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Alternatives aux pesticides en agriculture : pas si simple de passer à l'acte !

Depuis le plan Ecophyto, les filières agricoles tentent de relever le défi de réduire l'utilisation des pesticides avec des résultats encourageants pour certains mais insuffisants. L'enjeu est de taille car il nécessite une révolution des pratiques.

Reportage vidéo  |  Agriculture  |    |  Actu-Environnement.com
Alternatives aux pesticides en agriculture : pas si simple de passer à l'acte !

Le plan Ecophyto 2018 lancé en 2008 à l'issue du Grenelle de l'Environnement vise à réduire de 50% l'utilisation des produits phytosanitaires dans l'agriculture. Dans sa rédaction dans la loi Grenelle 1 cet objectif est assorti d'un "si possible". Une précision rédactionnelle qui prend tout son sens lorsque les agriculteurs veulent passer à l'action.

Au sein du réseau des fermes Dephy, 2.000 agriculteurs volontaires mettent en place une gestion "intégrée" de leurs parcelles et tentent de réduire la fréquence des traitements et limiter la panoplie de produits. Certains ont déjà des résultats : -30% sur les trois dernières années. Choisir des semences adaptées, bannir l'utilisation de régulateurs de croissance, semer plus tard, allonger les cycles de rotation des cultures… les agriculteurs ont à leur disposition tout une batterie de solutions alternatives. Mais ces pratiques nécessitent des remaniements importants au sein de l'ensemble de la filière. Par exemple, augmenter la rotation et la variété des cultures de céréales sous-entend des installations de stockage adaptées et de nouveaux débouchés.

Ceux qui ont choisi d'aller plus loin en bannissant totalement ces produits via l'agriculture biologique sont aussi confrontés à des difficultés non négligeables : outils spécifiques, nouvelles méthodes de travail, charge de travail décuplée… de quoi mettre à l'épreuve les plus convaincus.

Des pesticides omniprésents au quotidien

Cette utilisation intensive des produits phytosanitaires en agriculture depuis les années 70 aboutit aujourd'hui à une contamination des milieux et par conséquent à la présence de pesticides dans l'alimentation, dans l'eau mais aussi dans l'air. Or, il n'existe pas encore de réglementation concernant la présence de pesticides dans l'atmosphère. Certaines associations de surveillance de la qualité de l'air, notamment en Rhône-Alpes, ont commencé à les mesurer mais pour l'instant très peu de données épidémiologiques sont disponibles. Ces travaux permettront à terme de mieux connaître les relations exposition-effet sur la santé et de mettre en place une réglementation spécifique.

Réactions17 réactions à cet article

 

Une suggestion, les semences Bt (OGM) là où elles sont autorisée ont permis l'économie de 500 000 tonnes de matières actives soit 7%.
Quant à l'Agriculture Biologique, elle utilise aussi de nombreux produits phytosanitaires. En consultant le "Guide des Intrants utilisable en AB", guide officiel du ministère de l'agriculture, on découvre une large palette de produits . Ainsi par exemple, pour la lutte contre les vers des pommes (carpocapse) 110 spécialités sont disponibles et proposées par des fournisseurs aussi poétiques que Dupont, Syngenta, Dow, Sumitomo.

VD69 | 28 mars 2013 à 13h19
 
 

je m'étonne de vous voir évoquer "ceux qui ont choisi d'aller plus loin en bannissant totalement ces produits via l'agriculture biologique" : en effet l'agriculture biologique ne bannit pas l'usage des pesticides, elle en restreint la liste aux pesticides d'origine naturelle ou issus de la chimie minérale. De plus pour certaines culturs, comme la vigne, l'utilistion de la seule bouillie bordelaise comme fongicide antimildio se traduit par une hausse des tonnages utilisés à l'hectare, par rapport aux fongicides de chimie organique.

jardinier | 28 mars 2013 à 14h41
 
 

DE plus, depuis 20 ans, les substances les plus dangereuses ont été retirées du marché et aujourd'hui les traitements se font à des doses deux à dix fois inférieures à celle des années 70 à 90. Il n'y a qu'à se balader dans les champs entre la mi mai et la fin juin pour voir toute la variété des insectes et arachnides présents dans les champs du fait de la diminution des phytosanitaires. Surtout que la plupart d'entre eux respectent aujourd'hui les auxiliaires (coccinelles, syrphes et autres).

