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Les bénéfices d'une certification ISO 50001

En s'appuyant sur une récente étude réalisée par l'Afnor, Nour Diab et Béatrice Poirier de l'association de normalisation, nous détaillent les bénéfices liés au déploiement l'ISO 50001 dans l'entreprise mais aussi les difficultés potentielles pour y parvenir.

Avis d'expert  |  Energie  |    |  Actu-Environnement.com

En novembre 2014, le groupe Afnor s'est penché sur la réalité de nombreuses entreprises certifiées selon la norme ISO 50001 en publiant une étude identifiant les bonnes pratiques et les difficultés rencontrées. Sa publication est intervenue au moment de la parution des deux derniers textes réglementaires précisant les modalités d'application de l'obligation d'audit énergétique pour les grandes entreprises. C'est d'autant plus intéressant que la réglementation exempte les grandes entreprises de ces audits si elles mettent en place, sur tout ou partie de leur périmètre d'activité, un système de management de l'énergie certifié conforme à la norme ISO 50001.

Trois ans après la publication de cette norme internationale, nous nous sommes attachées à analyser comment les entreprises certifiées par Afnor ont réussi à l'utiliser. Les résultats sont tirés de l'analyse de 27 rapports d'audits de certification ISO 50001 et des réponses à un questionnaire adressé à 54 entreprises - certifiées ISO 50001 et ISO 50001 niveau 1 par AFNOR Certification - dans l'industrie et les services (de 28 et 150.000 salariés). Premier enseignement : dans 89% des cas, les organismes interviewés ont mis moins d'un an pour mettre en œuvre et certifier leur système de management.

Pour mémoire : la norme ISO 50001 sur le management de l'énergie reprend la structure des normes ISO 14001 (environnement) ou ISO 9001 (qualité). Les entreprises déjà familières de ces référentiels ont donc des facilités pour déployer l'ISO 50001. La méthode proposée repose sur l'approche PDCA (Plan-Do-Check-Act) et s'appuie sur l'analyse des usages et consommations énergétiques pour identifier les secteurs d'usage énergétique significatif et les potentiels d'amélioration. L'ISO 50001 fixe comme priorité l'amélioration continue de la performance énergétique de l'organisme, objectif mesurable inscrit dans la durée, et vise le développement d'une comptabilité analytique de l'énergie.

Des bénéfices opérationnels et financiers

L'étude révèle notamment que la mise en œuvre de démarche ISO 50001 permet de fédérer l'ensemble des salariés dont les activités ont un impact sur la consommation énergétique. Côté financier, des gains significatifs sont réalisés par les organismes interrogés, qui rapportent une économie sur la facture énergétique s'élevant jusqu'à 25% avec une moyenne de 10% et un gain sur la performance énergétique pouvant aller jusqu'à 35%, avec en moyenne 11%.

Le temps de retour sur investissement (TRI) est de moins de 2 ans dans 61% des cas. Ces TRI peuvent être réduits, notamment grâce aux primes supplémentaires attribuées grâce à la certification ISO 50001 dans le cadre des Certificats d'Economie d'Energie (CEE). 83% des interviewés ont pu bénéficier d'une prime CEE supplémentaire, liée à la bonification des CEE par la certification de niveau 1 ou 2. Pour 62% des répondants, la part de cette prime sur le montant des investissements est supérieure à 10%.

Les certifiés ISO 50001 mettent en avant l'apport méthodologique de la démarche, notamment pour définir et mettre en œuvre une stratégie énergétique. Les exigences liées à la revue énergétique, par exemple, sont jugées utiles pour réaliser un état des lieux des consommations et des usages, identifier ceux qui sont significatifs et les leviers d'amélioration. L'organisme a des éléments mesurés et chiffrés pour défendre les demandes d'investissement et peut mettre en œuvre des actions opérationnelles afin d'atteindre les objectifs fixés.

Exemples de bonnes pratiques

La norme ISO 50001 délivre des exigences mais ne précise pas de mode opératoire précis pour y répondre. L'étude révèlent que certains organismes certifiés ont développé plusieurs bonnes pratiques, allant parfois jusqu'à dépasser des exigences de la norme. Notons par exemple la mise en place d'outils et d'applications informatiques pour le suivi des données énergétiques, le pilotage à distance des équipements ou le déclenchement d'alertes en cas de dépassement de seuils de consommations. Des pratiques managériales intéressantes ont également été relevées (sensibilisation, identifications de référents énergie etc.), tout comme des idées d'outils de suivi de consommations pour ensuite de réaliser du benchmark. Nous vous invitons à les découvrir dans l'étude.

Les points essentiels de la démarche

L'étude indique que les porteurs de la démarche, au sein de l'entreprise, ont des profils très diversifiés : 35% sont des responsables qualité, environnement et énergie, 25% sont des directeurs techniques. Cette mission est parfois assurée par le responsable des services généraux, le responsable maintenance ou encore par le responsable achat d'énergie. Leur rôle ? De l'animation et de la communication, en s'appuyant sur une équipe pluridisciplinaire comportant des compétences techniques (maintenance, exploitation...) mais aussi des compétences systèmes de management. L'acquisition des compétences de cette équipe est une donnée importante pour le succès du projet.

Autre enseignement : la phase la plus cruciale de la mise en œuvre du système de management est la réalisation de la revue énergétique. L'identification des facteurs pertinents, des salariés pouvant avoir un impact sur les usages énergétiques et la formalisation des potentiels d'amélioration sont trois exemples d'écarts récurrents observés en audit de certification.

La capacité de l'organisme à suivre ses consommations énergétiques est également une exigence importante. Notre étude indique clairement que "savoir, c'est déjà avoir fait la moitié du chemin pour son amélioration".

Avis d'expert proposé par Nour Ndiab et Béatrice Poirier de l'Afnor

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