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Cancers : les risques environnementaux sont mal estimés

Un rapport de préfiguration du troisième Plan Cancer recommande de diminuer les seuils tolérés d'exposition de la population aux sources environnementales polluantes. En particulier les gaz d'échappement des moteurs diesel.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°329 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°329
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Jean-Paul Vernant, professeur d'hématologie à l'Université Pierre et Marie Curie, a remis le 30 août aux ministres chargées de la santé et de la recherche ses recommandations pour le troisième Plan cancer, qui couvrira la période 2014-2018.

Ces propositions doivent venir enrichir les réflexions des groupes de travail mis en place par les deux ministères en collaboration avec l'Institut national du cancer (INCa) pour élaborer ce plan. Ce dernier, qui s'appuiera également sur le bilan du deuxième plan rendu public il y a quelques jours et qui sera complété par une évaluation du Haut conseil de la santé publique, sera dévoilé début 2014.

Des expositions pour la plupart multiples

"Les données épidémiologiques récentes et les estimations de risque attribuent aux expositions environnementales un nombre important de décès par cancer", relève le rapport. Mais les risques environnementaux sont encore "mal connus et mal estimés", juge-t-il, prenant exemple des perturbateurs endocriniens. En effet, "les expositions sont pour la plupart multiples et de nombreux facteurs de confusion existent".

"Seul le radon a fait l'objet d'un objectif de la loi de santé publique de 2004", déplore le document. Et encore ne portait-il que sur les établissements de santé et d'enseignement de 31 départements. De plus, si le diagnostic a été posé, les mesures de protection n'ont, quant à elles, pas été recensées. Le deuxième Plan cancer a certes étendu ce contrôle à l'habitat et prévu une information de la population, mais le rapport considère ce plan comme insuffisant.

Le document rappelle le classement par le Circ des champs électromagnétiques de radiofréquences comme cancérogènes possibles pour l'homme, de même que celui des particules fines rejetées par les moteurs diesel comme cancérogènes certains.

Les auteurs recommandent de diminuer les seuils tolérés d'exposition de la population aux sources environnementales polluantes, par une limitation des sources de pollutions atmosphériques industrielles et urbaines, dont les gaz d'échappement des moteurs diesel, une limitation des toxiques polluant les eaux comme les pesticides, et la mesure des expositions aux perturbateurs endocriniens.

Autre objectif affiché : une augmentation du nombre d'équipes de recherche travaillant sur les liens cancer/environnement. Ce qui passe par le soutien à la constitution de cohortes, la caractérisation clinique et biologique des cancers d'origine environnementale en les comparant avec les cancers "spontanés" et un renforcement des études d'impact sur la santé.

Augmenter la déclaration des cancers d'origine professionnelle

"Le nombre reconnu de cancers d'origine professionnelle est encore très faible, particulièrement pour les cancers non liés à l'amiante", relève par ailleurs le rapport. Sur les 1.773 cancers reconnus en 2010 (en baisse de 3,1% par rapport à 2009), 1.473 résultent d'expositions anciennes à l'amiante, mais seulement 74 aux poussières de bois, 63 aux huiles et goudrons et 41 au benzène.

"Si pour les grandes entreprises le document unique d'évaluation des risques professionnels est opérationnel, il est le plus souvent inexistant en ce qui concerne les PME et TPE", souligne le document. Les rares qui s'y sont lancées, ajoute-t-il, l'ont fait plus "pour respecter une obligation que dans un objectif de réduction des risques".

Le rapport propose comme objectif d'augmenter la déclaration des cancers professionnels. "Cette déclaration est le temps essentiel pour mieux connaître les risques liés à une exposition professionnelle", expliquent les auteurs. Ce qui passe par l'évaluation de l'efficacité des consultations "cancers professionnels" prévues par le deuxième Plan cancer et le soutien aux programmes de recherche "articulant la clinique et la médecine du travail".

Le professeur Vernant souligne cependant le progrès des connaissances scientifiques, citant l'étude de l'Inserm qui confirme des liens entre exposition à certains pesticides et cancers. "La mise en œuvre de la politique de traitement des sites pollués par des cancérigènes reconnus est encore peu lisible", tempère toutefois le rapport, qui compte sur les éclaircissements du plan Santé Environnement.

Afin de diminuer les risques professionnels, notamment l'usage des pesticides chez les agriculteurs et des produits CMR dans l'industrie, le rapport recommande la mise en place d'un recueil longitudinal des données d'exposition des professionnels tout au long de la vie, le soutien des cohortes dans la durée sur le modèle de la cohorte Agrican, ainsi que la mise en place d'une cohorte des travailleurs agricoles antillais en raison de l'exposition au chlordécone.

Sans oublier l'étude du risque particulier de cancer d'origine professionnelle dans les populations défavorisées, la réduction effective des inégalités de santé liées au cancer étant l'un des trois objectifs stratégiques proposés par ce rapport.

Réactions2 réactions à cet article

 

Toujours pas de chance pour le nord isère, car en plus de la pollution atmosphérique industrielle que cette région supporte avec la cimenterie Vicat, l'ex nationale 75 qui traverse le village de part en part avec plus de 2000 camions / jour représente une pollution supplémentaire qui sera aggravée par le futur site CHIMIREC, 30 000 tonnes de déchets industriels dangereux, doublement dans 5 ans !
Il paraitrait d'après les élus que cela ne créera pas de nuisances supplémentaires ! même pas peur...

alexandre | 10 septembre 2013 à 18h25
 
 

Ma fille Laurence travaille comme intérimaire dans une entreprise d'assemblage de pièces diverses d'appareils électromécaniques. Ces montages répétitifs nécessitent l'usage de talc pulvérulent. Son poste de travail la confine dans un espace exigu, fait de panneaux plastique, installés semble t'il, pour l'isoler des allées et venues, mais aussi pour éviter à ses proches collègues d'inhaler les émanations de talc.
Quelle sont ces recours pour concilier les objectifs de son employeur sans hypothéquer sa santé ?
A la question que j'ai posé via internet : talc et santé ? les articles que j'ai pu consulter m'ont interpellés et me font faire beaucoup de soucis
Dans l'attente d'une réponse de votre part, je vous pries d'accepter mes remerciements et l'expression de ma considération

Jacques DRULIOLLE les COMBES DE BROSSARD 19330 CHAMEYRAT

Que dois-je répondre à cet invite? | 02 février 2014 à 12h10
 
 

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