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L'empreinte environnementale de l'industrie française à la loupe

Alors que le gouvernement entend relancer l'industrie française, le CGDD publie un état des lieux des impacts environnementaux liés aux activités industrielles. Secteur par secteur, il permet de souligner les points noirs et les progrès réalisés.

Risques  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

"L'enjeu de connaissance du rôle des activités industrielles sur l'environnement par type d'activité, impact et territoire est nécessaire et reste d'autant plus fort que la relocalisation d'activités industrielles et le développement de filières d'avenir sont d'actualité", analyse le Commissariat général au développement durable, qui publie dans la collection Repères, un numéro consacré à l'Industrie et l'environnement. En septembre dernier, François Hollande a présenté "la nouvelle France industrielle", visant à stimuler 34 filières industrielles sous dix ans.

Sur les 305.000 établissements industriels que comptait la France en 2011, 82% relevaient de l'industrie manufacturière, 10,2% de la production d'énergie, 6,3% du secteur "eau, déchets et dépollution" et 1,5% des industries extractives.

Le CGDD se penche également sur la perception qu'a l'industrie de ses impacts. Ainsi, 60% des entreprises industrielles jugent que leur production de déchets est l'impact le plus négatif sur l'environnement de leur activité. 66% ont donc engagé des démarches de prévention ou de recyclage des déchets. La gestion économe de ressources et les économies d'énergie représentent également des priorités d'action (respectivement 53% et 28%). En revanche, "seules 2% des entreprises pensent que leur activité impacte surtout la biodiversité, même si 9% déclarent s'être engagées à la préserver". Enfin, 18% des entreprises industrielles ont lancé des démarches d'écoconception.

L'industrie très gourmande en matières premières

"L'industrie est le principal secteur à la fois producteur et consommateur de matières premières". Elle a fourni, en 2011, 61% des matières extraites sur le territoire (398 millions de tonnes), dont 91% sont des minéraux issus de carrières et destinés à la construction. Hors minéraux, la France a réduit de moitié les volumes extraits du territoire et a augmenté de 125% ses importations de matière brute (biomasse notamment) et de produits semi-finis (bois, minerais métalliques, minéraux industriels et de construction) entre 1993 et 2011. A noter : "Parmi les produits semi-finis importés, 5,5 Mt sont des matériaux issus du recyclage de déchets (métaux ferreux et non-ferreux, papiers-cartons, plastiques…). Ils sont réintroduits dans les cycles de production industriels, en substitution de tout ou partie de matériaux « neufs »".

L'industrie est également très consommatrice d'eau. La production d'énergie est particulièrement gourmande et représentait, en 2010, 66 % du total d'eau prélevé en France, dont 99 % sont destinés au refroidissement des installations productrices d'électricité. L'industrie manufacturière prélève 5,2% de l'eau totale (dont 42% pour la chimie/pharmacie, 16% pour le bois/papier/carton, 15% pour les industries agroalimentaires -IAA). "Si tous les secteurs ont réduit leurs prélèvements d'eau, de 17% (« cokéfaction raffinage ») à 64% (« textile, cuir et peaux »), seules les IAA et la « chimie/pharmacie » ont simultanément augmenté leur production (respectivement de 3% et 6%)".

L'industrie représente 36% des produits énergétiques consommés en France (contre 38% pour les ménages et 22% pour les commerces et services). "Les plus gros consommateurs sont la « production d'énergie » (23%), la « chimie/pharmacie » (21%), puis la « métallurgie/fabrication de produits métalliques » (15%) et les IAA (11 %). 35% des produits énergétiques consommés par l'industrie sont du gaz, 25% de l'électricité, 19% des produits pétroliers (y compris comme matières premières), 16% des combustibles minéraux solides et 5% des énergies renouvelables".

Le rapport constate une amélioration de l'efficacité énergétique de l'industrie : si sa production a augmenté de 39% entre 1993 et 2008, sa consommation est restée stable (-0,3%). Avec des variations par combustible : tous les secteurs ont diminué leurs consommations de combustibles minéraux solides mais ont augmenté celles de gaz et d'électricité.

Des rejets à la baisse, mieux encadrés

Concernant les émissions de polluants dans l'eau et dans l'air, si l'industrie est à l'origine de nombreux rejets, le CGDD souligne une tendance à la baisse, liée à des objectifs réglementaires.

Sur les 38 Mt de déchets générés par l'industrie en 2010 (en baisse de 7% depuis 2006), une majorité (32 Mt) sont considérés comme non dangereux. L'industrie manufacturière, avec en tête la chimie/pharmacie et la métallurgie, produit 45% des déchets dangereux, le secteur eau/déchets et dépollution 53%. "Les déchets dangereux sont à 70% de nature chimique (solvants usés, solutions acides ou basiques…)", indique le CGDD.

Justement, dans le cadre du règlement Reach, les entreprises industrielles françaises de type "fabricant" ont fait enregistrer, fin août 2013, 1.057 substances, soit 14% des substances enregistrées en Europe et 64% des substances enregistrées par des entreprises françaises. "L'Allemagne représente 51% des substances enregistrées, loin devant la France (22%), l'Italie (19%) ou encore le Royaume-Uni (16%)", note le CGDD.

Enfin, près de 150 entreprises industrielles françaises ont une activité dans le domaine des nanotechnologies, dont près de 40% sont issues du secteur "fabrication de machines, appareils et équipements divers", 25% de la "chimie/pharmacie" et 11% des "caoutchoucs/plastiques/fabrication autres produits minéraux non métalliques".

Une empreinte à long terme

La pollution industrielle laisse des traces à long terme : elle est à l'origine de 83% des sites et sols pollués recensés fin 2011 (soit 3.079 sites), dont 78% pour l'industrie manufacturière. Quinze sites sont contaminés par des substances radioactives, dont un tiers sont liés à des activités horlogères. Le Rhône-Alpes, le Nord-Pas-de-Calais et l'Ile-de-France comptent chacun plus de 200 sites pollués. Sur l'ensemble des sites et sols pollués par l'industrie, "61% d'entre eux ont déjà été étudiés voire traités mais sont non banalisables".

De même, certaines industries sont propices aux accidents ayant des conséquences sur l'environnement. En 2011, les ICPE industrielles ont déclaré 201 "accidents" ayant des conséquences environnementales (dont une majorité de cas de pollution atmosphérique), soit 70% de plus qu'en 1993, et 200 accidents en moyenne par an. "En 2011, c'est le secteur « cokéfaction raffinage » qui apparaît le plus sujet aux « accidents » en termes d'occurrence (environ 1 établissement sur 12). Vient ensuite la « chimie/pharmacie », loin devant les autres secteurs manufacturiers". En 2011, 115 évènements significatifs pour l'environnement ont également été déclarés dans les installations nucléaires.

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