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L'écolabel européen gagne du terrain dans les hôtels et campings français

Près de dix ans après sa création, le label écologique européen délivré aux établissements touristiques émerge en France. Selon l'Afnor, 200 hôtels ou gîtes et 60 campings seront certifiés fin 2012 répondant aux vacanciers en quête d'éco-tourisme.

Dev. Durable  |    |  Actu-Environnement.com
L'écolabel européen gagne du terrain dans les hôtels et campings français

Le tourisme, plus que toute autre activité, exige un environnement préservé. Ce secteur représente plus de 5% du PIB de l'Union européenne (et 7% en France) et compte plus de 500.000 hébergements touristiques. Souvent implantés sur des sites agréables mais fragiles, ces établissements peuvent entraîner une surexploitation des ressources en eau et en énergie et être responsables de graves dégradations en raison d'une mauvaise gestion des déchets. Ainsi selon l'Ademe, chaque nuitée engendrerait la consommation de 300 litres d'eau, de 40 kWh d'électricité et de chauffage et aboutirait à la production d'1 kg de déchets en incluant tous les services liés à cette nuitée : cuisine, nettoyage, climatisation, chauffage…

Symbolisé par un logo en forme de fleur, l'écolabel européen - qui fête en 2012 ses 20 ans - est une homologation volontaire créée par la Commission européenne visant à encourager les hôtels, les gîtes ou les campings à s'engager dans une démarche écologique et aider les vacanciers, en quête d'un tourisme durable, à distinguer les établissements les plus respectueux de l'environnement. Il est le seul label écologique reconnu à l'échelle européenne certifié par un organisme indépendant qui vérifie auprès des titulaires la conformité des produits et services aux critères de la marque. Cela passe par des audits réalisés sur le site.

   
L'écolabel européen
 
   

Un gage pour le tourisme responsable

Des grandes chaînes d'hôtels en passant par les chambres d'hôtes aux refuges de montagne…, un nombre croissant d'hébergements touristiques ont adopté l'écolabel spécifique à leur activité en France et en Europe depuis 2003, date de sa création. Les services de camping sont "également de plus en plus nombreux" à être labellisés depuis 2005, selon Patricia Proïa, responsable de l'organisme de certification Afnor qui délivre l'écolabel en France.

"En matière d'excellence environnementale", cette certification garantit via une trentaine de critères obligatoires et une soixante optionnels - une faible consommation d'énergie, d'eau, de déchets, l'utilisation d'électricité à base de sources d'énergie renouvelables et de substances moins nocives pour l'environnement (produits de nettoyage écologiques), a-t-elle expliqué le 29 novembre, à l'occasion d'un colloque organisé par Afnor sur "les enjeux" de ce label européen pour un tourisme responsable. La marque favorise également les achats de produits locaux et/ou bio ou provenant du commerce équitable, le management environnemental du personnel et la sensibilisation des clients. Par exemple, un des critères obligatoires demandait avant révision des seuils du label en 2009 que 25% de l'électricité consommée proviennent de sources d'énergies renouvelables avant de passer à 50%, a rappelé Mme Proia. Les hôtels peuvent donc installer des panneaux solaires photovoltaïques ou s'approvisionner chez un énergéticien qui propose cette alimentation en énergie renouvelable.

 
Le processus d'écolabellisation en France Pour obtenir l'écolabel, le service d'hébergement touristique ou de camping doit, dans un premier temps, mettre en place l'ensemble des actions nécessaires pour respecter les critères obligatoires et obtenir le nombre de points nécessaires (20 au minimum) sur les critères optionnels. Le professionnel doit ensuite apporter la preuve de son engagement : justifier du respect des critères de certification regroupés dans un dossier technique à déposer auprès de l'organisme de certification Afnor. "L'auditeur établit un rapport d'audit et Afnor sur cette base, décide de l'attribution ou pas du label", explique l'organisme. Un suivi du respect des engagements est réalisé par Afnor avec un audit tous les deux ans.
 
