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Titanesque ! La centrale photovoltaïque de Cestas, en Gironde

A quelques mois de la fin du chantier de la plus grande centrale du genre en Europe, les équipes sur le terrain s'activent. Une organisation industrielle redoutable ! Reportage.

Reportage vidéo  |  Energie  |    |  Baptiste ClarkeActu-Environnement.com
Titanesque ! La centrale photovoltaïque de Cestas, en Gironde

Sur le terrain, tout s'effectue en flux tendu, les panneaux à peine déballés sont immédiatement installés. Jusqu'à 250 personnes travaillent sur le site au plus fort du chantier, avec en pointe 15.000 panneaux posés par jour !

C'est un groupement d'entreprises piloté par Clemessy qui a remporté le contrat de conception, construction, opération et maintenance de cette centrale. Les panneaux produits en Chine ont été testés sur les lignes de production puis dans deux laboratoires externes en Chine et encore testés dans un laboratoire en France (Certisolis) pour s'assurer de leur qualité. Chaque panneau dispose d'un code barre. Ils sont donc scannés pour permettre, en cas de problème, de retracer l'ensemble de son processus de fabrication.

La centrale de Cestas se compose de 25 "petites centrales" de 12 MWc, raccordées les unes aux autres pour une puissance globale de 305 MWc et donc, vue la puissance, un raccordement directement sur le réseau très haute tension (RTE). Elle devrait produire 350 gigawattheures, soit l'équivalent de la consommation domestique de la ville de Bordeaux (environ 240.000 habitants).

La réglementation freine le développement des centrales au sol

La loi impose une distance de 500 mètres entre chaque centrale de 12MWc pour un même maître d'ouvrage. Donc, pour rentabiliser au mieux la surface au sol de 250 hectares, la société Neoen, propriétaire des terres et à l'origine du projet, a dû s'entourer de huit autres actionnaires. Coût de l'opération : 285 millions d'euros. Mais au final, Neoen ne détient que 40% du parc alors que la société aurait préféré être seul actionnaire : "Nous subissons les effets d'une réglementation datant du début de la décennie précédente, qui a été conçue initialement pour de l'éolien, et qui continue à survivre alors même que les pouvoirs publics annoncent par ailleurs vouloir éviter le "mitage" des projets. Les centrales au sol de grande taille sont pourtant le meilleur moyen de produire de l'électricité solaire de la manière la plus compétitive, tout en donnant aux acteurs français (que ce soit Neoen ou bien ses partenaires industriels, notamment Eiffage et Schneider) des références pour leur développement à l'international. Un effort de simplification administrative serait donc bienvenu !", témoigne Xavier Barbaro, président directeur général de Neoen.

Les associations réclament des comptes

Même si les concepteurs de ce projet affirment avoir lancé des programmes de compensation écologique dans le département (reboisements / aménagements de zones humides), des associations comme Sepanso, une des plus importantes en Gironde pour la protection de l'environnement, sont plutôt opposées à ce genre d'"immense installation industrielle qui empiète à nouveau sur la nature". La seule raison valable d'accepter ce type de projet serait alors de "stopper un réacteur nucléaire", affirme Daniel Delestre, président de l'association.

Réactions4 réactions à cet article

 

"Panneaux fabriqués en Chine" = la honte !

Stephus | 24 août 2015 à 16h23
 
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Vers la fin du reportage, M Daniel Delestre voudrait fermer un réacteur de la centrale nucléaire de Braud Saint Louis, suite au démarrage de la plus grande centrale solaire d'Europe.

Sauf qu'il y a un hic : la centrale solaire est donnée pour 300 MW crête. C'est-à-dire qu'elle peut produire jusqu'à 300 MW. Le problème, c'est que cette puissance crête correspond à une puissance idéale, proche du maximum possible (été, soleil, midi). S'il ne fait pas beau, c'est moins. En hiver, même s'il fait beau et même à midi, c'est beaucoup moins. La nuit, c'est évidemment 0. Le matin, ça augmente, l'après midi, ça diminue. On sait que la puissance moyenne annuelle est environ 13% de la puissance crête en France (13% de 300 MW = 39 MW).

Un réacteur de la centrale nucléaire du Blayais produit 900 MW électrique, 98% du temps (les 2% manquant, ce sont les périodes d'arrêts). Donc, avec 3 centrales solaires comme celle là, on produirait, un 21 juin à midi par beau temps, la même quantité d'électricité qu'un réacteur nucléaire. Mais, en puissance moyenne, nos 3 centrales solaires seraient encore 7.5 fois moins puissantes qu'un réacteur ! Donc, il faudrait environ 22 centrales solaires de cette taille pour produire la même quantité d'électricité qu'un réacteur sur l'année.

Et même avec nos 22 centrales solaires, on aurait une production nulle la nuit. Donc, il faudrait encore trouver un moyen de substitution pour la nuit.

Raspoutine | 24 août 2015 à 21h11
 
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"immense installation industrielle qui empiète à nouveau sur la nature"...
Dommage en effet que cette réalisation mette définitivement à l'ombre des zones naturelles, alors que des surfaces type parking d'aéroport ou de contre commerciaux gagneraient justement à bénéficier de l'ombre procurée par les panneaux ! Est-ce pour des raisons de sécurité que cette alternative n'a pas été exploitée ?

mb | 26 août 2015 à 12h05
 
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Pour la production de nuit les allemands, référence de nos penseurs, ont deux solutions soit ils importent de l'électricité soit ils font tourner les centrales au lignite. Il suffirait donc que l'on installe des centrales au charbon .

VD69 | 03 septembre 2015 à 09h09
 
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