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La Banque mondiale dessine un modèle de croissance verte pour la Chine

Taxe carbone, marchés de quotas et taxe sur les exportations font partie des solutions avancées par la Banque mondiale pour que la Chine poursuive son miracle économique, menacé à long terme par sa forte pression sur l'environnement.

Dev. Durable  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
La Banque mondiale dessine un modèle de croissance verte pour la Chine

Avec un taux de croissance annuel moyen de 10 % depuis 1978, la Chine a basculé, en trois décennies, du statut de pays pauvre à celui de deuxième économie mondiale après les Etats-Unis. Si la Banque mondiale reconnaît ce miracle économique, celle-ci souligne qu'il est inachevé compte tenu des externalités négatives causées par cette croissance. Dans le rapport sur le modèle de développement de la Chine d'ici 2030, la Banque mondiale estime que la destruction de l'environnement, la consommation des ressources et les émissions de gaz à effet de serre font partie des déséquilibres qui, s'ils ne sont pas "corrigés rapidement, pourraient précipiter la Chine dans une crise économique et sociale". Le modèle traditionnel de développement n'est pas soutenable, indique-t-elle, l'Empire du milieu doit donc se lancer dans la course à l'économie verte, car l'Allemagne, les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud, le Brésil ont déjà pris le départ.
Au niveau actuel de son développement, la dégradation de l'environnement et l'épuisement des ressources sont évalués à 9 % du revenu national brut, soit dix fois plus que pour la Corée du Sud ou le Japon. La Banque mondiale estime que la Chine pourrait tendre vers un coût environnemental beaucoup plus faible (2,7 % du RNB par an, niveau actuel des Etats-Unis), avec un coût supplémentaire de 0,5 à 1 % du RNB.

Le plan quinquennal, un premier pas insuffisant

Les émissions par habitant de GES de la Chine augmentent à un rythme très élevé, dépassant désormais celles de la France et de l'Espagne. La Chine est désormais le plus gros pays émetteur malgré l'effort de réduction de 20 % de l'intensité énergétique réalisé entre 2006 et 2010. Le pays s'est engagé à diminuer son intensité carbone par unité de PIB de 40 à 45 % d'ici 2020 (par rapport à 2005) alors même que le PIB par habitant aura doublé. Pour y parvenir, il mise sur l'innovation technologique. Son douzième plan quinquennal prévoit une augmentation des dépenses de R&D de 2,5 % du PIB d'ici à 2015, soit un budget parmi les plus élevés au monde. Ce plan met l'accent sur sept industries stratégiques : efficacité énergétique, énergies nouvelles, technologies de l'information, biotechnologie, high-tech, véhicules propres et fabrication haut de gamme.

"Si une croissance dans ces secteurs rendra la structure économique de la Chine plus compétitive et si les percées technologiques sont essentielles pour une croissance verte, la transition est un processus beaucoup plus profond, souligne la Banque mondiale. La transition doit aussi toucher la fabrication et les services, la construction et le transport, le développement urbain et la gestion de production, l'énergie et la consommation". De plus, outre les émissions de GES, la Chine fait face à de nombreux problèmes environnementaux : étalement urbain, congestion, pollution de l'eau, des sols, de l'air…

Développer des instruments financiers

Aussi, la Banque mondiale liste sept défis que la Chine va devoir relever pour réussir son développement "vert", tant dans les secteurs traditionnels que dans les éco-technologies.

Cela passe par une réforme des mécanismes de tarification pour le charbon, l'électricité, le gaz, l'eau et les autres ressources naturelles "afin que les prix reflètent non seulement la rareté du marché, mais aussi autant que possible les dangers externes sur l'environnement et la santé dans le processus de l'exploitation minière, la production et l'utilisation de ces ressources". Les subventions directes et indirectes pour l'énergie traditionnelle et les ressources (minéraux, pétrole, gaz naturel, gaz de schiste et méthane de houille) doivent également être supprimées.

La Banque mondiale préconise également à la Chine de donner un prix au carbone, via différents instruments (plafonds d'émissions par province, marché carbone pour les 1.000 plus gros émetteurs, taxe carbone sur les carburants…), avec un transfert de la fiscalité du travail vers le carbone afin de ne pas pénaliser l'emploi et la compétitivité. La Chine pourrait également mettre en place des mécanismes de marché pour l'eau, les terres agricoles et les écosystèmes (paiements des services écologiques, quotas de terres agricoles par province…).

En parallèle, les nouvelles technologies et les services écologiques doivent être soutenus, via la suppression des obstacles à l'investissement privé et la fin des monopoles historiques de l'Etat dans les secteurs de l'eau ou des déchets notamment. L'Etat, de son côté, doit investir dans les marchés moins mâtures, en développant par exemple les stations de recharge pour les véhicules électriques ou en renforçant les réseaux pour accueillir les énergies renouvelables. Il doit également soutenir la R&D. "Le gouvernement devrait également établir un calendrier pour annuler les dégrèvements fiscaux à l'exportation et peut-être fixer des quotas d'exportation pour la plupart des produits polluants et gourmands en ressources", indique la Banque mondiale.

Renforcer la réglementation

Mais les incitations financières ne suffiront pas, note la Banque mondiale. La réglementation environnementale doit être renforcée, grâce aux normes environnementales (pour la consommation de carburant de véhicules, l'éclairage ou la construction), le verdissement des marchés publics et l'obligation d'information et de contrôle (pour la qualité de l'air et de l'eau notamment).

La consommation responsable doit être incitée grâce à une sensibilisation du public, une meilleure information (étiquetage) et un appui des ONG.

Pour éviter des déséquilibres sociaux liés à la transition de l'économie, la Banque mondiale estime qu'il faudra utiliser les recettes carbone pour soutenir les populations mises en difficulté et mettre en place, pour l'électricité, le gaz, l'eau, des tarifs sociaux réduisant l'impact de la hausse des tarifs. La vente de quotas carbone pourra notamment procurer un revenu aux régions les plus pauvres.

Enfin, la réduction des impacts du changement climatique (renforcement des réseaux sensibles, drainage des eaux pluviales, élévation du niveau de la mer, assurances, adaptation de l'agriculture…) et le renforcement des institutions locales apparaissent nécessaires.

Réactions1 réaction à cet article

 

La banque mondiale? mais mais qu'est ce que c'est, à quoi çà sert? de quoi ils se mêlent.Hallucinant

T137 | 30 mars 2012 à 00h08
 
 

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