RICDAM | 28 mars 2013 à 14h49
 
 

Et considérer une autre forme de culture? Instaurant un biotope autorégulateur utilisant d'autres moyens, comme les associations de plantes, de fleurs et d'aromatiques? Certes, valable uniquement d'une optique de prévention et sur de plus petites surfaces, cependant bien plus biologique.
La nature fait votre travail. Ici, je constate que la vision de l'agriculture reste dans la croyance de nécessité de domination, c'est à dire, de régulation humaine. Cependant, si l'on transformait déjà une monoculture, ou de grandes surfaces d'une seule plantation, en les séparant, la raison du problème est déjà trouvée. Il ne reste plus que la solution :)

“ On ne peut pas résoudre un problème avec le même type de pensée que celle qui l'a créé. ” A.Einstein

Références : Masanobu Fukuoka

ENJA | 29 mars 2013 à 10h34
 
 

Bonjour VD69, vous avez une vision étonnante des choses, ce n'est pas parce que des substances sont autorisées qu'elles sont utilisées. Quand à la diminution des matières actives je crois qu'elle est plus due à un PB de coût que de préoccupation écologique, car avec l'arrivée des OGM, si je suis bien informé, il me semble que les agriculteurs ont souvent augmenté les doses de pesticides car ils savaient que leurs plantes ne craignaient rien. Alors saluons plutôt ces 2000 agriculteurs qui ont le courage de remettre en question leurs pratiques pour le bien de tous et plus particulièrement les agriculteurs bio qui acceptent de consacrer au moins 3 ans à leur reconversion pour obtenir le label.

Abeille | 29 mars 2013 à 17h33
 
 

Apparemment la cogestion avec la FNSEA lobbyiste n’est plus de mise au ministère de l'agriculture qui laisse entendre qu'un autre modèle agricole agroécologique est à mettre en place ! Le changement démocratique serait’ il enfin en marche avec M. Le Foll ?

En tout cas les moyens se mettent en place :

- l'ITAB est enfin soutenue financièrement par le ministère de l'agriculture, agroécologie oblige !

- L'ASPro PNPP signe une convention d'expérimentation " alternative aux pesticides " avec le lycée agricole de Neuvic administré en comité de pilotage !

Les preuves officieuses vont enfin devenir officielles !

Eau Pure | 29 mars 2013 à 19h05
 
 

On connait la boutade :
Dans un champ de maïs ,combien d'espèces vivantes ?
Deux : le maïs et l'agriculteur sur son tracteur . Le reste a été exterminé.

sirius | 30 mars 2013 à 17h04
 
 

ABEILLE a des référence courte sur les agriculteurs qui résonnent. Depuis plus de 20 ans, je pense que nous en sommes aujourd'hui à plus de 20% des agriculteurs qui ont remis leurs pratiques en question et particulièrement les jeunes (-35 ans). Ce qui fait qu'il y a environ 50 à 60 000 exploitations agricoles (sans compter les bio) qui ont une démarche écologique.
Quant aux ogm. Une étude sino-franco-européenne a montré que l'utilisation du Coton Bt en Chine depuis 1992 et jusque 2011 (fin de l'étude), a montré une baisse significative des insecticides utilisés et voir une disparition et une augmentation des auxiliaires qui luttaient contre les insectes nuisibles au coton à tel point qu'en 2009, 2010 et 2011, aucun insecticide n'avait été utilisé sur ces surfaces qui en vingt ans avaient triplé.
Quant à la boutade d'eau pure, elle était vrai il y a quinze ans. mais depuis la disparition des herbicides agressifs (atrazine (2002), simazine (1999)), il y a une augmenation de la biodiversité significative et même si elle est moindre que pour les blés, elle est réelle et mesurable.

