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Le nouveau consommateur est-il pour la taxe carbone ?

SENSIBILISATION - Actu-Environnement.com - 21/01/2010
 
Sans le consommateur, les modes de vie ne pourront évoluer. La confusion des termes du débat sur la taxe carbone aura étouffé sa bonne volonté et brillé par un manque de pédagogie, selon un débat organisé par le magazine le Nouveau consommateur.
 
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© Pumba

Le nouveau consommateur existe. Le nouveau consommateur, c’est vous et c’est moi, qui nous posons des questions sur la provenance des produits, leur mode de production, leur finalité et leur durabilité. Le nouveau consommateur est voltairien, au sens où il est à la fois cosmopolitique et sceptique. Ses doutes le conduisent à décrypter l’imagerie publicitaire, dont il se refuse à être dupe. Sa quête d’informations l’amène à être en relation avec le reste du monde. Ses questionnements lui font désirer une économie plus juste et plus équitable, dans laquelle il serait un acteur responsable et éclairé. Le nouveau consommateur aime la démocratie participative, et n’aime pas être dupé. Il veut être respecté et consulté. Le nouveau consommateur est en faveur de l’entreprise socialement et écologiquement responsable. Certes il défend ses intérêts et se méfie des taxes et taxations abusives. C’est pourquoi il n’est pas certain que la taxe carbone soit la meilleure manière de le rallier à la lutte contre le changement climatique.

Alors, le nouveau consommateur est un consommateur responsable. Il est prêt à jouer le jeu, mais désire des explications. Le débat organisé au Comptoir général (Paris) le 19 janvier par le magazine le Nouveau consommateur a mis à l’aise toutes celles et ceux qui ont été déroutés par la taxe carbone, parce qu’ils n’ont pas compris les termes d’un débat finalement mal posé. Au départ, la taxe carbone se présentait comme une contribution climat-énergie. L’approche par la contribution était bien plus en accord avec le profil du consommateur éco-responsable, prêt à contribuer positivement à une démarche de refonte de la fiscalité globale. Mais ce que le nouveau consommateur n’apprécie pas, en revanche, c’est l’empilement des taxes, dont il ne voit pas l’objet. Principal défaut de la taxe carbone : c’est une taxe de plus ! Du moins est-ce ainsi que le public l’a perçue, selon l’avocat en droit de l’environnement, Arnaud Gossement, ancien porte parole de France Nature Environnement (FNE). ''Le ministre Eric Woerth a commis une erreur de communication, lorsque, dans le Figaro Magazine, il a parlé de taxe carbone''. Du coup, les sondages ont dit tout et son contraire.

Selon le professeur d’économie de l’université de Lille I, Alain Ayong le Kama, la question de l’équité de la contribution était centrale. Qui dit équité dit compensation pour les ménages les plus modestes et pour certaines entreprises plus exposées que d’autres. Mais en aucun cas il ne fallait exonérer. Or la compensation s’est soldée par des exonérations, d’où l’annulation de la taxe par le Conseil constitutionnel. Pour Laurence Rossignol, déléguée du Parti socialiste chargée du développement durable, la taxe carbone n’était pas juste, pour la simple raison qu’elle s’inscrit dans un contexte fiscal lui-même injuste : ''Certains ménages vont toucher un chèque vert alors qu’ils bénéficient du bouclier fiscal ! Allez expliquer cela aux ouvriers licenciés de Continental !'' (entreprise présente dans la région Picardie, dont Mme Rossignol est vice-présidente, ndlr). Il aurait fallu, selon Mme Rossignol, affecter sa redistribution aux ménages non soumis à l’impôt sur le revenu et seulement aux contribuables des deux premières tranches.

Un nouveau consommateur en gestation

Pour Ezzedine El Mestiri, rédacteur en chef du Nouveau consommateur, la taxe est un mot qui a mauvaise presse. Il n’est que de se rapporter au dictionnaire Larousse pour y lire que taxer veut aussi dire extirper par l’intimidation et la violence. Le Grenelle a eu un sens fort au départ, mais au final, il n’y a pas eu de bon signal : ''Tout était à l’envers et on peut se demander pourquoi. Parce qu’en France, nous manquons d’une éducation à la consommation. Alors que dans d’autres pays, en Finlande, au Québec, en Suède, il y a 120 heures au programme des manuels scolaires qui permettent de comprendre dès le plus jeune âge comment se fabrique un prix et de devenir des citoyens responsables. En Suède le chauffage au fuel est au musée ! Ici on se chauffe encore avec. On manque énormément de pédagogie. La manière dont on élabore le changement écologique manque d’ambition : il faut impliquer les citoyens pour qu’ils accompagnent le mouvement !''. Le signal prix ne suffit pas : il faut l’associer à une pédagogie.

Le consommateur n’est en fin de compte pas tout nouveau : comment lui faire comprendre qu’une augmentation de 7 centimes d’euro à la pompe ne suffit pas, alors que jamais depuis le début de l’histoire humaine, on n’aura autant consommé, rappelle Ezzedine El Mestiri : ''Jamais on n’aura créé autant de nouveaux besoins ! Nous disposons de quinze fois plus d’objets que nos grands parents, mais sommes-nous plus heureux ? ''. Qu’on se rassure : le nouveau consommateur, encore en gestation, va naître dans un an. L’affichage environnemental sur les produits entrera en vigueur le 1er janvier 2011. Au-delà du carbone, c’est l’empreinte écologique qu’il faut apprendre à connaître. Arnaud Gossement rappelle que la Norvège, pays modèle, stocke aussi du carbone. Que le Danemark, au-delà des vélos munis de side cars pour enfants qui circulent dans les rues de Copenhague, n’a pas respecté ses engagements de Kyoto. Au-delà de l’approche par le carbone, trop étroite, il s’agit bien de consommer moins, et de consommer mieux. Rien ne remplace la responsabilisation du consommateur en devenir.

Agnès Sinaï

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Réactions à cet article
 
Jeu de dupes
 
 
Quid du nouveau consommateur
 
 
Point de vue de Mme ROSSIGNOL
 
 
taxe carbone ou taxe énergie c'est toujours taxe
 
 
Taxe carbone
 
 
N'importe quoi
 
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