Selon l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD), le fleuve Amazone vient d'atteindre un niveau d'eau jamais égalé de 814 cm à la station hydrologique d'Obidos, station qui contrôle les débits de l'Amazone à environ 800 km de l'estuaire, située au nord-ouest de Santarem, capitale de l'Etat amazonien du Para.
La mesure a été effectuée le 22 avril par l'IRD. Il étudie notamment l'impact du changement climatique sur l'hydrologie du bassin amazonien en coopération avec les services hydrologiques des six pays qui se partagent le bassin : Brésil, Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou et Venezuela.
Le fleuve Amazone a ainsi dépassé de 4 cm le niveau de la précédente crue record relevé en 2006. Et le niveau continue d'augmenter, prévient l'IRD qui précise que cette crue exceptionnelle, et
très précoce, proviendrait des fortes crues du Solimões, principal formateur de l'Amazone, provenant du Pérou et de Colombie. Ces forts débits proviennent de pluies exceptionnellement importantes dans toute la région nord du bassin amazonien depuis décembre 2008, ajoute l'Institut, liée à la phase La Nina de l'Oscillation Australe du Pacifique (ENSO) et des températures de surface océaniques anormalement élevées sur l'Atlantique tropical nord.
Cette crue
exceptionnelle impacte l'économie locale et les petites communautés de pêcheurs.
Les poissons étant répartis dans un plus grand volume d'eau, les pêcheurs ne prennent plus rien dans leurs filets, entraînant une hausse des prix pour l'acheteur et de très faibles rentrées financières pour les vendeurs, déplore l'IRD qui ne présage pas
une amélioration immédiate de la situation. Un nouveau pic devrait être atteint début mai.
R. BOUGHRIET
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