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Ecophyto : des résultats 2015 en trompe l'oeil

Les résultats du plan Ecophyto montrent une baisse de 2,7% de l'utilisation des pesticides en 2015. Une bonne nouvelle à laquelle se raccroche Stéphane Le Foll pour espérer des impacts à plus long terme car la situation ne s'améliore pas vite.

Agroécologie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

A l'occasion du comité de suivi du plan Ecophyto lundi 30 janvier, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a présenté les résultats du plan pour l'année 2015. Pour la première fois, l'indicateur de suivi de l'usage des pesticides, le Nodu, montre une baisse de 2,7% de l'utilisation des pesticides en milieu agricole. Jusque-là le plan Ecophyto, lancé fin 2008, n'avait pas fait ses preuves. En 2014, l'usage agricole avait augmenté de 9,4% par rapport à 2013. L'année précédente, la hausse était de 9,3%.

 
L'utilisation agricole des pesticides est toujours très élevée malgré la mise en place du plan Ecophyto 2  
François Veillerette, Générations futures
 
Pour Stéphane Le Foll, cette première baisse est un signal positif : "Il faut qu'on maintienne cette tendance". Pour la FNSEA, le syndicat majoritaire du monde agricole, c'est l'occasion de rappeler son implication et de faire preuve d'un certain satisfecit suite aux nouvelles orientations du plan prises en 2015 : "Ce plan Ecophyto 2 donne d'ores et déjà des premiers résultats. La preuve que l'écologie incitative est plus efficace que l'écologie punitive !", commente le syndicat. Mais cette baisse n'est que le sommet émergé de l'iceberg.

Des pratiques agricoles à forte inertie

Pour prendre en compte les variations climatiques qui influencent beaucoup l'utilisation d'herbicides, de fongicides et d'insecticides, cet indicateur est lissé sur les trois dernières années. Ce Nodu triennal pour la période 2013-2015 a augmenté de 4,2%. Sur la période 2012-2014, il avait déjà augmenté de 5,8%. Alors, cette baisse annuelle ne sera-t-elle qu'un artéfact ou augure-t-elle une inflexion dans l'utilisation des produits phytosanitaires ? Dominique Potier y croit. "Le processus est irréversible", estime le député (PS, Meurthe et Moselle) à l'origine des réformes mises en place pour la seconde version du plan Ecophyto.

Un enthousiasme que ne partage pas l'association Générations futures : "L'utilisation agricole des pesticides est toujours très élevée malgré la mise en place du plan Ecophyto 2", déclare François Veillerette, son directeur. "Il faut d'urgence modifier les systèmes de production vers des systèmes de production intégrée et biologique si l'on veut espérer réduire vraiment l'usage de ces pesticides de synthèse dont on connait les dangers pour la santé et l'environnement !", conclut-il.

Renforcer les outils et la gouvernance

Le ministre de l'Agriculture mise sur le déploiement des bonnes pratiques pour confirmer cette baisse annuelle et infléchir l'indicateur triennal dans les années à venir. Cette année encore, les fermes expérimentales Dephy affichent de bons résultats. Sur la période 2013-2015, leur indice de fréquence de traitement a été réduit en moyenne de 8% en arboriculture, 11% en grandes cultures et polyculture-élevage, 12% en viticulture, 33% en horticulture et même 75% dans certaines cultures tropicales.

Le député Dominique Potier attend aussi beaucoup du mécanisme des certificats d'économie de pesticides (CEPP) lancé en août 2016. "Ce mécanisme est une innovation majeure. Je suis persuadé que l'objectif de réduction des ventes de 20% d'ici 2020 sera atteint voire même dépassé". Pour l'instant, le dispositif est en stand by puisque le Conseil d'Etat l'a annulé pour des raisons de procédure. Il est en cours de réécriture dans le cadre de la proposition de loi relative à l'accaparement des terres agricoles. "Il faut que cet outil soit inscrit dans la loi. La commission européenne s'y intéresse sérieusement. L'expérimentation française pourrait la décider à généraliser ce dispositif dans l'ensemble de l'Europe", prévient Stéphane Le Foll. Les premiers certificats ont d'ailleurs été délivrés. D'autres demandes sont en cours d'étude par l'Inra, organisme chargé de les délivrer.

Alors qu'un changement d'équipe présidentielle approche, certaines parties prenantes appellent à une modification de la gouvernance du plan. "La tenue annuelle d'un comité national d'orientation et de suivi n'est pas suffisante pour piloter efficacement la mise en œuvre du plan ni mesurer son efficacité sur le terrain", estime l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Elle appelle donc le ministère à définir un nouveau mode de gouvernance pour associer toutes les parties-prenantes dans des discussions plus régulières et plus transversales.

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