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La France bétonne autour de ses centres urbains et des axes de communication

Comme le prévoyaient les études démographiques, les centres urbains et les axes de communication sont les zones qui se développent le plus, avec pour conséquence une artificialisation des sols. Le rythme ralentit néanmoins entre 2006 et 2012.

Amenagement  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
La France bétonne autour de ses centres urbains et des axes de communication

Le rythme d'artificialisation des sols a ralenti entre 2006 et 2012 par rapport à la période précédente (2000-2006), note le service d'observation et de statistiques (SOeS) du ministère de l'Ecologie, qui se base sur les données 2015 de l'étude européennne CORINE Land Cover. Cependant, les surfaces naturelles, agricoles, forestières continuent à être grignotées par le béton. Ainsi, 87.000 hectares ont été artificialisés (+0,16%) sur la dernière période étudiée, contre 221.000 précédemment (+0,4%). "Plus de 87% des territoires nouvellement artificialisés sont prélevés sur des territoires agricoles (-0,35 point entre 2000 et 2006 puis -0,14 entre 2006 et 2012), le reste étant prélevé sur les forêts et les milieux semi-naturels (-0,07 point entre 2000 et 2006 puis -0,02 entre 2006 et 2012)", souligne le SOeS. Selon ce dernier, le ralentissement du rythme d'artificialisation est essentiellement lié à une moindre conversion des forêts et espaces semi-naturels.

   
Entre 2006 et 2012, l'artificialisation gagne au pourtour des pôles urbains d'intérêt régional © UE – SOeS, CORINE Land Cover
 
   
A l'inverse, très peu de territoires bétonnés ont retrouvé leur caractère originel. Seulement 5.000 hectares de terrains artificialisés ont été reconvertis en forêts et végétations arbustives en mutation (40%), en terrains agricoles (40%) et en plans d'eau (15%).

Résultat : en 2012, le territoire métropolitain était composé à 60% de terres agricoles (33 Mha), 34% de forêts et milieux semi-naturels (19 Mha) et 6% de territoires artificialisés (3 Mha). "Les zones humides et les zones en eau recouvrent environ 1% du territoire. Ces proportions sont globalement stables depuis 1990".

Les lisières urbaines gagnent du terrain

La majorité des espaces nouvellement artificialisés est située à proximité des grands centres urbains ou le long des grands axes de communication. "Les centres urbains d'importance régionale du Grand Ouest de la France sont particulièrement concernés par un développement qui se traduit par une artificialisation accrue en périphérie. C'est le cas de Rennes, Caen, Le Mans, Nantes, Tours, Angers, Limoges, Angoulême, par exemple. La Vendée fait aussi l'objet d'une artificialisation qui s'étend en grande périphérie des agglomérations", note le SOeS. Les aménagements le long des axes routiers se poursuivent, même de nombreuses années après leur construction. Le SOeS donne l'exemple de l'axe Bordeaux-Toulouse, des axes situés au sud de l'agglomération toulousaine et reliant Pau, Narbonne ou Albi, de la vallée du Rhône, de l'autoroute A6, des autoroutes radiales depuis Paris, des vallées alpines…

En 2012, les territoires les plus artificialisés sont l'Ile-de-France (22%) et le Nord-Pas-de-Calais-Picardie (10%). "A l'opposé, les forêts et milieux semi-naturels recouvrent 85% de la Corse, 68% de la Provence-Alpes-Côte d'Azur, 46% de l'Auvergne-Rhône-Alpes et 43% du Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées". Les territoires les plus agricoles sont les Pays de la Loire (83%), la Normandie (81%), la Bretagne (80%), le Nord-Pas-de-Calais-Picardie (76%) et le Centre-Val de Loire (72%).

Réactions1 réaction à cet article

 

Il y a un gros travail de réhabilitation des zones commerciales et de certaines zones d'activité à faire en France pour éviter le taper toujours plus dans le patrimoine foncier agricole. Ces zones, qui ont surgi de terre n'importe comment ont fini par épuiser le potentiel de foncier agricole périphérique. Pour cela, les collectivités doivent se réapproprier le foncier au fur et à mesure que les hangars sont désaffectés ou vacants. Il faut également mettre en parallèle, les sufaces de commerces disponibles dans les centres villes (notamment des villes moyennes). De nouveaux quartiers pourront émerger dans le cadre d'un projet urbain mieux défini (PLU). il faut prendre en compte les comportements de consommation en pleine évolution (internet, économie collaborative...), la question des transports urbains/périurbains, celles des réseaux intelligents comme les smart grid, celle de la biodiversité à restaurer. En outre, il faut adapter les taxes pour que le foncier à réhabiliter devienne attractif. Aujourd'hui, l'étalement urbain sur les terres agricoles est favorisé par des taxes moins élevées que sur le foncier à réhabiiter. C'est un non sens qui coûte cher à la société et aux générations futures.

Territoires durables | 14 janvier 2016 à 11h15
 
 

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