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Actu-Environnement

Comment organiser la gestion des biodéchets en France

La France est en retard en matière de tri et de collecte des déchets organiques. L'Ademe s'est donc penchée sur les expériences de dix pays où ces pratiques ont été installées depuis plusieurs années et en tire les leçons.

Dechets / Recyclage  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°329 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°329
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"La collecte séparée des biodéchets en France reste peu développée. En effet, alors que de nombreux pays de l'Union européenne l'ont adoptée depuis parfois plus de quinze ans, le nombre de collectivités françaises ayant mis en place ce type de gestion des déchets organiques reste extrêmement faible", note l'Ademe, en préambule de son étude sur l'état de l'art de la collecte séparée et de la gestion de proximité des biodéchets. Un retard qui se lit dans les chiffres : dans les pays où cette filière a été organisée depuis longtemps (Allemagne, Autriche, Belgique – Wallonie), les taux de valorisation atteignent jusqu'à 70%, contre 37% pour la France. De ce fait, le ratio d'ordures ménagères résiduelles (OMR) se situe dans ces pays entre 150 et 168 kg/hab/an contre 298 kg/hab/an en France. L'Ademe s'est donc penchée sur les conditions de réussite de la filière organique dans dix pays (six pays de l'UE et le Canada, les Etats-Unis, l'Australie et la Suisse), afin d'en tirer les leçons pour rattraper le retard français.

Une volonté politique traduite dans la réglementation

Dans ces pays, la gestion des biodéchets a été définie comme une priorité de la politique des déchets et a donc été inscrite dans la réglementation.

Certains pays ont opté pour une interdiction totale (Suisse), ou partielle -limitée à la matière organique non prétraitée- (Allemagne, Autriche, Italie et Belgique) de l' enfouissement.

Le Royaume-Uni a opté pour des quotas d'enfouissement d'OMR pour chaque collectivité, la Belgique a établi un objectif de ratio maximum en kg/hab/an d'OMR par collectivité.

 
Les gros producteurs de biodéchets Seule la France a mis en place une obligation de tri des biodéchets spécifique aux gros producteurs, en 2012. Mais, souligne l'Ademe, dans les autres pays, soit ceux-ci sont soumis aux mêmes obligations que les collectivités, soit leurs biodéchets sont gérés par des prestataires, et non par les collectivités (Allemagne, Autriche). Dans ce derniers cas, les déchets organiques sont dirigés vers des unités de méthanisation.
 

Enfin, d'autres régions ont également mis en place des objectifs de valorisation de la matière organique (Pays de Galles pour les déchets alimentaires, Espagne, Catalogne, Québec), ou de collecte séparée (Italie). La France a juste fixé un objectif général de valorisation des déchets.

"En comparant les résultats actuels avec les exigences réglementaires, on constate que dans la plupart des pays observés, les performances d'aujourd'hui se rapprochent des objectifs fixés, sauf pour l'Italie, l'Espagne, la Catalogne et le Québec qui ne tiennent déjà pas ou ne tiendront vraisemblablement pas les exigences de leur législation", observe l'Ademe.

La réglementation seule ne suffit pas à impulser une dynamique. De nombreux pays ont mis en place, avec succès, des mesures incitatives, que ce soit des taxes à l'enfouissement ou à l'incinération, des subventions aux collectivités ou une tarification incitative.

La collecte séparée gagne du terrain

"La moitié des pays étudiés a soutenu le compostage domestique dans le passé, en appliquant souvent le schéma type des priorités plaçant la prévention avant la valorisation des déchets", analyse l'Ademe. Avec des résultats positifs : en Autriche, près de 80% de la population pratiquerait le compostage. Mais aujourd'hui, "avec la concentration de la population dans les villes, la pratique du compostage domestique devrait logiquement céder du terrain, les foyers préférant prendre un bac de collecte séparée des biodéchets".

De même, malgré un coût plus élevé de la collecte séparée, les pays ayant mis en place un compostage de proximité, à l'échelle d'un quartier ou d'un immeuble, semblent l'abandonner peu à peu.

En Catalogne, seule région européenne à avoir mis en place une obligation de collecte séparée des biodéchets, 74% des communes sont desservies. D'autres pays affichent de bonnes performances : la Belgique - Flandre (67% de la population desservie), la Suisse (70 à 80%), l'Autriche (70 à 80%) et l'Allemagne (55 à 60%). Cette dernière a prévu, dans la loi sur l'économie circulaire et les déchets, de généraliser la collecte séparée en 2015.

