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Climat : USA et Chine font des annonces à la veille de la reprise des négociations onusiennes

A la veille de la reprise des négociations climatiques, les Etats-Unis ont annoncé vouloir réduire de 30% les émissions de CO2 de leurs centrales électriques. En réponse, la Chine a annoncé un plafonnement de ses émissions à partir de 2016.

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Lundi 2 juin, l'Agence de protection de l'environnement (EPA) des Etats-Unis a annoncé un plan pour réduire de 30% entre 2005 et 2030 les émissions de CO2 des centrales électriques thermiques existantes. A ce stade, les règles proposées, qui doivent encore être adoptées définitivement, prévoient que chacun des 50 Etats américains adopte, d'ici juin 2016, un plan déclinant les mesures qui seront prises.

Dans la foulée de l'annonce américaine, un officiel chinois a indiqué, ce mardi, que le prochain plan quinquennal plafonnerait en valeur absolue les émissions de GES à partir de 2016. Ce plafond, dont le niveau reste à fixer, s'ajoutera aux objectifs nationaux exprimés jusqu'à maintenant en terme d'intensité carbone de l'activité économique. Pour rappel, la Chine est aujourd'hui premier émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES).

Ces deux annonces constituent des premières attendues de longue date. Certes, elles doivent encore être précisées et se concrétiser, mais elles interviennent alors que débute demain, mercredi 4 juin, à Bonn (Allemagne) la grande session estivale de négociations climatiques. Ces deux semaines sous l'égide de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc), représentent un moment clé avant les deux temps forts de la fin de l'année : le sommet organisé par Ban Ki-moon en septembre à New York (Etats-Unis) et la conférence annuelle de la Ccnucc, en décembre à Lima (Pérou).

Cette session réunira en particulier le Groupe de travail spécial de la Plate-forme de Durban pour une action renforcée (ADP) chargé de donner forme à l'accord signé en Afrique du Sud fin 2011 ainsi que les groupes de travail techniques. L'accord de Durban prévoit la signature, au plus tard fin 2015, d'un outil juridique contraignant qui entrerait en vigueur en 2020.

Eviter le Congrès pour avancer

La décision de réduire les émissions des centrales thermiques américaines d'ici 2030 constitue une annonce importante pour les Etats-Unis qui, jusqu'à maintenant, s'en tenaient à leur objectif pour 2020 fixé fin 2009, lors de la conférence de Copenhague (Danemark) : une baisse de 17% de leurs émissions de CO2 d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005. En outre, en agissant sur la production électrique via une réglementation définie par une agence fédérale, l'Administration Obama traite d'une part importante des émissions américaines, de l'ordre de 40%, tout en évitant un passage devant le Congrès. Reste cependant à savoir ce qu'il restera du document de près de 650 pages regroupant les règles proposées par l'EPA à l'issue de la consultation ouverte par l'agence fédérale.

Concrètement, chaque Etat américain se voit assigner un objectif, exprimé en terme d'émission moyenne de CO2 par mégawattheure (MWh) produit, qu'il peut atteindre comme il le souhaite. La mise en place de marchés carbone ou d'objectifs en terme de renouvelables sont des options possibles, même si les nouvelles règles visent avant tout une amélioration de l'efficacité énergétique des centrales à charbon et un meilleur contrôle des pointes de consommation électrique. Des alliances entre Etats sont aussi envisagées afin d'établir des stratégies communes et limiter certains coûts. Selon Reuters, les mesures envisagées menacent surtout les producteurs électriques vendant leurs électrons sur le marché de gros, les producteurs qui vendent leur électricité directement aux consommateurs par le biais de tarifs règlementés devant parvenir à transférer à leurs clients une partie des coûts liés à la réduction des émissions.

"Ces nouvelles règles proposées constituent l'action la plus importante prise par le gouvernement américain en matière de lutte contre les changements climatiques", a estimé Connie Hedegaard, la Commissaire européenne au climat, ajoutant que "c'est une bonne nouvelle et cela montre que les Etats-Unis prennent au sérieux cette question". Cependant si le message envoyé par les Etats–Unis est de bon augure, la Commissaire juge que pour limiter à 2°C la hausse moyenne des températures d'ici la fin du siècle par rapport à l'ère préindustrielle, comme s'y est engagé la communauté internationale à Copenhague, "tous les pays, y compris les Etats-Unis, doivent faire encore plus" en matière de réduction des émissions.

Discuter des initiatives de réduction des émissions

Le principal objectif de la réunion de Bonn est de progresser afin que les quelque 190 Etats membres de la Ccnucc s'entendent sur les premiers éléments qui pourraient constituer le cadre du futur accord international. Pour cela, deux sessions ministérielles sont organisées les 5 et 6 juin autour de la seconde période d'engagement sous le protocole de Kyoto, pour la première, et autour du futur accord post 2020, pour la seconde.

De même, des responsables du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) devraient présenter les grandes conclusions de son dernier rapport, et en particulier celles du troisième groupe de travail remises en avril 2014. Ce volet du cinquième rapport du Giec conclut que la température moyenne terrestre devrait s'envoler de 3,7 à 4,8°C d'ici la fin du siècle, par rapport à l'ère préindustrielle. Si une limitation de la hausse des températures à 2°C reste possible, estime le Giec, nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire.

Dans ce contexte, les annonces américaines et chinoises préfigurent ce que pourraient être les engagements que prendront ces deux pays. Parallèlement, le conseil de l'Union européenne (UE) a décidé en mars de reporter à octobre, au plus tard, sa décision sur les engagements européens post-2020. Sur proposition de la Commission, l'UE envisage une réduction de 40% de ses émissions de GES à l'horizon 2030. Afin de recenser l'ensemble des propositions, les négociateurs internationaux ont officiellement lancé, en mars 2014, "un processus par lequel les pays présenteront leurs projets, politiques et initiatives de mise en œuvre de leurs efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2020". Ce travail d'échange se fera par l'intermédiaire de réunions techniques au sein d'un groupe de travail spécifique.

Réactions1 réaction à cet article

 

Il faut noter que les USA limitent leurs réductions d'émissions à leurs seules centrales thermiques alors que l'UE, toujours en pointe, déclare réduire TOUTES ses émissions, flinguant au passage TOUTES ses industries.
Bien joué et merci à Connie (et à la Grosse Commission) dont on ne peut s'empêcher de penser qu'elle est véritablement un agent des USA (et de la Chine), ou simplement une irresponsable.

Albatros | 16 juin 2014 à 10h57
 
 

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