pas de donnée sur les résidus de cuivre, d'oxychlorure de cuivre? Sur la présence d'huiles minérales? de permanganate de potassium? d'azadirachtine? Ah oui forcément, ce sont des produits "naturels" donc "sains et bon pour la santé"...

La même "enquête" focalisée sur les mycotoxines serait intéressante ceci-dit.

NOAEL | 21 décembre 2011 à 10h20
 
 

On aurait pu s'attendre à un "infini pourcent" d'écart entre conventionnel et bio. En effet, dans l'esprit du consommateur moyen, le bio a zéro pesticide; et zéro par rapport à x (quelque soit x) ça fait l'infini... Dans ce sens, 223 fois moins peu paraître très peu à certains.

Christian | 21 décembre 2011 à 13h03
 
 

Je partage complètement l'analyse de Maud. C'est du "faux scientifique".
Il serait intéressant aussi de savoir qui financé cette étude car l'association Génération Future qui ne réunit que peu d'adhérents (Elle proteste car elle est exclue de par son nombre insuffisant d'adhérents d'une reconnaissance officielle par les pouvoirs publics) n'a probablement pas les moyens financiers de payer cette étude de laboratoire avec ses seules cotisations.Il lui a sans doute fallu une aide qui, en toute logique, devrait provenir du lobby pro bio ( 3,4 milliards de chiffre d'affaires).

gilook | 21 décembre 2011 à 19h56
 
 

Maud et Gilook, juste pour vous dire que c'est un article destiné à informer le grand public. Ceux qui n'ont pas directement accès aux publications scientifiques. Un moment ou un autre il faut laisser tomber la mauvaise fois et voir la réalité en face. Même si le Bio n'est pas exempte de trace de pesticide, il contient forcément moins que le conventionnel! Le problème ne réside pas dans la recherche de la source de financement des analyses, mais dans la présence des pesticides dans les aliments et dans tous les compartiments de l'environnement (eau, air et sol)! Ce qui laisse entendre des impacts sanitaires (bien sur pas encore montré scientifiquement sur l'homme (comme l'amiante à une époque!!)) par ingestion, inhalation et contact cutané (différents organes vitaux seront touchés suivant la voie de contamination). Je crois qu'il faut des études qui intègrent toutes les voies de contamination afin de donner une vision intégrée et mettre en relief la problématique des l'usage intensif des pesticides.
(Vraiment sans polémique)

consommateur | 22 décembre 2011 à 10h21
 
 

C'est une Lapalissade!!! (mais beaucoup ne voient toujours pas la réalité, aussi évident qu'elle soit)

tiranokku | 22 décembre 2011 à 10h30
 
 

Encore un article orienté ; nous le grand public alarmé, apeuré par des procédés dont nous ignorons tout. Reach, selon votre site, aurait préenregistré 150 000 substances chimiques. Les pesticides, environ 400, ultra coupables ; rien sur la globalité de l’immense masse polluante ou si peu. Rien sur les travaux officiels : EFSA, ANSES, AGRICAN etc...Ses oublis, dans un tel article, seraient ils anodins ? Quelle est la qualité d’une telle alerte ? Où s’arrête l’information et où commence l’instrumentalisation ? Qui en a contrôlé la pertinence avant édition ? Aucune référence sur la santé végétale. Ici on joue avec notre bonne foi. Système de communication restrictif, avec des présupposés, des non dits... Le bien contre le mal. Trop de certitudes polluées par des méthodes non vérifiées. De la surenchère ?
Un militantisme exigeant devrait d’abord l’être avec lui-même ; l’élégance du geste a besoin de plus de réalisme et d’une vision systémique. En tant que client, nous y avons droit ou faut-il en douter ? Nous ne sommes pas des drogués, prêts à nous aplatir devant des peurs supplémentaires. L’agriculture n’est pas un parc d’attraction pour alarmistes en mal d’utilité et notre capacité à tout entendre n’est pas un terrain de jeu pour nous faire avaler des propos trop bien communiqués pour être acceptés sans broncher. A qui cela profite-t’il ? Pour agir ainsi, il faut que les auteurs profitent de sacré protections et passe droits. Ca, oui ! Cà m’inquiète.