Les conditions de réussite de la collecte séparée

Mais comment mettre en place la collecte séparée ? "Un inconvénient souvent évoqué en France concernant la collecte des biodéchets est le risque de nuisances olfactives, surtout en été", indique l'Ademe, ajoutant : "Les expériences italiennes et catalanes, avec l'utilisation de sacs biodégradables en papier ou en bioplastique avec des bio-seaux ajourés pour la pré-collecte des déchets alimentaires dans les cuisines, en complément des bacs, prouvent que ce frein peut être débloqué".

Concernant la collecte, si la Belgique, la France et le Québec ont opté pour des bennes compartimentées OMR / biodéchets, de nombreux pays ont préféré organiser une collecte spécifique, étant donné que les biodéchets nécessitent d'être collectés plus fréquemment.

"Dans tous les pays observés, hors la Belgique (Flandre et Bruxelles-Capitale), le choix de la fréquence de la collecte des OMR est laissé à l'appréciation des collectivités, sans obligation de fréquence minimum", précise l'Ademe.

Réactions24 réactions à cet article

 

Viser les 100% de collecte est pourtant indispensable car les bio-déchets permettent la production de biogaz et d'engrais. Et le biogaz utilisé pour des réseaux de chaleur a un bilan global très performant. Une autre solution consisterait à jeter ses bio-déchets dans des éviers avec broyeurs directement dans le réseau. Cà permettrait la production de chaleur dans le réseau par fermentation, récupérable par les immeubles par pompe à chaleur comme cela se fait parfois, d'éviter les coûts de transport, les sacs et autres et de permettre le recyclage en sortie de réseau avec prodution de biogaz et d'engrais.

Energie+ | 05 septembre 2013 à 01h15
 
 

Pourquoi ce retard: une raison, le lobying trés actif des professionels du traitement des déchets. En effet ce traitement est sous la coupe de trés peu de trés grosses entreprises quasiment en situation de monopole et les bio-déchets, constitués pour la plus grosse partie d'eau, pésent trés lourd dans nos poubelles. Comme le traitement est facturé à la tonne, il n'est pas question pour eux de se priver de cette manne. Conséquence: pour les incinérateurs, l'eau ne brule pas, il suffit de ventiler les déchets dans la fosse de reception et de provoquer un début de fermentation pour élever la température des déchets ceci faisant évaporer l'eau. Nous payons donc, trés cher, pour un déchet, l'eau qui n'est pas incinérable. Pour les décharges, la fermentation des bio-déchets produit des gaz combustibles il suffisait de penser à faire croire que les décharges étaient devenues des producteurs d'énergie.

Duport Claude | 05 septembre 2013 à 09h03
 
 

bonjour(?),

Cela fait des années que de plus en plus d'usagers-contribuables entre autres réclament la mise en œuvre d'une véritable politique en la matière,mais nombre d'élus sont sans doute plus affairistes que bons gestionnaires et administrateurs en charges de la bonne utilisation de l'argent public et de l'efficacité des mesures prises en la matière en appliquant les principes du DD,économie,environnement,emplois dans l'intérêt même de la collectivité.

Vanmeulebroucke Guy | 05 septembre 2013 à 09h23
 
 

Il existe un syndicat mixte en Moselle Est (Sydeme) qui a mis en place un système de collecte des déchets avec 3 sacs de couleur (sac vert pour les biodéchets). La collecte se fait donc dans la même poubelle chez le particulier. En usine, les sacs de couleur sont identifiés par un système optique et envoyés vers la bonne filière de traitement.

Voilà un système que j'ai trouvé innovant et plutôt prometteur. L'influence et la proximité avec l'Allemagne y est peut-être pour quelque chose !

guishechney | 05 septembre 2013 à 10h01
 
 

En complément au texte de Claude DUPORT, j'ajouterais que la France étant un pays qui privilégie l'incinération comme moyen principal de traitement des déchets, aucun décideur ayant participé au choix d'incinérateur ne souhaite faire effectuer une collecte prioritaire du fermentescible. En effet, ce fermentescible contient beaucoup d'eau, mais le séparer des autres déchets "à la source" augmente considérablement le recyclage de papiers et cartons non pollués par les jus du fermentescible. Autrement dit, la diminution des tonnages à incinérer qui en découlerait mettrait en évidence l'erreur du choix de l'incinération !

