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Mine d'uranium au Niger : Areva condamné après la mort par cancer d'un ex-salarié

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Selon l'AFP, le tribunal des affaires de Sécurité sociale (TASS) de Melun a condamné Areva vendredi 11 mai pour la mort par cancer du poumon d'un ex-salarié d'une mine d'uranium du groupe nucléaire français au Niger.

Serge Venel, mort à l'âge de 59 ans d'un cancer du poumon en juillet 2009, a travaillé de 1978 à 1985 pour une filiale d'Areva, la Cominak, société de droit nigérien qui exploite des mines d'uranium du groupe à Akokan, au nord-ouest du Niger. En mars 2009, le pneumologue de M. Venel avait lié la cause du cancer à "l'inhalation de poussières d'uranium". Le tribunal a jugé vendredi qu'Areva avait commis "une faute inexcusable", en tant que "co-employeur". L'entreprise devra verser 200.000 euros de dommages et intérêts et une double rente à la veuve du défunt qui touchera la totalité du salaire de la victime.

Le géant nucléaire a de son côté déclaré "ne pas comprendre " le jugement et "se réserve le droit de faire appel". La sécurité sociale "n'a pas imputé la maladie professionnelle à Areva ", affirme le groupe, qui estime que "la causalité entre la maladie et le passage dans la société Cominak n'est pas démontrée ".

Vers d'autres contentieux ?

Ce jugement pourrait ouvrir la voie à d'autres contentieux. Pierre Le Clech, 74 ans, qui a également travaillé dans une mine au Niger entre 1978 et 1982 et est tombé malade d'un cancer du rein en 2009, a également décidé d'engager des procédures. D'autres mineurs nigériens pourraient également entamer une procédure judiciaire contre Areva, alors que le groupe nucléaire s'est engagé en décembre dernier à leur faire passer des examens de santé "au premier semestre 2012". Si des cas de maladies imputables à cette activité uranifère étaient mis en évidence, ''les soins correspondants seraient pris en charge par Areva conformément aux normes médicales françaises'', avait assuré Alain Acker, directeur médical d'Areva.

Des centaines de mineurs ont également exploité les mines d'uranium dans le Limousin pendant une cinquantaine d'années pour le compte de la Cogema, l'actuelle Areva.

Réactions1 réaction à cet article

 

La France se doit d'être exemplaire à tous les niveaux et bien entendu en Afrique dans les mines d'Uranium. Le temps de l'esclavage est révolu.
"Ne pas comprendre le jugement" relève d'une totale incompétence. Espérons que tous les mineurs qui ont été exposés entameront sans tarder une procédure judiciaire.

arthur duchemin | 15 mai 2012 à 10h53
 
 

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