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Cleantech : les signaux repassent au vert en 2013

L'écomobilité, le stockage de l'énergie et les énergies marines font partie des secteurs qui décollent. Le biogaz, l'éolien offshore et les smart grid semblent les plus prometteurs à moyen terme. L'éolien terrestre et le solaire restent à la traîne.

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Cleantech : les signaux repassent au vert en 2013

L'année 2013 annonce "la sortie du tunnel" pour les cleantech, estime le site d'information GreenUnivers qui a présenté son panorama des secteurs "verts" ce jeudi 31 janvier. Après quelques années de prudence ou de souffrance liées à la crise, certains secteurs créent la surprise, d'autres confirment leurs promesses, quelques uns maintiennent bon an mal an un rythme de croisière et deux restent en crise…

Mais malgré des signaux positifs pour 2013, Olivier Dupont, président du directoire Demeter Partners, se veut prudent : "Je vois une reprise plutôt en 2014".

"L'Etat et les collectivités territoriales continuent à jouer un rôle capital", note GreenUnivers, notamment via la réglementation, les financements et les primes à l'achat. Quant aux investissements des fonds de capital-risque, après une baisse en 2011, ils ont atteint 380 millions d'euros en 2012 (+100%), profitant à quelque 70 entreprises. Cependant, "quelques grosses opérations (Paprec, Voltalia) tirent les chiffres vers le haut", souligne GreenUnivers. Après plusieurs années axées sur les énergies renouvelables, les fonds d'investissements diversifient leurs portefeuilles et "retrouvent de l'intérêt pour des secteurs matures aux modèles économiques éprouvés, comme le traitement de l'eau et le recyclage".

Signe fort du potentiel des cleantech : les grands groupes, malgré le contexte, "ont continué obstinément leur développement en 2012. (…) Tous parient sur le décollage de ces marchés dont ils ne veulent pas être absents", à l'instar d'Alstom et d'Areva pour l'éolien offshore, Total dans le solaire, Air Liquide dans l'hydrogène…

Des secteurs très dynamiques

Trois secteurs émergents ont connu une accélération ces derniers mois. "L'écomobilité est la révélation de l'année 2012", estime GreenUnivers. Bien que ce marché soit encore restreint, le secteur est très dynamique. Le service francilien de location courte durée de véhicules électriques Autolib' a créé la surprise en atteignant le million de locations en un an d'existence. Une cinquantaine de villes proposeraient des services d'autopartage dont douze porteraient sur des offres 100% électriques. Trois millions de Français se seraient convertis au covoiturage, avec pour les appuyer près de 200 services dédiés. "Des modèles économiques commencent à se dessiner", analyse Laurence Benhamou, cofondatrice de GreenUnivers.

Côté véhicules électriques, si le marché est encore minime (9.300 unités vendues en 2012), la réglementation et la volonté du gouvernement et de certains acteurs font que "tout un écosystème se développe (infrastructures de recharge, batteries…)".

Le secteur des énergies marines décolle bel et bien, porté par l'hydrolien avec plusieurs fermes pilotes et un appel à manifestation d'intérêt prévu début 2013. L'arrivée de grands groupes dans ce domaine témoigne du potentiel de cette énergie (DCNS, Alstom, EDF, GDF Suez). En 2012, a également été lancé le projet de plateforme technologique et expérimentale France énergies marines, qui regroupe 58 structures entre Brest, Toulon et Nantes, avec une enveloppe budgétaire de 133M€ pour dix ans.

Pour le stockage de l'énergie, plusieurs expérimentations ont été lancées en 2012 (Grhyd par GDF Suez, Myrte par le CEA et Areva, Venteea par Erdf). Des start-up se placent également sur ce marché. "Mais la réglementation bloque encore [son] développement et les entreprises ont du mal à trouver un modèle économique", souligne GreenUnivers.

Les marchés du biogaz, de l'éolien offshore et des smart grid sont considérés comme des "valeurs sûres", grâce au potentiel que représente leur marché. Le secteur de la méthanisation est encore "très atomisé" tandis que, pour celui de l'éolien en mer, toute une filière industrielle se met en place. La France est même en avance pour l'éolien flottant, avec des acteurs comme Nénuphar. Quant aux smart grid, si le marché est resté atone en partie à cause du coup de frein sur Linky, la relance de ce projet par le gouvernement et la publication des textes réglementaires sur le marché de capacité, favorisant l'effacement, devraient permettre de le relancer.

Les secteurs en quête d'un nouveau souffle

D'autres secteurs sont plus attentistes ou doivent répondre à de nouveaux défis. Mais des signaux réglementaires devraient les relancer. C'est le cas du bâtiment et de l'efficacité énergétique qui, malgré la RT2012, peine à démarrer vraiment.

Les entreprises des déchets et du recyclage ont connu en 2012 une baisse de marché de 11%, liée à une baisse des volumes et des prix. La hausse programmée de la TGAP dans les prochaines années et l'élargissement du principe de pollueur-payeur (pour les biodéchets notamment) est favorable à une reprise d'activité.

Avec un rythme de croissance annuelle de 2 à 3%, le secteur traditionnel de l'eau résiste plus ou moins à la baisse de la consommation, des tarifs, à la perte de contrats. Cependant, apparaissent ces dernières années de nouvelles activités basées sur l'innovation, comme le traitement des eaux de ballast, le dessalement ou encore les compteurs intelligents.

Les lanternes rouges restent le solaire et l'éolien terrestre, freinés par le contexte réglementaire. Si les mesures d'urgence annoncées par le gouvernement pourraient relancer l'activité des entreprises dans le photovoltaïque, pour l'énergie du vent, il faudra attendre la décision de la Cour de justice européenne sur les tarifs d'achat, qui devrait tomber fin 2013.

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