Pour les consommations d'énergie et d'eau, le cahier des charges demande en outre que 80% des ampoules électriques installées soient des basses consommations (de classe A). Un débit des robinets et des douches inférieur ou égal à 9 litres par minute maximum (contre 12 l/mn initialement) est également requis. D'autres critères visent à faciliter le tri des déchets dans les chambres et interdire l'utilisation des articles de toilette jetables (savons, shampoings…).

Le label "séduit de plus en plus de professionnels du tourisme" désireux de réduire leur empreinte "tout en assurant un service de qualité", selon l'Afnor. Pour les titulaires, les motivations d'adhérer à une démarche d'écolabellisation sont nombreuses : s'inscrire dans une dynamique de développement durable, se distinguer de ses concurrents, valoriser auprès de la clientèle des actions de gestion environnementale, met-elle en avant. Et de chiffrer parmi les "avantages" : "Les hôteliers certifiés ont constaté une réduction de 15 à 20% de leurs factures d'eau et d'électricité". 30% des éco-labellisés noteraient également "un impact important voire très important du label sur le taux d'occupation". Tandis que "près de 50% des particuliers prennent en compte la certification dans leur choix d'un hébergement touristique", selon une enquête réalisée fin 2011 par l'Afnor auprès d'établissements touristiques certifiés. "Professionnels et particuliers plébiscitent l'Eco-label européen comme la réponse à une envie croissante de tourisme responsable", estime l'Afnor.

Plus de 250 établissements français certifiés

Fin novembre 2012, 242 établissements touristiques (dont 192 hébergements) étaient ainsi écolabellisés en France contre "428 hébergements en Europe", a annoncé Patricia Proïa. Soit 44,8% des hébergements sont français. "Le premier hôtel français certifié date de 2006, soit trois ans après le lancement de l'écolabel. La France a depuis largement rattrapé son retard et dépasse désormais l'Italie en devenant le premier pays de l'UE en nombre d'établissements certifiés", a-t-elle déclaré.

En France, cet écolabel est à ce jour attribué à 120 hôtels, 21 résidences de tourisme, 29 gîtes ou fermes d'habitation, 23 villages de vacances. Figurent également une auberge de jeunesse à La Rochelle (Charente Maritime) et un centre de séminaire (Capgemini) à Chantilly (Oise). Parmi les 50 campings français écolabellisés (contre 71 au niveau européen), citons celui des "2 Vallées" à Vézac (Dordogne) ou "La grande Tortue" à Cande/Beuvron (Loir et Cher). 70% des campings certifiés européens sont situés en France.

D'après l'organisme certificateur, "de grandes enseignes d'hôtellerie comme Best Western intensifient leur accession au label" aux côtés ''de nombreux professionnels nationaux, Adagio, UCPA, Mer Montagne Vacances, Yellow Village'' déjà certifiés ou en cours. L'Aquitaine, la région PACA, les Pays de Loire, la Bretagne et l'Ile-de-France figurent au TOP 5 des régions françaises les plus écolabellisées du secteur."70 à 80% de la partie amont de la demande de l'écolabel peuvent être financés par les régions", a indiqué Mme Proïa.

"L'écolabel "hébergements touristiques" se développe en France alors que dans le reste de l'Europe un peu moins". D'ici fin 2012, 60 campings et 204 hébergements touristiques devraient au total être écolabellisés dans l'Hexagone, table l'Afnor.

Si les établissements français engagés émergent, reste encore pour l'écolabel à sensibiliser à la démarche les 18.000 hôtels de tourisme et 10.000 terrains de campings recensés en France… Une nouvelle révision des critères de l'écolabel est prévue mi-2013.

Réactions1 réaction à cet article

 

Si c'est pour dire au client qu'il n'a pas à faire laver les serviettes chaque jour, c'est un peu court.
Le motif véritable est d'attirer les bobos à haut pouvoir d'achat des pays du nord, réputés tellement vertueux...
Le plus gros impact du tourisme, c'est celui de la Mercedes ou de la BM ou Volvo (au choix) qui parcourt les 2 500 km pour arriver. Sans compter ceux qui arriveront par avion à Nantes ND des Landes, aéroport qui aura certainement un écolabel, faites confiance à l'Afnor, qui certifie déjà les gares TGV parce qu'elles permettent de réaliser des voyages en train...

Albatros | 06 décembre 2012 à 14h25
 
 

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