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Montagne de déchets de Limeil-Brévannes : le maire s'inquiète de risques sanitaires pour la population

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Un mois et demi après le lancement officiel de l'évacuation de la montagne de déchets par Nathalie Kosciusko-Morizet, le maire de Limeil-Brévannes a adressé un courrier à la ministre de l'Ecologie, faisant part de son inquiétude pour la santé de la population riveraine. Joseph Rossignol s'est même dit prêt à évacuer 26 pavillons situés à proximité du site.

Traitement des eaux de ruissellement à Limeil-Brévannes
Traitement des eaux de ruissellement à Limeil-Brévannes
 
La raison ? La présence de sulfure d'hydrogène (H2S) dans les eaux utilisées pour circonscrire les départs de feu de la montagne de déchets et qui sont rejetées dans les égouts (voir vidéo). ''Dès le mois d'août, j'ai fait procéder à des mesures d'H2S par l'entreprise la Lyonnaise des eaux et la Direction des services de l'environnement et de l'assainissement du Val-de-Marne. Ces mesures étant en contradiction avec celles de l'entreprise chargée du suivi du chantier (GRS Valtech, une filiale de Veolia), j'ai fait poser aux frais de la commune deux sondes paramétrées afin de récupérer une mesure toutes les quatre minutes. Les résultats enregistrés sur deux semaines et qui m'ont été communiqués vendredi soir sont alarmants'', a écrit le premier magistrat de Limeil-Brévannes à NKM. Selon lui, les eaux rejetées contiendraient 1.200 parties par millions (ppm) de sulfure d'hydrogène alors que le risque mortel serait atteint à 1.000 ppm. ''Manifestement, l'usine de traitement des eaux mise en place sur le site n'est pas efficace. Ils l'ont d'ailleurs déjà changée trois fois'', indique l'élu.

Pas d'inquiétude pour la préfecture mais un renforcement des mesures

Alertée samedi, la préfecture du Val-de-Marne a réalisé de nouvelles mesures et n'a pas relevé ''de teneurs dépassant les seuils admissibles''. Selon elle, au niveau du sol, la valeur de soufre était inférieure à 10 ppm, qui est ''la valeur limite d'exposition pour une durée de 15 mn prévue par le Code du travail''. A hauteur d'homme, la teneur mesurée était égale à zéro. Selon elle, ''les teneurs mesurées ponctuellement, par l'entreprise diligentée par le maire, proviennent de sondes placées à l'intérieur du réseau d'évacuation des eaux pluviales, dans un milieu confiné. Il ne s'agit donc pas de teneurs mesurées à l'air libre : de ce fait il n'y a pas de risque pour la population''.

La préfecture a cependant annoncé un renforcement du traitement des eaux ''pour abaisser encore plus le seuil des rejets de soufre dans le réseau des eaux pluviales'' et de nouveaux dispositifs de mesures de surveillance de la qualité de l'air à proximité du site.

''Ces dispositions nouvelles sont mises en œuvre sans délai. Un nouveau point de la situation sera réalisé à l'issue de la première campagne de relevés. Toutefois, si le dispositif d'alerte mis en place révélait des émissions anormalement élevées, des dispositions urgentes seraient immédiatement prises'', indique-t-elle.

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