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78% des emplois dans le monde dépendent de l'eau

L'édition 2016 du rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau pointe que 78% des emplois dans le monde dépendent plus ou moins de l'eau. Il dégage également de nouvelles tendances pour le couple eau-énergie.

Eau  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

Près de trois emplois sur quatre (78%) dans le monde dépendent, directement ou indirectement, de la ressource en eau, selon l'édition 2016 du rapport mondial de mise en valeur des ressources en eau de l'Unesco, rendu public à l'occasion de la journée mondial de l'eau. "Clairement, il y a des secteurs qui sont beaucoup plus liés à l'eau que d'autres, si nous pensons à la sylviculture, l'exploitation minière et l'extraction de ressources naturelles, l'agriculture – bien entendu – mais aussi la production d'électricité, qu'elle soit hydraulique ou thermique", détaille un des co-auteurs du rapport, Richard Connor. Seraient ainsi fortement dépendants de l'eau, 95% des emplois issus de l'agriculture, 30% de ceux de l'industrie et 10% du secteur des services. Ce qui représente 1,35 milliard d'emplois (42% de la population active mondiale totale). Parmi les secteurs également concernés : les industries manufacturières et de la transformation comme les industries alimentaires, pharmaceutiques et textiles, les soins de santé, le tourisme et la gestion des écosystèmes.

Pour d'autres secteurs, l'eau s'avère essentielle uniquement à certains niveaux de leurs chaînes de production. Le rapport estime que dépendent de l'eau dans une moindre mesure 5% des emplois agricoles, 60% des industriels et 30% de ceux des services. Soit 1,15 milliard d'emplois (36% de la population active mondiale totale). Par exemple : les métiers de la construction, des loisirs, du transport (sauf la navigation intérieure).

De plus, un certain nombre d'emplois connexes faciliteraient la création d'emplois liés à l'eau : des postes au niveau des institutions réglementaires, du financement d'infrastructures, de l'immobilier, du commerce de gros et de détail, et de la construction. "Ces emplois fournissent l'environnement propice et le soutien nécessaire aux activités ou au fonctionnement des systèmes, industries, institutions, ou organisations qui dépendent de l'eau, note le rapport. Grâce à une estimation des emplois potentiels générés par des investissements dans la fourniture, le traitement et la conservation de l'eau, les gouvernements peuvent déterminer les politiques d'investissement et d'emploi qui permettront d'augmenter et d'améliorer les emplois dans toute l'économie".

Eau et énergie : de nouvelles dynamiques à l'oeuvre

Si la Banque mondiale appelait en 2014 à une accentuation de la gestion conjointe de l'eau et l'énergie, du fait de leur interdépendance, le rapport de l'Unesco pointe une possible nouvelle tendance. Pour examiner l'emploi direct lié à la production d'électricité, les auteurs se sont en effet basés sur des projections de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Dans son scénario de référence, l'AIE indique une perte globale d'un million d'emplois à l'horizon 2030 tandis que le scénario [R]évolution énergétique table sur une augmentation de 10 millions d'emplois d'ici 2030, la principale différence se situant dans le secteur des énergies renouvelables. "Avec l'essor croissant des énergies renouvelables, de nouvelles dynamiques eau/emploi se dessinent, car certains types d'énergie, tels que l'énergie solaire photovoltaïque (PV), éolienne et géothermique, n'utilisent pas d'eau pour la majorité d'entre elles", note le rapport.

Les emplois traditionnels du secteur de l'énergie pourraient être transférés vers le secteur des énergies renouvelables. Si la production d'énergie augmentera constamment, en revanche les prélèvements en eau pourraient ainsi progresser dans une moindre mesure et même se stabiliser, du fait de la contribution des énergies renouvelables, moins gourmandes en eau. "Il est également intéressant de noter que la consommation d'eau progressera plus vite que les prélèvements, principalement en raison de la transition des systèmes de refroidissement à passage unique vers des tours de refroidissement (évaporation en boucle fermée) et en raison des besoins en irrigation pour la production de biocombustibles", pointe-t-il.

600.000 emplois directs dans la région CEE-ONU

Le rapport s'est également penché de façon plus précise sur la situation des emplois liés à l'eau des différentes régions du monde dont l'Europe. Différents facteurs ont influé sur l'emploi et la formation dans le domaine de la gestion de l'eau, des services et de la recherche. Ainsi, l'adoption de la directive-cadre sur l'eau (DCE) a modifié l'évaluation des ressources en eau, en renforçant le rôle des consultations publiques, de l'économie et des paramètres biologiques de la qualité de l'eau. De la même manière, l'augmentation de la normalisation à l'échelle européenne contribue à encourager l'échange d'expériences et à la mobilité des travailleurs entre les Etats membres.

Les services d'eau regrouperaient dans la région de la CEE-ONU 9.000 PME. Les emplois directs, dans les compagnies d'eau et d'assainissement, représenteraient 600.000 postes. "Au cours des dernières décennies, le nombre de personnes travaillant dans des installations d'approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées n'a cessé de diminuer, tandis que le niveau de formation et de spécialisation du personnel s'est amélioré", précise toutefois le rapport.

Les nouvelles possibilités d'emplois spécifiques se situent dans le secteur des énergies renouvelables. "Etant donné que de nombreuses sources d'énergies renouvelables sont intermittentes, une accumulation par pompage [hydraulique] est nécessaire, ce qui offre de nouvelles possibilités d'emploi", développe le rapport. Il pointe également un besoin de rénovation et modernisation ou construction de différents types d'infrastructures hydrauliques (notamment traitement des eaux usées) en Europe de l'Est, dans le Caucase et en Asie centrale, ainsi que dans certaines régions d'Amérique du Nord.

"Le comptage intelligent, les innovations techniques et non techniques, le benchmarking international et la participation du secteur privé sont quelques uns des facteurs d'amélioration du secteur des services d'eau", estime-t-il. Les auteurs considèrent également que des investissements pour faire face aux capacités limitées ou aux obstacles non franchissables entre les grands fleuves et canaux pourraient apporter des emplois dans la construction et un surcroit d'activité dans le transport par voie navigable.

"La répartition des ressources en eau et la prestation des services d'eau aux différents secteurs économiques, combinées à une valeur ajoutée, une productivité et une efficacité de l'utilisation de l'eau améliorées, seront décisives pour le potentiel de croissance d'emplois de haute qualité tant au niveau national que local, conclut le rapport. La clé de la réussite consistera à se concentrer sur les secteurs économiques les plus pertinents pour la durabilité environnementale et la création d'emplois".

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