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Les analyses autour du site nucléaire de Tricastin continuent d'inquiéter

POLLUTION - Actu-Environnement.com - 16/07/2008
 
Les analyses réalisées suite au déversement accidentel d'une solution uranifère à Tricastin témoignent que la situation n'est pas encore rentrée dans l'ordre et manque toujours autant d'éclaircissement. Les mesures de restriction sont maintenues.
 
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Centrale nucléaire de Tricastin
Suite au déversement accidentel d'une solution contenant de l'uranium, survenu dans la nuit du 7 au 8 juillet 2008 à l'usine SOCATRI sur le site nucléaire du Tricastin, les analyses et les expertises se poursuivent. L'Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) a mené deux inspections sur le site qui ont mis en évidence des lacunes dans les conditions d'exploitation des installations. Sur demande de l'ASN, l'exploitant a suspendu l'arrivée d'effluents dans la station de traitement à l'origine de la pollution et a annoncé que dans le cadre d'un plan de modernisation lancé en 2005, les installations incriminées devraient être définitivement mises à l'arrêt dans les prochaines semaines. Comme prévu, l'ASN a établi un procès-verbal d'infraction résultant des constatations de l'inspection et l'a transmis au Procureur de la République de Carpentras.

deux points de mesure des eaux de nappe qui ont montré ou qui montrent des valeurs plus élevées que la valeur guide de l'OMS retiennent l'attention des experts - ASN
Un plan de surveillance renforcée comprenant notamment des analyses dans les rivières et la nappe phréatique environnante a également été mis en place par l'exploitant à la demande de l'ASN. Les analyses menées en parallèle par l'IRSN ont mis en évidence un pic de pollution à l'uranium dépassant d'un facteur 1.000 la limite prescrite par l'OMS (15 µg/L) dans les rivières Gaffière et Lauzon, affluents du Rhône. Depuis les concentrations diminuent et atteignaient hier quelques µg d'uranium par litre.
Pour les eaux souterraines, la majorité des analyses ne présentent pas de taux élevé d'uranium : les concentrations oscillent entre 1 et 7 µg/L. Cependant deux points de mesure des eaux de nappe qui ont montré ou qui montrent des valeurs plus élevées que la valeur guide de l'OMS retiennent l'attention des experts, précise l'ASN. Un puits situé au Sud du plan d'eau du Bartas met en évidence des concentrations de l'ordre de plusieurs dizaines de µg/l d'uranium. De plus, ces concentrations fluctuent d'un jour à l'autre.

Les préfectures du Vaucluse et de la Drôme ont donc maintenu leurs mesures de protection. L'utilisation de l'eau des ouvrages privés pour l'alimentation en eau potable, pour l'irrigation ou la consommation animale reste interdite sur les cours d'eau de « la Gaffière » et du « Lauzon » ainsi que dans la nappe d'accompagnement. La pêche, la baignade et les activités nautiques sont également interdites sur ce secteur.

© IRSN
Analyse des échantillons d\'eau
Aucune explication officielle n'a pour l'instant été donné concernant ces concentrations. L'ASN rappelle que des singularités de ce type, déjà mises en évidence autour du site du Tricastin, ont donné lieu à une étude réalisée par l'IRSN. Publiée aujourd'hui par l'institut, cette étude avait pour principal objectif la mesure de la radioactivité des eaux de puits privés autour du site nucléaire. Dans le cadre de cette étude, une campagne de prélèvements d'échantillons a eu lieu en septembre et octobre 2007 sur les communes de Bollène, Lapalud et Pierrelatte. L'étude met en évidence une activité radioactive supérieure à la valeur guide de 0,1 Bq/litre pour certains puits situés plus au Sud du site. Les puits incriminés dans les analyses d'aujourd'hui n'ont semble-t-il pas présenté de résultats anormaux lors de l'étude de l'IRSN.

Du côté des associations et notamment de la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD), on pense connaître l'origine du problème. Selon l'association, des déchets nucléaires enfouis depuis de nombreuses années sur le site pourraient être la cause de ces mesures anormales. Début juillet, avant l'incident, la CRIIRAD dénonçait la présence d'un tumulus contenant des déchets radioactifs militaires et alertait sur l'exposition de ces déchets aux eaux de ruissellement et sur les risques de contamination des eaux de surface et souterraines.

L'IRSN et l'exploitant continuent pour l'instant leur surveillance. Les préfectures ont publié hier les derniers résultats concernant les sédiments et les végétaux. Quatre prélèvements ont été effectués le 10 juillet sur des sédiments dans la Gaffière et le Lauzon. Les teneurs en uranium se situent entre 0,51 et 2,51 µg par kg sec. Les préfectures précisent à titre indicatif, que les valeurs observées en 1991 étaient comprises entre 2,4 et 4,8 mg/kg sec pour les sédiments. Pour les végétaux, les prélèvements effectués le 10 juillet se situent entre 0,38 et 6,98 mg/ kg sec. En 1991, les teneurs étaient comprises entre 0,5 et 4 mg/kg sec. Enfin, pour les légumes cultivés les prélèvements révèlent des concentrations comprises entre 0,04 et 1,09 mg/ kg sec contre une fourchette de 0,5 à 4 mg/kg sec en 1991.

Le Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) créé par la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, s'est réunit aujourd'hui à la demande du MEEDDAT afin d'entendre SOCATRI en présence de l'ASN. A l'issu de cette réunion, le HCTISN a estimé que cet incident apparaît sans dommage pour la santé des travailleurs et des populations. Il recommande toutefois que la surveillance de l'IRSN se poursuive et demande qu'un état détaillé des pollutions historiques de la nappe présente au droit du site lui soit présenté. Le haut comité prévoit de faire un point sur la situation en septembre prochain.

Jean Louis Borloo rencontrera par ailleurs demain jeudi, Anne Lauvergeon, présidente du directoire d’AREVA, la maison mère de SOCATRI, pour lui demander de tirer les conclusions qui s’imposent.

F.ROUSSEL

Consulter les résultats des analyses
Télécharger l’étude de l’IRSN

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Réactions à cet article
A QUAND LE FRENCH TCHERNOBIL ?
PAUVRE FRANCE
Les filiales "Fusibles"
roger
Vous av(i)ez dit sécurité nucléaire ?
 4 réponses
Responsabilités

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