Cet article montre que la Société Nationale pour le Patrimoine des Phares et Balises avait vu juste en voulant sauver ce site d'une vente programmée par les services de l'État dès 2002. Cependant cet article ne relate pas la vraie genèse de ce sauvetage. Cette mise au point semble donc indispensable.
Lorsque la SNPB a visité le site du Stiff en 2002, l'enclos du phare venait d'être borné en trois parties : deux pour chaque maison et une au centre pour le phare. Les Phares et Balises avaient décidé de remettre aux Domaines pour vente aux enchères les deux maisons.
Le président de la SNPB, M. Marc POINTUD, ému de voir démembrer un patrimoine aussi exceptionnel, avait alors décidé de s'opposer à cette mise en vente. Une lettre en ce sens fut alors adressée à la direction de l'Équipement de Quimper dès le 14 novembre 2002. Les articles d'alors, notamment sur le site de la SNPB, tout comme les nombreux courriers, notes et courriels échangés alors avec l'administration centrale de l'Équipement ou le Cabinet du Secrétariat d'État aux Transports de l'époque relatent cette attitude et ses motivations. Un premier rendez-vous avec le directeur des Affaires Maritimes de l'époque, Mr. Serradji, n'avait rien donné si ce n'est une proposition de sa part à l'adresse de la SNPB de se porter acquéreur des bâtiments si elle souhaitait voir les conserver...
Courant 2003, une rencontre eut lieu, à la demande de la SNPB, au port du Légué, siège de la délégation Bretagne du Conservatoire du Littoral. Son délégué pour la Bretagne ignorait alors le projet de mise ne vente des dites maisons. Énonçant que le Conservatoire cherchait depuis longtemps à s'implanter à Ouessant, il accepta immédiatement le projet de la SNPB et la laissa demander à l'État d'attribuer ces bâtiments au Conservatoire.
Le 28 juillet 2003, une lettre de SNPB demandait officiellement au préfet du Finistère, compte tenu des éléments énoncés, « de bien vouloir faire procéder au reclassement des deux maisons du Stiff au profit du Conservatoire de l’espace littoral. ». Copie de cette lettre fut aussi transmise au ministère de l'Environnement et de l'Écologie avec demande de soutenir le projet.
Vers la fin de l'année 2003, des réunions eurent lieu à la subdivision des phares et balises de Brest, auxquelles assistèrent, outre les autorités concernées et la SNPB, le Conservatoire du Littoral et le maire d'Ouessant, qui avoua alors lui-même ne pas même être informé du projet de mise en vente de ces maisons...
En novembre 2003, le premier avant-projet de sauvegarde du site du Stiff fut adressé par la SNPB aux différents acteurs et autorités concernés. Il exposait notamment une promesse du Conservatoire à accepter d'ouvrir une des maisons au patrimoine des phares et balises, promesse verbale certes, prise dans l'euphorie du moment sans doute, mais restée lettre morte jusqu'à présent.
En mars 2004, la subdivision des phares et balises de Brest procédait à la destruction de toutes les boiseries de l'intérieur du phare, certes infestées de mérule, mais la sauvegarde du patrimoine à d'autres voies...Quoique que la SNPB ait dénoncé cet état de mérule dès 2002, il lui avait été opposé que le phare était en bon état, propos officiels d'alors confortés par l'écrit dans le non moins officiel « Inventaire des Phares de France » de 2000 (page 114).
Que le site du Stiff soit désormais sauvegardé est une excellente chose dont un faut se réjouir pour le bien public mais qui a été initié par l'engagement permanent de la SNPB. Laisser ce patrimoine accessible au public a toujours été une volonté de la SNPB qui était pourtant bien seule en 2002, lorsqu'elle « estimait que la vente de bâtiments de caractère, situés au cœur du futur parc marin régional, allait à l’encontre des intérêts de la collectivité."
Message déposé par snpb le 26/08/2008