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Air intérieur : premières pistes pour un étiquetage des produits d'entretien et des désodorisants

L'Ineris vient de remettre un rapport sur un projet d'étiquetage des émissions des produits d'entretien, désodorisants et équipements électroniques. Les seuils réglementaires ne sont pas suffisants pour éviter une pollution de l'air intérieur.

Air  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

À partir du 1er janvier 2012, les produits de construction et d'ameublement, les revêtements muraux et de sol, les peintures et vernis seront soumis à un étiquetage obligatoire, notamment sur leurs émissions et contenus en polluants volatils. La loi Grenelle 1 prévoyait également que l'État publie ''une étude sur la nécessité d'étendre ces mesures à d'autres catégories de produits de grande consommation'', notamment les produits d'entretien, les désodorisants et les équipements électroniques. C'est chose faite. L'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), chargé de cette étude par le ministère de l'Ecologie, a recensé les données disponibles sur les émissions de composés organiques volatils (COV) de ces produits et évalué les risques sanitaires d'une exposition chronique par inhalation.

En premier lieu, cette étude révèle que ''trop peu de données sont disponibles sur les émissions de substances polluantes par les produits de grande consommation''. Elle note également qu'il y a ''un déficit d'information des pouvoirs publics ainsi que du consommateur,qui n'a pas la possibilité à l'heure actuelle d'orienter ses choix vers des produits peu émetteurs''. De plus, ''l'analyse de la réglementation s'appliquant actuellement aux produits d'entretien et aux désodorisants montre que celle-ci est peu adaptée au contexte d'exposition chronique aux substances émises par ces produits''.

En conclusion, le rapport dessine les premières pistes pour un étiquetage de ces produits à l'horizon 2013.

Formaldéhyde et benzène : les seuils réglementaires ne sont pas assez stricts

L'Ineris a établi une première liste des substances majoritairement émiseset/ou incorporées dans ces produits en fonction de leur catégorie et de leur forme. ''Pour l'ensemble de ces produits, le formaldéhyde et le benzène sont des substances susceptibles d'être émises à des niveaux qui dépassent les niveaux acceptables alors même que la teneur dans le produit est conforme à la réglementation en vigueur (limitation à 0,1 %)''. Pourtant, ces deux substances sont à gérer prioritairement dans l'air intérieur ''du fait de leur impact sanitaire bien établi et de leur fréquence dans les logements''.

Pour les nettoyants multi-usage, l'Ineris a établi un classement par ordre d'impact : lingettes < liquide (dilué) < spray. Pour ces produits, ''le formaldéhyde et le benzène tirent l'indicateur de risque à des niveaux non négligeables''.

Dans la catégorie des désodorisants d'intérieur, la classification des produits selon leur impact est : bougies < spray < diffuseurs électriques < diffuseurs lents < encens, sachant que, par exemple, les concentrations inhalées en COV totaux sont deux fois plus importantes pour les diffuseurs électriques que pour les diffuseurs lents. Pour cette catégorie aussi, le formaldéhyde et le benzène tirent les indicateurs de risque, ainsi que le limonène.

Pour les équipements électroniques, ''en l'absence de scénario d'utilisation élaboré au niveau européen, le calcul d'un indicateur de risque à partir des facteurs d'émission déterminés dans les différentes études est impossible''. Cependant, des premières pistes de recherche se dessinent.

Pour les téléviseurs, les taux d'émission les plus élevés sont mesurés pour le phénol et le toluène, suivis des émissions de benzène et de dibutylphtalate. Si les émissions de COV diminuent avec le temps (5-20 % de l'émission initiale après 4 mois pour la plupart des composés), les émissions des retardateurs de flammes phosphorés, semi-volatils sont beaucoup plus lentes et se poursuivent de ce fait plus longtemps (plusieurs mois ou années).

Pour les moniteurs d'ordinateurs et les magnétoscopes, les émissions de toluène et d'autres COV décroissent avec le temps. Des retardateurs de flamme phosphorés sont également émis. Les écrans plats émettent moins que les écrans cathodiques, les ordinateurs portables émettent moins que les ordinateurs de bureau (mais les substances sont différentes). Les petits appareils électriques (téléphones, rasoirs, baladeurs CD, consoles portables) émettent 10 à 100 fois moins de COV que les téléviseurs. Quant aux transformateurs et aux chargeurs de batterie, ils sont de forts émetteurs de COV.

L'Ineris note que des recherches doivent être menées pour prendre en compte les émissions de particules de l'ensemble de ces catégories de produits.

Vers un étiquetage des produits d'entretien et des désodorisants

Pour l'heure, les informations communiquées sur les étiquettes de ces produits ne permettent pas aux consommateurs de déterminer leur exposition potentielle aux substances émises par les produits. L'étiquetage pourrait orienter le consommateur dans son choix d'achat mais aussi être une incitation à la réduction de l'utilisation de tous ces polluants par les industriels, note l'Ineris.

Mais le développement d'un étiquetage obligatoire nécessitera de s'accorder sur des protocoles de mesure qui tiennent compte des conditions réelles d'utilisation des produits ménagers. Différentes études se penchent déjà sur ces questions pour les produits d'entretien (Consexpo®) et les désodorisants (professionnels de la bougie).

Finalement, au vu des données disponibles aujourd'hui, la mise en œuvre de l'étiquetage pour les désodorisants pourrait intervenir en 2013, et dès 2012 pour les bougies. Pour les produits d'entretien, l'institut mise davantage sur 2014.

''Le label NF Environnement pourrait être une base de travail soit en vue d'un étiquetage obligatoire des substances, soit en vue d'un étiquetage classant des produits de consommation en fonction des teneurs''. En effet, celui-ci impose des seuils inférieurs à la réglementation pour le benzène et le formaldéhyde (0,01 %), ce qui permet, ''avec les outils utilisés dans ce rapport, de passer à un indicateur de risque acceptable relatif pour les effets à seuil''.

Mais ''la limitation en teneur dans les produits ne préjuge toutefois pas de l'exposition finale du consommateur, celle-ci dépendant de la catégorie du produit, de son usage et des réactions entre les substances chimiques émises entre elles et avec les substances présentes dans les environnements intérieurs''. Il faudrait donc fixer des limites d'émission. Le projet ADOQ étudie actuellement les émissions d'une cinquantaine de produits d'entretien. Il pourrait aboutir à un classement en fonction des facteurs d'émission de chacune des substances cibles ainsi que sur les COV.

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