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Les importations représentent près de la moitié des émissions de CO2 françaises

Les émissions liées aux importations représentent la moitié de l'empreinte carbone de la consommation en France, explique le ministère de l'Ecologie. Si les émissions nationales déclinent depuis 1990, l'empreinte carbone augmente.

Gouvernance  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Officiellement, les émissions françaises de gaz à effet de serre (GES) s'élèvent en 2012 à 460 millions de tonnes d'équivalent CO2 (MtCO2eq), soit 7,3 tonnes par habitant et par an. Mais, si l'on calcule l'empreinte carbone, elles s'envolent de 46%, à 671 MtCO2eq, soit 10,6 tonnes par habitant et par an. En cause ? "Les émissions associées aux importations, cachées en quelque sorte, qui représentent désormais la moitié de l'empreinte carbone de la consommation de la France." A trois semaines de la COP21, ces chiffres viennent relativiser les bons résultats français en matière d'émissions nationales de CO2.

Telle est la principale conclusion d'une note sur l'empreinte carbone française calculée en tenant compte des trois principaux GES, le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d'azote (N2O). Le document, intitulé "L'empreinte carbone les émissions « cachées » de notre consommation" a été publié le 6 novembre par le Commissariat général au développement durable (CGDD) du ministère de l'Ecologie. Il confirme en creux l'impact des émissions de GES des produits importés, qualifiées de "passager clandestin du commerce mondial" par le Réseau Action Climat (RAC).

 
L'empreinte carbone L'empreinte carbone comptabilise l'ensemble des émissions induites par la consommation intérieure de biens et services, qu'ils soient produits dans le pays ou importés, explique le CGDD. Les émissions liées aux exportations sont retranchées de l'inventaire national des émissions de GES et celles liées aux produits importés et consommés dans le pays sont ajoutées.
"Cet indicateur permet de suivre dans quelle mesure des GES associés aux importations se substituent ou non à une réduction de GES sur le territoire du pays", explique le CGDD.
 
Empreinte carbone en hausse d'environ 11%

Avec une diminution de 15% des émissions nationales entre 1990 et 2012, la France peut faire valoir qu'elle dépasse son engagement de stabilisation de ses émissions souscrit dans le cadre du protocole de Kyoto. Il n'en est pas de même pour l'empreinte carbone. En décembre dernier, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, relevait que l'empreinte carbone des Français avait progressé de 11% entre 1990 et 2012, alors que dans le même temps les émissions sur le territoire français avaient reculé de 12%. Un an auparavant, le RAC, s'appuyant sur les calculs du CGDD, indiquait que l'évolution des émissions de la France ente 1990 et 2010 passait de -10% à +11%, selon qu'on se cantonne aux seules émissions nationales ou qu'on intègre les émissions liées aux importations françaises. Depuis, les données ont été révisées à la baisse par le CGDD : la hausse de l'empreinte carbone s'établit à 5% entre 1990 et 2010 et à 2% entre 1990 et 2012.

Selon le CGDD, le seul bilan des émissions nationales de GES occulterait quelques 211 MtCO2eq, soit une sous-évaluation de l'ordre de 31% des émissions françaises. Ces émissions "cachées", provenant des importations françaises, "ont augmenté de 54% entre 1990 et 2012". Afin de mieux prendre en compte cette dérive, "la France a récemment décidé de prendre en compte l'empreinte carbone pour le suivi de ses politiques publiques", explique le CGDD. C'est notamment le cas avec l'article 173 de la loi du 17 août 2015 pour la transition énergétique qui prévoit explicitement que la stratégie bas carbone française "veille à ne pas substituer à l'effort national d'atténuation, une augmentation du contenu carbone des importations".

Une empreinte mondiale de 7 tCO2eq/hab/an

Si on détaille par secteur l'empreinte carbone des Français, le premier poste est le logement avec 2,9 tonnes de CO2eq par habitant et par an, dont 35% associés aux importations. Suivent ensuite le transport, avec 2,7 tonnes de CO2eq, et l'alimentation, avec 2,1 tonnes de CO2eq. Pour ces deux postes, les importations représentent 43% des émissions calculées. En proportion, le logement représente 27% de l'empreinte carbone d'un Français, le transport 25%, l'alimentation 19%, les autres biens et services 13%, la santé, l'éducation et les services publics 9%, et les équipements et l'habillement 7%.

Plus globalement, "les GES liés aux importations proviennent de la production d'énergie (part importée d'électricité et de carburants), et de matières premières (par exemple, minerais, alimentation animale ou viande, ...), de la fabrication de produits semi-finis (matériaux de construction, pièces détachées, ...), de produits finis (plats préparés, équipements professionnels et ménagers, véhicules, ...)", explique le CGDD.

Enfin, le CGDD se livre à quelques comparaisons internationales, soulignant qu'en 2011, l'empreinte carbone mondiale est estimée à environ 7 tonnes CO2eq par habitant. Peu de chiffres sont fournis, mais le graphique fait ressortir que la France est le pays faisant apparaître les "importations carbone" les plus élevées du panel.

Réactions1 réaction à cet article

 

Enfin, on évoque ce scandale ! On le sait pourtant depuis longtemps que la baisse de l'empreinte carbone de l'Europe n'est que de la poudre aux yeux, uniquement causée par la délocalisation de nos activités les plus sales, certainement pas par l’augmentation du solaire-éolien en Allemagne ! A cela, une seule solution : la relocalisation, en restaurant un tissu industriel fondé sur une énergie propre, donc sans CO2. Et ce n'est certainement pas le plan "renouvelables" actuel qui pourrait y satisfaire : la loi dite "de transition énergétique", qu'on devrait renommer "de retour vers le CO2" interdit tout simplement la production d'électricité non carbonée au niveau suffisant et avec la fiabilité requise par cette relance économique. Et le chômage continue de monter...
Sans parler des clauses aberrantes de la RT2012 qui conduisent à préférer le gaz à l’électricité (en France non carbonée) pour le chauffage...

dmg | 10 novembre 2015 à 18h44
 
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