Maurice | 05 septembre 2013 à 10h15
 
 

Les matières organiques peuvent-être aussi valorisées chez le particulier habitant en ville. Un bon lombricomposteur dans un appartement réduit de façon efficace le poids des poubelles. Il est regrettable que l'on en parle pas suffisamment (média - voir article, communauté de communes, ADEME, ...).
Donnons a nos enfants dans les écoles des lombricomposteurs, afin qu'ils puissent enfin, voir, toucher, comprendre, apprendre : c'est le meilleur investissement que l'on peut faire pour demain... Bonne Rentrée à tous!

achdeuzzo | 05 septembre 2013 à 10h40
 
 

La séparation de la collecte des bio-déchets n'est en rien indispensable à un compostage de qualité.
L'unité de traitement des ordures ménagères de Launay-Lantic (ouest de Saint-Brieuc) produit un compost d'excellente qualité depuis plus de 20 ans sans séparation des "bio-déchets".
Cette qualité est supérieure à celle de bien des unités de compostage de déchets verts + bio-déchets.
Une des raisons essentielle est la conception de cette unité pour laquelle la qualité du compost primait sur le concept d'élimination des ordures. Les maraîchers futurs utilisateurs ont été au cœur du projet dès le départ, ils ont imposé des le projet les normes "Cerafel" ces normes sont régulièrement affinées au fur et à mesure de l'expérience.
Cette expérience est plutot décriée par les grandes entreprises du déchets, j'entrevois plusieurs raisons:
- les traiteurs de déchets ne sont plus seuls maitres chez eux, les clients du compost ayant un poids important
- le transport des OM est simplifié, d'où un manque à gagner notable
Bien sur, ces sociétés ne clament pas directement cette oposition, ils font en sorte de distiller subversivement quelques mauvaises nouvelles de façon à ce que la vox-populi s'en empare.
Autres raisons de cette mauvaise réputation, l'épandage dans les années 80 de pseudo compost dans le vignoble champenois où la technique allemande de pseudo compostage pour contourner la loi interdisant de mettre des OM brutes en décharge (le pseudo-compost n'étant pas considéré comme OM )

VD69 | 05 septembre 2013 à 16h01
 
 

La collecte est une chose mais encore faut-il que les usagés soient plus ouvert. Par manque d'information ou désinformation, les usines de méthanisation ne sont pas acceptées par les habitants sur les communes où il y a des enquetes publiques : il faut d'abord trouver des solutions viables de traitement à grande échelle avant de collecter à tour de bras pour au final repasser par le circuit d'incinération faute de solution (méthanisation ou compostage). Effectivement le retrait des biodéchets est génant pour les usines car ils ont un bon PCI

cedmoa | 06 septembre 2013 à 08h14
 
 

Vouloir faire du compost de qualité en triant des ordure ménagères brutes est complètement utopique : il reste toujours des résidus et en particuliers de métaux lourds (>1 g/kg) que l'on ira directement déposer en subtrat pour faire pousser des fruits et légunes : bon appétit !
Seule la collecte sélective des biodéchets est une soltion pertinente (en pariculiers en vile car en campgne, il est possible de faire son compost dans son jardin)

Qaunt aux commentaires sur les incinérateurs qui, à priori, sont le principal mode de traitement des déchet en France, le grand public devrait s"intéresser de plus près à la question. seul un bon tiers des déchets est incinéré avec valorisation énergétique en France contre plus de 50 % dans les payx nordiques qui sont en avance sur nous dans le traitement des déchets.
Le véritable scandale du traitement des déchets en France c'est :
- encore un tiers de déchets ménager est envoyé en décharge (joli cadeau pour nos générations futures)
- contruire des unités de méthanisation sur OM brutes (par exemple, AMETHIST à Montpellier qui coûte très cher aux contribubles pour un bilan matière (compost) et énergétique (valo électrique à parti du biogaz) ridicule.

