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Jean-Louis Borloo présente les orientations du MEDAD

POLITIQUE - Actu-Environnement.com - 30/06/2007
 
À l'occasion de son premier grand rendez-vous médiatique en qualité de n°2 du gouvernement, Jean-Louis Borloo a voulu se montrer résolument orienté vers l'action, en se basant sur les méthodes chiffrées et éprouvées lors du Plan de cohésion sociale.
 
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Après quelques semaines de rodage, le ministère de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables (MEDAD) est aujourd'hui en ordre de marche. C'est par ses mots que Jean-Louis Borloo a débuté son premier grand rendez-vous médiatique qui lui permettait de présenter les grandes lignes de sa politique et ses orientations. La révolution industrielle, le productivisme, l'époque où les énergies fossiles étaient éternelles, est aujourd'hui révolue, a-t-il indiqué aux côtés de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, mais sans Dominique Bussereau, secrétaire d'état chargé des Transports, en déplacement. Voici venu le temps de l'action, a-t-il averti tout en précisant que ce ministère tiendrait les engagements pris par le Président de la République, Nicolas Sarkozy et qui répondent à une triple exigence : celle de la responsabilité vis-à-vis des Français qui ont pris conscience des urgences actuelles et qui attendent qu'on les guide et qu'on les accompagne, celle de la compétitivité économique car les économies qui n'ont pas pris le virage écologique sont condamnées à moyen terme à disparaître et celle de la solidarité vis-à-vis des plus démunis, premières victimes de la raréfaction des ressources. L'objectif affiché : que la France soit en pointe sur ce combat !

Rappelons que le numéro 2 du gouvernement, qui obtient donc un super-ministère, sera responsable du développement durable et l'environnement, de l'énergie et des matières premières, de la sécurité industrielle, des transports et leurs infrastructures, de l'équipement, de l'aménagement foncier et rural, de l'urbanisme et la construction et de l'aménagement et du développement du territoire. Il obtient aussi la responsabilité de la mer, même si la pêche reste rattachée à l'agriculture.

Le défi est grand pour Jean-Louis Borloo qui n'est qui plus est pas spécialement spécialiste en la matière : imposer l'environnement au rang de priorité majeure et faire cohabiter de manière transversale des secteurs aux intérêts souvent divergents.
Pour ce faire, la structure du MEDAD sera organisée autour de cinq pôles : lutte contre le réchauffement climatique, transports, biodiversité, aménagement durable et prévention des risques techniques et sanitaires. L'écologie qui relevait jusqu'alors d'un ministère sans réelle capacité d'action, cantonné souvent dans un rôle d'incantation ou d'interdiction, se trouve désormais sous l'autorité d'un ministre qui détient un vrai pouvoir de décision dans tous les domaines qui la concernent, a souligné le successeur d'Alain Juppé.

Comme nombre de ces prédécesseurs, mais qui n'avaient finalement que peu d'influence, Jean-Louis Borloo a fait le vœu d'un Etat exemplaire sur le plan environnemental. Je serai le garant de cette exemplarité et d'abord dans ce ministère qui doit être plus exemplaire que les autres. Le MEDAD assurera d'ailleurs aussi l'expertise de toutes les politiques publiques. Il aura notamment la responsabilité de vérifier, avant qu'elles ne soient décidées, que toutes les commandes publiques de l'Etat et des établissements publics répondent bien aux critères du développement durable.

Sur la méthode, Jean-Louis Borloo a indiqué vouloir procéder avec la même méthode que pour la mise en œuvre de son Plan de cohésion sociale, avec des objectifs et des sous-objectifs quantifiés et des comités de suivi et d'évaluation.

La fédération France Nature environnement (FNE) qui espérait jeudi, dans un communiqué, que le MEDAD se donne les moyens d'une véritable politique de l'environnement et de la protection de la nature et disposera d'un budget à la hauteur de ses ambitions, n'a pu encore avoir de réponse chiffrée, puisque interrogé sur le budget dont il disposait, Jean-Louis Borloo s'est montré évasif mais confiant. Nous sommes très détendus sur l'aspect budgétaire, a-t-il confié.

