Dans le cadre du Plan National Santé Environnement (PNSE) lancé en 2004, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la Santé (INPES) a été amené à réaliser le premier baromètre santé-environnement. Cette étude de 400 pages est le fruit d'une enquête téléphonique menée du 22 janvier au 21 mai 2007 auprès de 6.007 personnes âgées de 18 à 75 ans dans cinq grandes régions françaises : PACA, Bretagne, Picardie, Aquitaine et Champagne-Ardenne. Axé plus particulièrement sur le cadre de vie et l'habitat, ce baromètre 2007 appréhende la perception des risques face à la pollution des sols, de l'atmosphère, de l'air intérieur et des eaux, les intoxications au monoxyde de carbone et au radon, les légionelles, la téléphonie mobile ou encore le bruit.
Ce dernier sujet est d’ailleurs encore loin d’être considéré comme un véritable enjeu de santé publique puisque seuls 20,3 % des personnes interrogées considèrent que le bruit constitue un risque très élevé pour la santé. Pourtant, le bruit figure parmi les nuisances ressenties dans la vie quotidienne : 14,6 % des personnes interrogées se disent gênées en permanence ou souvent par le bruit à leur domicile et 39,7 % des actifs déclarent que leur lieu de travail est bruyant.
Dans les habitations, la circulation routière et les bruits de voisinage (conversations, cris, pas, télévision, musique, aboiements, appareils électroménagers…) sont les nuisances les plus citées devant les deux roues, les autres bruits émanant de la rue (commerces, chantiers…), les avions et les trains. L’INPES note que souvent les expositions se cumulent. Les personnes qui vivent dans des logements collectifs exigus à proximité d’installations bruyantes travaillent aussi le plus souvent dans un environnement bruyant. 75 % des ouvriers de l’industrie estiment ainsi que leur environnement de travail est bruyant, contre 17,1 % des professions libérales.
Paradoxalement, il semblerait que les Français ne soient pas enclins à se protéger des effets du bruit. Le baromètre de l’INPES révèle ainsi qu’au cours des douze derniers mois, 48,8 % des personnes interrogées sont allées à un concert, en discothèque ou ont joué de la musique à un volume sonore élevé. Plus de 78% d’entre elles n’ont pas pris de précaution particulière pour se prémunir du bruit comme baisser le son, utiliser des protections auditives ou encore s’éloigner des sources de bruit. L’INPES remarque d’ailleurs que l’exposition à la musique amplifiée sans précaution en concert, en discothèque, ou en jouant soi-même concerne les mêmes personnes que l’usage régulier d’un baladeur à un volume sonore élevé. 8 % des personnes interrogées déclarent utiliser un baladeur au moins plusieurs fois par semaine. Près d’un tiers d’entre eux (29,5 %) l’écoute fort ou très fort.
Malgré cela, deux tiers des personnes interrogées s’estiment plutôt bien informés des éventuels effets du bruit sur la santé et six personnes sur dix sont prêtes à payer 10 % plus cher des appareils ménagers moins bruyants pour améliorer la qualité de leur environnement et de leur santé.
F.ROUSSEL
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