Robin | 06 septembre 2013 à 16h19
 
 

Je souhaite exprimer un certain ras le bol de la complainte du "retard" de la France. Pour avoir vécu dans deux des pays vertueux (NL, D) sans cesse montrés en exemple, je veux simplement dire que ce "retard" systématiquement dénoncé dans le domaine de l'environnement est une chimère car l'administration desdits pays est particulièrement adroite pour présenter ses statistiques alors que celle de la France l'est particulièrement pour pointer les "retards" qui justifient en quelque sorte l'existence de pas mal de gus à l'ADEME... Une administration pléthorique qui génère elle-même son activité.

Albatros | 09 septembre 2013 à 10h13
 
 

Robin a certainement des infos directes montrant qu'il est tout-à-fait utopique de vouloir faire du (bon) compost avec des OM brutes.
Personnellement j'ai eu en main une liasse de résultats d'analyses du compost de Launay-Lantic. Pour chaque lot, vous pouvez y demander les résultats d'analyse.
J'ai essayé vers chez moi, (région Lyonnaise) de faire la même chose dans deux sites de compostage de déchets verts, ces analyses étaient introuvables.
Peut-etre Robin a entendu parler de quelqu'un dont l'oncle avait un copain à qui on avait dit que le compost de Launay-Lantic était chargé en métaux lourds. Moi j'ai vu les analyses.
J'ai déjà évoqué l'origine probable de ces "on dit" et n'y reviens pas.
Le pourquoi de la chose s'explique aisément: dans une unité classique de compostage la première opération est un broyage destiné à permettre le démarrage de la fermentation. Ce broyage dissémine tout et particulièrement les indésirables, plastiques , verres et métaux lourds des piles et autres lampes à économie d'énergie.
Dans une unité de compostage d'OM brute, la premère phase est une fermentation accélérée après juste une ouverture des sacs suivie immédiatement d'un tri déjà assez fin qui ne laisse passer que les fines .
Les refus de tri comprennent les films, les plastiques, les objets divers de plus d'un cm. Les piles contenant les métaux lourds sont éliminées à ce stade.
Si Robin a des infos contraires, merci d'en faire part.

VD69 | 09 septembre 2013 à 10h55
 
 

"La Wallonie, région où le tri des bio-déchets est organisé depuis longtemps"... Qu'appelez-vous longtemps? Une unité de méthanisation a été mise en route il y a une quinzaine d'année ( au passage technologie française) mais parce que la Belgique d'une façon générale et la Wallonie en particulier s'était fait remonter les bretelles par l'Europe. Ne pas oublier que la capitale de l'Europe n'est dotée d'une station d'épuration des eaux que depuis peu.
Beaucoup de communes ont parallèlement mis en place le paiement des OM au poids; le résultat n'a pas tardé, les bords des routes et autoroutes sont jonchés de détritus divers quand ce n'est pas directement des sacs entiers histoire d'alléger ses propres ordures et payer moins de redevance.

En aparté pour Cemoa , les bio-déchets sont à peine auto-combustibles car ils sont très humides. Essayez de faire brûler une feuille de poireau.

VD69 | 09 septembre 2013 à 11h30
 
 

Bonjour(?),

D'après le rapport de la commission déchets du Sénat(et d'assos et autres),le compost de Launay-Lantic est basé sur la norme CEFAREL plus exigeante que la NF 44-051.Certes le compost qui est produit est en dessous de CEFAREL ce qui parait très bien en apparence,sauf que ce compost est comme l'on dit frelaté dans la mesure ou lorsqu'il est mis en andain il est mélangé à 60 % de compost issu du PTMB sur OM brutes,de 25% de déchets verts et de 15% de bio-déchets,voire même d'algue(???)ce qui fait que ça teneur en polluants est diminuée considérablement.Contrairement à certains composts comme ceux de "compostplus" ou de compost issu de la méthanisation avec des collectes sélectives de bio-déchets,il n'obtiendra jamais la certification "AB" et "ECOLABEL"

Vanmeulebroucke Guy | 09 septembre 2013 à 12h59
 
 