PeuImporte | 22 décembre 2011 à 16h44
 
 

Attention : il me paraît un peu hasardeux de faire de grands titres sur "une étude dont les résultats n'ont pas de valeur statistique". On s'approche vite des "discussions du café des commerces" qui discréditent la démarche. Il y a, je trouve, trop d'éléments de méthode très discutables : quel est l'échantillon et sa représentativité? peut-on comparer des séries d'analyses alors même qu'on ne travaille pas du tout sur les mêmes éléments, nature des composés analysés, origines des produits, type de produits (plus ou moins élaborés), etc...
En bref, je renverrais plutôt sur les enquètes annuelles de la DGCCRF, plus sérieuses sur le plan des méthodes....

JL | 23 décembre 2011 à 13h15
 
 

Les réflexions critiques sur l'article n'étonnent personne, car bien le reflet
de l'esprit français! Râleur, tourner autour du pot ,satisfait d'avoir pu exprimer son opposition ou sa critique constructive , voire agressive,
bref, peu partisan du slogan: Qui n'avance pas, recule! mais très favorable à la Réunionite! Alors, pour ou contre le BIO? Réponse dans un siècle ou pas du tout, puisque ,dans ce domaine aussi, le fameux
Risque 0 n'existe pas non plus, et c'est la faute ,parait-il au vent , à la
pluie , à l'éternel chasse au Rendement ? Le bon sens voudrait que
manger des produits contenant moins de ces pesticides connus ,
est une garantie de meilleure santé ,donc de longévité! Mais, ça, c'est
une autre histoire.

arthur | 26 décembre 2011 à 16h20
 
 

Manger des produits de l'agriculture biologique ce n'est pas seulement s'occuper de sa petite santé comme voudrait nous le faire croire la pensée dominante, c'est aussi penser à nos rivières à nos sols à la biodiversité de notre pays.Le pire des défauts de l'agriculture conventionnelle c'est qu'elle croit que les sols fertiles le restent quelque soit ce que l'on leurs fait subir, la terre est un substrat stérile qui sert uniquement de support aux plantes qui se gavent d'engrais chimiques, sans végétaux en décomposition sur la roche il n'y aura que de la roche plus ou moins fragmentée, tout à fait adapté aux mousses lichens et autres cactés pas du tout à nos plantes gourmandes.On peut se moquer des agrobiologistes avec leur fameux compost pourtant c'est eux qui ont tout compris.regardez les champs labourés dans les grandes plaines céréalières et vous constaterez que cela ressemble à une carrière de graviers blancs, de moins en moins de terre, de plus en plus de cailloux, plus le temps passe plus les sols s'appauvrissent, plus il faut d'engrais plus il faut de pesticides plus il faut d'eau et plus les rivières sont polluées et à sec! Le tout avec les subventions, la bénédiction des soit disant experts et spécialistes à grenoble.Bientôt plus besoin de s'expatrier pour trouver des météorites dans les déserts, c'est le seul point positif, d'autant que les météorites c'est comme l'argent très nutritif.

technocrate137 | 03 janvier 2012 à 19h00
 
 

Seulement 223 fois! Je suis fort déçu, étant persuadé que c'était au moins 859 fois...
Vive les études de cabinets verts! Consultant vert ou "éco-consultant" est le nouveau green-job tendance prévu par le Grenelle, comme "calculateur de bilan-carbone", c'est merveilleux !
Tous consultants pour réaliser de belles études comme ça...

Albatros | 03 janvier 2012 à 19h18
 
 

Le lobby probio représente 3,4 milliards de chiffre d'affaires, dites vous. Et le lobby propesticides? Combien de milliards? quand le jeu sera équilibre, que les nappes phréatiques seront décontaminées par les firmes vendant pesticides et autres OGM insensibles au round up, alors on pourra s'inquiéter du monstrueux lobby pro agriculture bio. Pour le moment avec moins de 4% de la superficie agricole utile, il me parait plutôt nécessaire de sommer ce lobby. Je pense bien sur aux agriculteurs et aux exploitations petites et moyennes et non pas aux industries et autres distributeurs qui s'engraissent sur le dos de ceux qui produisent notre nourriture a la sueur de leurs front. A bon entendeur...

Correction gilook | 24 février 2012 à 14h50
 
 

Cette "étude" est en contradiction avec une étude récente anglaise (2009) peer-reviewed, et réalisée à partir de la compilation de 52 471 articles desquels sont ressorties 162 études qui répondaient aux critères scientifiques sérieux définis par l'équipe des auteurs. Il ne suffit pas d'affirmer sur la base d'une comparaison sans valeur statistique : il faut aussi prouver, ce qui est une autre paire de manches.
Finalement, le présent article est contre-productif.

Pierre-Ernest | 06 mai 2012 à 10h49
 
 

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