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Biodéchets : la Commission européenne juge suffisante la législation existante

La Commission européenne ne proposera finalement pas de directive sur les biodéchets. Cette option avait pourtant été considérée à la fin de l'année 2008. Bruxelles juge qu'il suffit d'améliorer la législation existante.

Dechets / Recyclage  |    |  Actu-Environnement.com
Biodéchets : la Commission européenne juge suffisante la législation existante (© David Kesti)
La législation existante sur les déchets est suffisante pour assurer une gestion optimale des biodéchets, indique la Commission européenne dans une communication publiée mardi 18 mai. Elle estime qu'il vaut mieux laisser aux Etats membres la marge de manœuvre nécessaire pour adapter au mieux la gestion de ces déchets aux conditions locales.

Ce n'est pourtant pas ce qu'avaient conclu les Etats membres eux-mêmes au cours du Conseil environnement de juin 2009. Ils estimaient que le sujet n'était que partiellement abordé dans les textes existants. Ils avaient notamment envisagé un étiquetage du compost et du digestat, une traçabilité des biodéchets, des mesures pour leur collecte séparée et des mesures de prévention. C'est la deuxième fois en dix ans qu'échoue une proposition européenne de directive sur ce thème.

La gestion des déchets municipaux reste très disparate dans l'Union européenne, rappelait l'Agence européenne de l'environnement (AEE) dans un rapport de mars 2010. En 2008, le recyclage et le compostage des déchets municipaux étaient les plus importants en Autriche (70% des déchets traités), Allemagne (65%), aux Pays Bas (60%) et Belgique (59%). 5 Etats membres - Bulgarie, Roumanie, Malte, Lituanie et Lettonie - avaient mis en décharge plus de 90% de leurs déchets municipaux.

Pourtant, les déchets verts, de cuisine et de l'agro-alimentaire représentent environ 88 millions de tonnes de déchets municipaux par an. Ils sont une source importante de méthane, gaz à effet de serre au pouvoir de réchauffement global (PRG) 25 fois supérieur à celui du CO2.

L'émission de 10 millions de tonnes équivalent CO2 pourrait être évitée en 2020 si le traitement biologique était optimisé, calcule la Commission. Un tiers de l'objectif européen d'énergies renouvelables dans les transports et 2% de l'objectif global en 2020 pourraient être atteints grâce à l'énergie tirée des déchets. La mise en œuvre complète des politiques existantes en matière de biodéchets pourrait générer des bénéfices environnementaux et économiques chiffré entre 1,5 et 7 milliards d'euros... Cette large fourchette dépend de l'ambition des politiques de recyclage et de prévention de ces déchets.

Bruxelles souhaite donc ''déverrouiller ce potentiel en faisant le meilleur usage de la législation existante et laisser aux Etats membres les marges de manœuvre nécessaires pour choisir les options adaptées à leurs circonstances individuelles''. Principaux moyens d'actions : prévention des biodéchets ainsi que traitement biologique - production de compost et de biogaz.

La Commission européenne envisage plusieurs pistes : demander aux Etats membres que leurs programmes de prévention incluent des mesures spécifiques en matière de biodéchets, mettre au point d'ici 2011 un critère de qualité commun pour le compost, notamment en agriculture. Les deux premières mesures pourraient être mises en œuvre via la directive-cadre déchets, la troisième par l'intermédiaire de la directive sur les eaux usées.

''Une condition préalable importante est un apport de déchets de bonne qualité'' aux processus que sont le compostage et la méthanisation, rappelle la Commission. Et cet apport de bonne qualité passe avant tout par une collecte séparée des biodéchets. De tels systèmes hautement efficaces existent déjà en Autriche, Allemagne, Luxembourg, Suède, Belgique, Pays-Bas, Catalogne (Espagne) et certaines régions d'Italie, indique Bruxelles. Pas en France, ce qui nuit à la qualité du compost, estimait Pénélope Vincent-Sweet, pilote du réseau Déchets à France nature environnement, dans une interview accordée le 21 avril à Actu-environnement.

Réactions3 réactions à cet article

 
Les déchets, une mine d'OR qui doit durée

Les "solutions" proposés par les pro du déchet, en France, sont toujours trés techniques, trés inoventes et surtout trés chères : TMB (le compost sera désastreux), incinérateurs batisés UVE surdimentionnés, torche à Plasma dans l'hérault (aucune réelle réalisation de référence dans le monde), usine de méthanisation mal conçues ... mais presque jamais des méthodes simples (compostage et unités de TRI) car "pas assez rentable" . On se demande pour qui? Les seules bonnes solutions sont basées sur une collecte sélective des différentes fractions, avec une incitation forte des citoyens, mais il parraitait que les collectes sélectives sont trés chères (?) et que les français seraient trop indisciplinés...

Duport claude | 20 mai 2010 à 14h52
 
 
PAUVRE FRANCE!

Cela aurait été trop beau,mais notre pays est au mains de très influents affairistes qui savent choyer les élus et ce n'est malheureusement pas le grenelle 2 qui va modifier grand chose.
La France toujours à la traîne afin de préserver les intérêts de l'incinération,du TMB et autre bio-réacteur-stabilisateur pour l'enfouissement arrange nombre d'élus qui choisissent la facilité des "ordures grises",au lieu d'une véritable valorisation d'avenir.
Ce n'est pas encore pour demain que les incapables gestionnaires des deniers publics vont généraliser les exemples de "BIOGASMAX".
En tout cas,concernant le Pays Basque,le super projet "BATZ" de "TMB-BRS" prévu à Bayonne par "BIL TA GARBI" est un tant soit peu mis à mal,le commissaire-enquêteur ayant repoussé les délais pour remettre ses conclusions....sans doute devant l'importance des réactions déposées par les opposants!!!

Vanmeulebroucke | 20 mai 2010 à 17h41
 
 

quelle inquiétude !
En Vendée , 3 usines de trimécano biologiques vont donc voir le jour. Le compost obtenu avec les déchets sales , certes trié, s mais pas nettoyés de leurs molécules toxiques aura donc droit de cité sur nos labours....et ces molécules migreront dans nos assiettes et la recrudescence des maladies dites de civilisation va permettre quelques colloques ..à la marge tout le monde s'y retrouve non ? on pollue par les produits essentiellement chimiques..cela rend malade...mais les labos soignent avec d'autres produits chimiques ..du moins essaient ..et cela fait tourner le manège.......du fric
.
mais bon
..en Vendée il y a un peu d'autochtones et tellement tellement de touristes de passage.Les empoisonner par des produits non encore interdits . cela ne sera pas traçable Les affairistes construiront de grosses usines très chères . au nom de l'emploi !.et si jamais l'Europe interdit cette soupe polluée sur nos culture ..un jour !! tant pis !
il suffisait de réfléchir plus longtemps à un projet cher mais durable
le TMB risque d'être cher et jetable.
martine

foehn | 09 décembre 2010 à 16h22
 
 

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