Merci Monsieur Vanmelebroucke de m'avoir permis d’accéder au rapport parlementaire sur les déchets publié a priori en 2012. Contrairement à votre avis comme quoi ce compost serait "frelaté", je reproduit les termes du rapport:
Launay-Lantic produit "un compost dont la qualité est très supérieure à la NFU 44-051.On relèvera que le mélange du compost frais avec des déchets verts ou des algues N'EST PAS DE NATURE ? D'APRES LES CHERCHEURS PRECITES ( INRA + CEMAGREF) A METTRE EN QUESTION LA QUALITE DES COMPOSTS.
Le "frelaté" serait-il ce que je qualifie d'info subversive distillée par les majors du déchet pour torpiller cette technologie qui leur rapporte moins ?
Ce rapport évoque aussi un captage beaucoup plus important de la matière organique et une "valeur agronomique qui peut être supérieure à celle du compost sur bio-déchets".
"Il semble que les coûts sont en général inférieurs à ceux de l'incinération" .... autrement dit manque à gagner sur le traitement des déchets, manque à gagner sur les collectes d'où point de vue négatif des majors du déchet.
Pour info, les "algues" sont pour une large part les ulves ramassées sur les plages.

VD69 | 09 septembre 2013 à 15h24
 
 

Pour répondre à VD69, si je n'ai pas en ma possession d'analysesdu compost de Launay-Lantic, j'ai facilement accès à la norme 44 051 où il est aisé de voir que la somme des limites réglementaires sur les métaux lourds est supérieur à 1 g/kg ce qui me semble une limite élévée pour un produit qui va servir à faire pousser des produits alimentaires. Que le compost soit conforme est une chose (j'aimerais tout de même connaître les résulats et surtout la méthode et la fréquence d'échantillonage !!), mais si la limite imposée par les normes est élevée, la conformité ne veux rien dire.
Pour revenir à l'incinération, décrié comme un procédé cher et polluant, n'oubliez pas qu'il faut bien trouver un exutoire à plus de la moitié des refus issus du tri des déchets brutes. Entre la décharge et l'incinération de ces refus, il est préférable de faire de l'énergie par combsution des ces refus plutôt que de les balancer dans un trou sans valorisation énergétique.

Robin | 09 septembre 2013 à 17h13
 
 

Re,

A VD69.Bonne lecture.

Vous répétez que:
Le "frelaté" serait-il ce que je qualifie d'info subversive distillée par les majors du déchet pour torpiller cette technologie qui leur rapporte moins ?

Faux,se sont les syndicats en charges des collectes et leurs représentants dans ceux du traitement des déchets qui décident.S'ils ne veulent pas mettre en place les collectes séparées des FFOMs, ils choisiront un procédé dont l'équipement de base est un fameux BRS(tubes fermenteurs pour noyer le poisson)avec méthanisation ou non;après en fonction des docs du DCE les candidats retenus font leurs offres sauf que tous ces marchés de conception -réalisation- (réglementation Française)maintenance voire exploitation sont passés en toute illégalité par la procédure du dialogue compétitif (réglementation de l'UE).

En tant que méga spécialiste que je ne suis pas mais simple observateurs-indépendant et usager-contribuable je suis partisan de la gestion directe et je vous conseille vivement de lire l'article ci-dessous et tant qu'à faire consulter les différents sujets par ailleurs
y compris le forum anglet environnement.

Bientôt des véhicules automobiles roulant aux déchets ?
www.actu-environnement.com/.../biomethane-dechets-gnv-vert-16973.p...‎
7 nov. 2012 - Exemple avec l'unité de méthanisation Méthavalor du Sydeme en Moselle (57). ... "arivem méthanisation"ou "forum ville d'Anglet environnement "...et bonne lecture! ... CANOPIA OU METHAVALOR???Y A PAS PHOTO!

Vanmeulebroucke Guy | 09 septembre 2013 à 18h31
 
 

Il y a un autre moyen de diminuer la quantité de déchets organiques:
La Poule!! en ville. Elles consomment entre 150 et 200kg de déchets par an.
Je vous invite à aller voir le concept de cette petite entreprise, qui propose des poules dans leur poulailler en location, au mois, (oui, oui, en location) , livrés à domicile.
Des déchets évités et en plus transformés en œufs frais, ça peut être une solution intéressante.