RICDAM | 02 avril 2013 à 12h10
 
 

Bonjour Ricdam,
Juste une précision, le chiffre de 2000 agriculteurs que je citai est une simple reprise du chiffre donné dans l'article ci-dessus. Je vous remercie d'indiquer que ce sont en fait 20% des agriculteurs qui ont adopté une démarche écologique et j'espère simplement qu'il représentent également au moins 20% des terres cultivées, ce que serait magnifique par rapport à ce qui se passe dans de nombreuses professions.
Pour les OGM en Chine, j'espère simplement que l'étude que vous citez provient de laboratoires indépendants et non de l'enfumage habituel des producteurs d'OGM, car si tel est le cas c'est une excellente nouvelle qu'OGM et biodiversité fasse si bon ménage.

Abeille | 02 avril 2013 à 16h27
 
 

@RICDAM

J'ai une nouvelle boutade pour vous ! A méditez afin de ne plus désinformer !!!

Encore un exemple concret de manipulation par les lobbys, la réduction des pesticides grâce aux plantes OGM ! Malheureusement pour eux, les invasives de dame nature n'aime pas les mensonges !!!

- Résistances aux herbicides et OGM : la fuite en avant des semenciers...par Eric MEUNIER , mars 2013

- OGM : la tolérance aux herbicides, une « innovation » non pérenne
par Eric MEUNIER , février 2012

Eau Pure | 02 avril 2013 à 19h57
 
 

Les laboratoires français sont l'inra et le cirad et ce sont des départements de toxicologie et au niveau des usa c'est l'Usaid (en charge de l'aide "humanitaire" des Etats unis. Aucun de ces laboratoires et surtout pas le chinois qui dépend du ministère de l'agriculture chinois qui pourrait vite boycotter les ogm amériains ou autres (syngenta est suisse et non pas américain).

RICDAM | 02 avril 2013 à 20h11
 
 

Bonjour Abeille , Eau Pure,
Je rappelle le titre de l'article que nous commentons : "Alternative aux pesticides; pas si simple de passer à l'acte"
J'indique que les OGM Bt permettent (ou plus exactement ont permis) de réduire de 500 000 tonnes la consommation de pesticides, en l'occurence des plus dangereux puisque insecticides. (Le même raisonnement m'oppose aux OGM RoundUp Ready dont l'objet est d'augmenter la consommation de cet herbicide)
Les agriculteurs européens demandent avec insistance de disposer de ce type de semence pour faire des économies d'insecticide (ils n'ont aucun autre intéret justifiant des semences plus chères).
Résultat, je me fait envoyer aux pelotes, taxé d'etre intéressé par le lobby des semenciers américains, interdit de citer le "Guide des Intrants utilisables en Agriculture Biologique".
Qui peut donc avoir intéret à me forcer au silence?
J'y vois deux types de lobby:
- ceux qui vendent les insecticides en question et qui craignent un sérieux manque à gagner
- ceux qui vivent de, qui ont fait leur fond de commerce de la peur de l'environnement, le lobby écolo avec en particulier Green Peace, Inf'OGM, CRIGEN, Cabinet Huglo-Lepage etc.

VD69 | 03 avril 2013 à 11h04
 
 

Eau pure : avant de dire que c'est de la désinformation : lisez bien ce que j'ai écrit : je n'ai nullement parlé des ogm tolérant au roud-up car je sais qu'il y a des résistances de certaines herbes ainsi que des problèmes de résidus des métabollytes du round-up. J'ai parlé des cottons Bt (donc insecticides). Et cela a été démontré par des études sur 20 ans sans a priori en comparant (comme cela devrait toujours être le cas champs ogm et champs non ogm.
Comme cela devrait être le cas avec un ogm qui permet au maïs de necessiter 30% moins d'eau avec un rendement supérieur, ce qui permet de le cultiver dans des zones plus arides : le gène de tolérance à la sècheresse venait du sorgho. Limagrain qui avait trouver ce gène a vu ses champs en France complètement détruits. Il poursuit aujourd'hui l'expérience aux USA ainsi qu'en Inde . résultat : + 40% de rendements en conditions arides et ceci pourrait résoudre une partie des manques de nourritures dans certains pays. Et là, aucun herbicide ou aucun insecticide mais simplement une tolérance améliorée et vérifiée à la sécheresse. En France, cela aurait réduit de 50% l'apport d'eau dans des zones comme la Charante, la Charente Maritime ou les Landes.

RICDAM | 03 avril 2013 à 11h14
 
 

Je trouve gonflé de la part de Eau pure de parler de désinformation et de manipulation par les lobbys !!