Le calendrier est toutefois fixé : un travail sera engagé sur les cinq prochaines années avec un premier rendez-vous au mois d'octobre prochain : le « Grenelle de l'environnement », qualifié par Nathalie Kosciusko-Morizet de premiers travaux pratiques de la charte constitutionnelle de l'environnement. Cette négociation, demandée par le Président de la République, doit aboutir à un plan d'action de 20 à 30 mesures concrètes et quantifiables.
L'objectif est d'obtenir un accord le plus large possible des participants car le consensus est la condition de l'efficacité, a prévenu Jean-Louis Borloo. Concrètement, les propositions vont être élaborées par six groupes de travail qui se pencheront chacun sur un thème : la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles, l'instauration d'un environnement respectueux de la santé, l'adoption de modes de production et de consommation durables, la construction d'une démocratie écologique, la promotion de modes de développement écologique favorables à la compétitivité et à l'emploi. Les groupes de travail seront composés de 40 membres répartis en 5 collèges de 8 membres. Ces collèges ont pour vocation de représenter tous les acteurs du développement durable : l'Etat, les collectivités locales, les ONG, les employeurs et les salariés. Un premier point d'étape devrait être effectué autour du 14 juillet. Il va falloir travailler vite, y compris en juillet et août, a estimé la secrétaire d'Etat chargée de l'écologie car la deuxième phase, en septembre, sera consacrée à la consultation du grand public et des acteurs locaux. Un site Internet permettra aux Internautes de réagir aux propositions des groupes qui seront mises en ligne. Des assises régionales, dont au moins une outre-mer, seront également organisées.

L'ensemble de ces mesures pourrait par ailleurs servir de socle à des initiatives françaises aux niveaux européen et international. Nous entrons dans une période d'évaluation du protocole de Kyoto et de préparation de l'après-Kyoto […]. La France a une responsabilité majeure pour faire de l'après Kyoto un véritable virage dans l'histoire de l'humanité, a déclaré jean Louis Borloo. Il y a fort à parier que Nicolas Sarkozy souhaite se voir renforcé et légitimé par ces mesures proposées au niveau national lors des négociations internationales à venir. La France assumera en effet la présidence de l'Union européenne au second semestre 2008, après la conférence de Bali prévu en décembre prochain, qui réunira les parties à la convention et au protocole de Kyoto et pendant la conférence de Poznan, en Pologne, prévue pour décembre 2008.

En attendant le Grenelle de l'environnement, le ministre d'Etat, s'est toutefois déjà fixé pour objectif de reporter au moins un quart du trafic routier vers le rail et la voie fluviale d'ici cinq ans. Il a également promis un grand chantier thermique au niveau du bâtiment. Dans le domaine de l'air, Nathalie Kosciusko-Morizet a quant à elle annoncé que les niveaux de particules feront l'objet de seuils d'information et d'alerte comme il en existe pour d'autres polluants comme l'ozone. Un projet de circulaire, qui demandera aux préfets de mettre en place une information renforcée du public sur les niveaux de pollution par les particules, avec des recommandations sanitaires associées est d'ores et déjà en préparation. Ce projet sera prochainement mis en consultation auprès des acteurs concernés, dont bien sûr les associations de surveillance de la qualité de l'air, en vue d'une finalisation et d'une diffusion aux préfets dans les plus brefs délais, avait déclaré, le 21 juin dernier à Dunkerque Nathalie Kosciusko-Morizet, devant l'assemblée générale des présidents des associations de surveillance de la qualité de l'air.
Par ailleurs, elle a annoncé la création du parc naturel marin de la mer d'Iroise, premier du genre, attendu depuis 1999 et destiné à protéger un espace maritime d'environ 3.500 km2 à la pointe de la Bretagne, du nord d'Ouessant au sud de Sein. Le décret devrait être prochainement publié au Journal officiel.

C.SEGHIER

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