Clément

clement_31 | 18 septembre 2013 à 07h35
 
 

J'ai bien essayé de lire votre référence , mais elle semble introuvable. Au passage, j'ai trouvé sur ce même site actu-environnement un dossier de 2009 sur les traitements biologiques de déchets dont je tire une phrase qui me parait importante et hélas, trop rarement appliquée:
"Avec cette norme, la France a donc choisi une politique tournée vers l'obligation de résultat et non de moyens. Aucun type de traitement n'est donc privilégié pour la fabrication de compost. "
Votre opposition au traitement des OM grises, vient du fait d'une réflexion rapide du type : "je ne sais pas ce qu'il y a dans les ordures donc, leur compostage ne peut conduire qu'à des produits inconnus, donc potentiellement pollués , donc mauvais" ... résumé en : inconnu donc mauvais.
Là où, je pense , vous devez etre mal informé , c'est quand vous évoquez votre statut de contribuable. L'intéret de ces techniques est d'etre globalement moins chères (collecte+ traitement) que la collecte séparée des FFOM, différentiel d'environ 30%.
Quelques éléments pour nourrir votre réflexion : Que deviennent les couches de nos bébés (et de nos aieux) bien imbibées d'urine?
Dans un BRS, la cellulose, se tranformera doucement en humus et l'urine apportera à la fois l'eau et l'azote pour faciliter l'action biologique. Si séparation de la FFOM, ces mêmes couches ne peuvent y etre admise du fait du film plastique, les couches se retrouvent en incinération où l'eau rend le PCI négatif et où l'azote se tranforme en NOx polluant

VD69 | 18 septembre 2013 à 13h52
 
 

Suite de ma réponse à Monsieur G. Vanmeulebrouck.

Autre façon de voir : Quel est le devenir d'une pile mise dans la poubelle?
Si BRS: le brassage lent dans le BRS est incapable d'ouvrir la dite pile qui sera extraite par les tamisages successifs à 30 puis 10 mm. La pile rejoint donc le flux de refus qui serait avantageusement incinéré puisque grandement asséché et concentré en films plastiques. (Hélas, dans le cas de Launay Lantic, ces refus sont actuellement mis en décharge).
Si séparation de FFOM: (En principe elle devrait être séparée à la source, mais...) Soit la pile est mise dans la poubelle grise, et elle y rejoint le problème des refus de BRS, soit elle est mise dans les FFOM (ce qui de la part de ceux qui ne séparent pas à la source est fréquent). Dans ce dernier cas, la FFOM rejoint les déchets verts et y subit le broyage initial et notre pile y est éventrée, laissant son contenu se diffuser pendant tout le traitement biologique.
D'où le fait que certains composts issus de FFOM peuvent être plus sales que ceux issus de poubelles grises + BRS.

Au passage j'ai découvert à l'occasion des lectures auxquelles vous m'avez convié, que Véolia exploitait à Plemeur Bodou, une installation similaire à Launay-Lantic, faute de grive ils se contentent de merles mais n'en font strictement aucune publicité.

VD69 | 18 septembre 2013 à 14h19
 
 

J'aimerais bien avoir le ressenti de VD 69 sur le fonctionnement ou plutôt le non fonctionnement des usines de méthanisations de Montpellier (AMETHIST) et Angers (BIOPOLE) qui mettent en oeuvre la technologie BRS. Il semblerait qu'après plusieurs années de fonctionnement, les résultats attendus en termes de qualité de compost et de valorisation énergétique ne soient à la hauteur des espérances. Les investissements importants pour ce type de traitement auxquels il faut ajouter les coûts de traitement complémentaires en incinération et en décharge vont plutôt à l'encontre des propos de VD 69.

robin | 19 septembre 2013 à 13h51
 
 

Je suis honoré de la confiance que Robin m'accorde. Mes employeurs précédents ne m'ont pas fait cet honneur, ... "pas assez de sens politique" qu'ils disaient.
J'ai donc lu quelques articles sur Amétist et vous livre mon ressenti. Cette unité est largement décriée pour des pbs de capacité, des pbs d'odeur mais je n'ai rien vu concernant d'éventuels pbs de qualité de compost.
Ma première remarque est que le BRS avant méthanisation est une abération. Le BRS est une technique de fermentation aérobie, de compostage accéléré, 50% des matières organiques les plus fermentescibles y sont oxydées et ne donneront pas de méthane. En sortie de BRS un compostage rudimentaire est suffisant car la fraction la plus fermentescible, la plus génératrice de pb, est stabilisée.
En matière de traitement des déchets de collectivité publique (comme en traitement des eaux d'ailleurs) la doctrine Shadock "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?" est de pratique courante et s'y énonce sous la forme "Pourquoi faire bon marché quand on peut faire cher?" Les constructeurs et exploitants y gagnent, mais on ne peut exclure que les décideurs puissent etre parfois attirés par des remerciements au prorata du montant des marchés.
Le cas de Montpellier me semble symptomatique , tout y est pour y faire la solution la plus chère possible en matière de traitement biologique. (suite à venir)