Comme tous les "anti-OGM- de-toutes-façons", il empêche que se tienne un débat serein et se dépêche d'assimiler tous les OGM aux plus contestables d'entre eux : les Round-Up Ready.

Dès le lancement de ces Round-U Readay, les agronomes ont annoncé qu'on allait tout droit à l'émergence de plantes résistantes qui deviendraient invasives. Ce sont les "anti-OGM de toutes façons" qui ont empêché cette critique de se faire sa place au soleil, préférant faire peur aux gens sur le risque lié à leur consommation. Depuis que des millions d'hectares sont plantés et leurs récoltes consommées sans problèmes, ils en viennent maintenant à se "contenter" de relever cette apparition de plantes résistantes, mais c'est trop tard.

Pour en revenir au sujet "Alternative aux pesticides; pas si simple de passer à l'acte", il y a effectivement des types d'OGM qui permettent de réduire la consommation d'insecticides ou de fongicides.

jardinier | 03 avril 2013 à 13h38
 
 

Je ferais aussi remarquer à tout le monde que depuis 1992 et encore depuis 2003, le recul des quantités de phytosanitaires (je rappelle que le mot pesticide, galvaudé, vient du grec pest (maladie ) et icide (tueur)) et que la traduction française du mot anglais "pesticide" est insecticide. Or dans l'étymologie première, les médicaments (qu'ils soient allopathiques ou homéopathiques) et les produits phytosanitaires (allopathiques (chimiques) ou homéopathiques (biologiques)) sont des pesticides, le recul des phytosanitaires a été de l'ordre de plus de 50% et que si la France en consomme encore beaucoup aujourd'hui, je rappelle aussi que c'est le pays européen qui a le plus de surface agricole cultivée derrière les Etats Unis. Mais que proportionnellement, il se consomme plus de phytosanitaires au Japon et au Brésil qu'en France. Si en 2012, la consommation a augmenté c'est que les maladies sur céréales et pommes de terre ont été plus virulentes que les années précédentes comme la grippe l'a été cet hiver pour la population française. De plus, les agriculteurs se forment aujourd'hui au moyens de luttes alternatifs ( biocides bio, action mécanique de lutte contre les mauvaises herbes, protection intégrée). Les différentes méthodes existant aujourd'hui sont plus performantes qu'il y a vingt ans et de ce fait s'intègrent mieux dans une démarche plus scientifique du raisonnement de la protection phytosanitaire.

RICDAM | 03 avril 2013 à 15h25
 
 

Les nouveaux moyens font l'objet aujourd'hui de fortes communications auprès des agriculteurs et je pense que ces derniers iront de plus en plus vers l'alternance entre les deux types de luttes et d'ici 2020, je pense qu'on se rapprochera de l'objectif d'écophyto 2018 avec quelques années de retard mais il ne faut surtout pas enfermer l'agriculteur dans un carcan trop stricte. IL ne faut pas oublier qu'il a à réagir vis à vis du climat et que ce dernier peut très favorable ou alors très défavorable. Des maladies qui avaient quasiment disparues depuis la fin des années 50 (carie, ergot du seigle) sont en résurgence forte depuis trois ans et cela à cause de la disparition d'une matière active fongique qui traitait contre ces maladies les semences et aussi la climatologie défavorable des mois de juillet et août 2011 et 2012 pour la récolte sur la côte nord ouest de Caen à Dunkerque.

RICDAM | 03 avril 2013 à 15h33
 
 

Des PME françaises ont développé de véritables savoirs faire (axioma par exemple). Les grands groupes n'ont pas jugé bon de s'y intéresser car ils sont beaucoup trop occuper à vendre des solutions conventionnelles. L'innovation, elle est chez les PME qui elles, ont focalisé leur attention sur des objectifs de réductions ou d'élimination de pesticides ET d'engrais. Alors les groupes tentent de surfer sur la vague en vendant des bactéries et autres hormones de ci de ça.
De nouveaux concepts agricoles existent aujourd'hui basés sur le respect du sol et des méthodes responsables, éthiques et raisonnées. Suivez ces PME!!!

Anthony | 13 juin 2013 à 17h32
 
 

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