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Biocontrôle : la recherche française s'organise pour accélérer les innovations

Le biocontrôle doit participer aux objectifs de réduction de l'usage de produits phytosanitaires. Le consortium public-privé de recherche, créé l'année dernière, entre en phase opérationnelle afin d'accélérer la mise en œuvre de solutions.

Agriculture  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

"L'idée est de créer un continuum de recherche dans le but de développer des solutions de biocontrôle pour les agriculteurs français et une industrie du biocontrôle en France", explique Hervé Guyomard, directeur scientifique pour l'agriculture de l'Institut national de recherche agronomique (Inra). Dans le cadre du Salon de l'agriculture, ce mardi 1er mars, 36 acteurs publics et privés ont annoncé l'entrée en phase opérationnelle du consortium public-privé de recherche sur le biocontrôle, créé en 2015. "On voit de gros industriels se positionner sur ce sujet, mais c'est aussi un secteur où travaillent de tout petits acteurs. Nous voulons fédérer tout ce monde en vue d'accélérer les choses pour le marché français", souligne l'expert. L'Inra, le Cirad, SupAgro mais aussi des entreprises comme Syngenta, BASF ou Vegenov sont partenaires de cette initiative. "On ne part pas de zéro en matière de biocontrôle, on espère accélérer les recherches et faire boule de neige en fédérant tous ces acteurs autour de priorités de recherche". L'enjeu est important : le biocontrôle fait partie des solutions qui, avec d'autres leviers comme la sélection variétale, le changement de pratiques ou de systèmes de production agricoles, doit permettre d'atteindre les objectifs de réduction de l'usage des produits phytosanitaires, inscrits dans le plan Ecophyto 2.

Utiliser les richesses de la nature

Mais au fait, c'est quoi le biocontrôle ? "C'est utiliser des mécanismes de défense naturelle pour lutter contre les ennemis des cultures, explique Hervé Guyomard. Les solutions peuvent porter sur les macro-organismes [insectes, acariens…], les micro-organismes [virus, bactéries…], les médiateurs chimiques [phéromones d'insectes et kaïromones] et les substances naturelles". Les exemples les plus connus sont le recours à des prédateurs naturels pour lutter contre des ravageurs ou l'utilisation de la confusion sexuelle pour perturber leur reproduction. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg... Il existe aussi le piégeage à phéromones, la lutte autocide (qui consiste à introduire des mâles ravageurs stériles pour entrer en compétition avec les mâles fertiles), le répulsif de ponte, les répulsifs, les stimulateurs de défense naturelle, les substances naturelles (cuivre, potassium...) en remplacement de substances de synthèse...

Toutes ces solutions ne pourront pas se substituer totalement aux produits phytosanitaires. La plupart de ces produits permettent avant tout une diminution des apports en produits de synthèse, afin de minimiser les impacts environnementaux tout en maintenant un niveau élevé de protection des cultures.

"Parfois, l'efficacité des solutions est partielle et il faut les combiner à d'autres leviers, comme un allongement des rotations… Cela demande beaucoup d'expérimentations sur le terrain", explique Hervé Guyomard.

Accélérer l'émergence de solutions

"Dans le végétal, certaines solutions de biocontrôle sont anciennes, mais leur développement reste modéré, souligne Christian Lannou, chef du département Santé des plantes de l'Inra. Le défi est d'intégrer ces méthodes dans les systèmes de culture, cela demande un pilotage très fin". D'où l'intérêt d'accélérer les tests sur les produits et de mener des projets de recherche précompétitifs. "Le grand travail de cette année va être de promouvoir des plateformes d'essais rapides", souligne Hervé Guyomard.

Selon l'Inra, entre 2013 et 2014, l'industrie française du biocontrôle a affiché un taux de croissance de 11%. Alors que ces solutions représentent 5% du marché de la protection des cultures aujourd'hui, l'ambition est de porter cette part à 15% à l'horizon 2020. "La science a fait beaucoup de progrès en analyse (phénotypage…), cela permet d'accélérer les recherches sur les solutions de biocontrôle", explique le directeur scientifique de l'Inra.

Si celles-ci sont plutôt bien développées dans les cultures sous serre notamment, ce n'est pas le cas dans d'autres cultures. Le consortium va notamment se pencher sur la lutte contre les adventices en grandes cultures (blé, maïs, colza…) : "C'est un domaine où il existe peu de solutions de biocontrôle. Nous allons regrouper les acteurs intéressés par ce sujet".

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