VD69 | 20 septembre 2013 à 10h52
 
 

Bonjour(?),

Désolé de vous décevoir VD69 mais vous devriez consulter le site de (sans pub)l' association des riverains de la zac Garosud (amétyst) vous pourriez y lire entre autres ceci: 9 septembre 2013 .

Montpellier, jeudi 5 Septembre 2013

A l’occasion de l’officialisation de la rupture du contrat par l’Agglo de Montpellier avec Sita Sud et la recherche d’un nouvel exploitant, les Riverains de Garosud souhaiteraient exprimer leur colère.

Pourquoi vouloir amener 200 000 tonnes de déchets à Garosud alors que l’ usine Ametyst n’a pas été capable de valoriser les 120 000 tonnes de 2012 avec « en prime » les nuisances et le coût exorbitant que l’on sait? (648 tonnes de compost produits au lieu des 24000t + 4000t de compost bio annoncés au départ).

Pourquoi persister dans l’erreur de l’utilisation de cette technique TMB pourtant décriée sur le plan national et européen?

Pourquoi continuer à faire prendre des risques aux habitants et entrepreneurs de Garosud alors que des usines TMB identiques à Ametyst, continuent de brûler,comme celle de Varennes Jarcy dans l’Essonne il y a 10 jours?

Quand mettrons nous en place un vrai bac bio pour que nos concitoyens trient leur fermentescibles et ainsi nous passer définitivement de cette usine dangereuse et absurde sur le plan écologique?

Si on ne le fait pas pour ces nobles raisons, faisons le au moins pour nos porte-monnaie......

Avez-vous regarder "complément d'enquête sur les déchets"???Même si
tout n'est pas transposable?

Vanmeulebroucke Guy | 20 septembre 2013 à 12h10
 
 

Réponse rapide,
Les riverains se plaignent , je l'ai lu et écrit en parlant de problème d'odeur, mais toujours pas d'info sur la qualité des composts.
Le "constructeur", Vinci est plus connu pour ses réalisations de BTP (autoroutes, parking etc.) que pour celles de chantiers techniques . Le représentant de Vinci disant que si c'était à refaire, il le referrait autrement.

VD69 | 20 septembre 2013 à 12h41
 
 

Il faut comparer les projets:

1) Vinci par exemple est le détenteur pour la France depuis des années de la licence d'exploitation du constructeur Suisse kompogas. Ce procédé est basé sur la collecte des FFOms (produits résiduels de cuisines,verts etc))et la méthanisation-compostage sans BRS.Il suffit de vouloir consulter le projet Méthavalor,(construit par vinci comme amétyst)un des derniers en activité pour constater la différence des résultats.Politique qu'en tant que simple observateur et citoyen je préconise à titre personnel,je n'ai aucun intérêt,depuis 2008 pour le Pays Basque avec les retombées économiques, environnementales et sociales avec des activités annexes et connexes possibles.Cela est de la volonté des élus Alsaciens qui d'ailleurs se sont déplacés en Suisse.

2)Tous les constructeurs agissent de la même façon:les projets avec BRS ou sans et comme le PTMB prédomine c'est la cata!

Ce n'est quand même pas la mer à boire que de mettre en place des bacs bio-déchets,de distribuer des seaux de 5 litres avec des sacs bio.Ce qui est dépensé d'un coté est largement compensé de l'autre.

4)Des équipements moins coûteux que les BRS existent pour extraire la petite cuillère voire une pile ou un morceau de plastique mise par erreur dans le seau,avant traitement,mais à priori cela est très marginal.

5)Concernant l'usine bio-pole d'Angers,c'est la guerre,même le vice président de l'agglo en charge de l'environnement le reconnait. 2 millions de plus investit +tribunal.

Vanmeulebroucke Guy | 20 septembre 2013 à 16h08
 
 

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