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Les subventions aux énergies fossiles encore montrées du doigt

L'AIE et de l'OCDE exhortent les gouvernements à mettre fin aux subventions aux énergies fossiles pour des raisons économiques, sociales et environnementales. En 2010, plus de 400 milliards de dollars ont soutenu ces ressources non renouvelables.

Energie  |    |  Clément CyglerActu-Environnement.com

"Fardeau budgétaire", voilà le terme employé par Maria van der Hoeven, directrice exécutive de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), pour décrire les subventions versées aux énergies fossiles. lors d'une conférence de presse organisée le 4 octobre, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et l'AIE ont, de nouveau, lancé un appel à l'arrêt définitif de ces subventions, dont le montant s'élève à 409 milliards de dollars en 2010. Soit 110 milliards de plus qu'en 2009.

"Les pays développés et en développement doivent couper progressivement ces subventions inefficaces. Alors qu'ils recherchent des réponses politiques à la pire crise économique de ces dernières décennies, l'arrêt de ces soutiens est une voie évidente pour permettre aux gouvernements d'atteindre leurs objectifs économiques, sociaux et environnementaux fixés", note Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, lors d'un point presse. En effet, pour ces deux institutions, les subventions aux énergies fossiles engendrent une utilisation irrationnelle de l'énergie et une compétitivité moindre des énergies renouvelables.

Réduisant artificiellement le prix des carburants fossiles, ces subventions étaient, au départ, destinées à aider les plus pauvres à accéder à une énergie à bas prix. Mais, dans les faits, ces subventions favorisent ceux utilisant le plus de pétrole ou de charbon car ils obtiennent davantage de subventions. Sur les 409 milliards de dollars versés en 2010, seulement 8 % sont ainsi revenus aux 20 % de la population mondiale la plus pauvre. "Ce mécanisme encourage avant tout la consommation indésirable", appuie Maria van der Hoeven.

Si rien n'est réellement entrepris pour modifier ce système, ces subventions pourraient atteindre 660 milliards de dollars en 2020, soit 0,7 % du PIB mondial. Dans le cas inverse, l'arrêt de ces aides pourrait, selon l'AIE et l'OCDE, réduire la demande énergétique mondiale de 4,1 % et la demande de pétrole de 3,7 millions de barils quotidiennement à l'horizon 2020. Cet abandon favoriserait également une réduction des émissions de CO2, estimée à 1,7 milliards de tonnes par an. Une quantité équivalente à la somme des émissions du Royaume-Uni, de l'Italie, de l'Allemagne et de la France.

Zoom sur les subventions au niveau mondial

Selon les estimations de l'AIE, les subventions aux énergies fossiles seraient passées de 300 milliards de dollars en 2009 à 409 milliards en 2010. Cette augmentation serait principalement due à la hausse des prix internationaux de l'énergie.

La plus importante partie provient de pays producteurs de pétrole, avec en tête l'Iran et ses 80 milliards de dollars de subventions, suivi de l'Arabie Saoudite et de la Russie (environ 40 milliards de dollars). L'Inde et la Chine complètent ce quinté avec 20 milliards alloués aux énergies fossiles. Par ailleurs, sur ces 409 milliards, la production de pétrole et d'électricité à partir de ressources fossiles ont reçu respectivement près de 193 milliards et 122 milliards de dollars. Le gaz naturel est un peu en retrait avec seulement 91 milliards. En recul depuis plusieurs années, le charbon représente désormais une très faible part (autour de 3 milliards), provenant essentiellement de la Chine.

Devant cette situation intenable, certains pays poussés par des organismes internationaux, ont adopté et mis en place des projets de réduction des subventions. La Chine, la Russie et L'Inde, même s'ils restent bien placés dans le classement des subventions, ont réalisé des efforts importants et ainsi diminué fortement leurs aides. "En décembre 2010, l'Iran a également entamé une série de réformes, qui, si elles sont menées, pourraient avoir un impact fort", a précisé Fatih Birol, économiste en chef à l'AIE.

Avec ces économies financières, l'OCDE et l'AIE recommandent que ces sommes soient affectées à des priorités sociales, environnementales et budgétaires, incluant un soutien aux ménages pauvres qui sont les plus exposés aux augmentations des prix de l'énergie.

Plus de 250 mécanismes recensés

A travers une étude, l'OCDE a également détaillé les subventions aux énergies fossiles pour 24 de ses membres, représentant 95 % de la fourniture totale d'énergie primaire des pays de l'OCDE. Les aides de quelques provinces et régions, notamment australienne, canadienne et allemande, ont aussi été analysées pour "voir ce qui se passe à un niveau plus local", souligne Helen Mountford, directrice Environnement à l'OCDE.

Diminution de la TVA, baisse des royalties pour les compagnies minières, subvention directe, prime à la cuve, réduction des taxes sur les produits pétroliers pour les taxis ou encore pour les vols domestiques… Au total, ce sont plus de 250 mécanismes de soutien à la production et à la consommation pour 60 milliards de dollars d'aides qui ont été identifiés par l'organisation. En France, par exemple, 33 systèmes de subventions ont été recensés.

Au niveau de la répartition, le pétrole reçoit le plus de subventions avec plus de 32 milliards de dollars, le charbon et le gaz naturel se partageant de façon équitable le reste des aides. Par ailleurs, sur la totalité des ces subventions, 67 % sont destinés aux consommateurs, 22 % aux les producteurs et 11 % aux services généraux. "Cette répartition est très logique car la grande majorité des 24 pays étudiés produit peu d'énergie d'origine fossile mais en consomme beaucoup", explique Helen Mountford.

Réactions2 réactions à cet article

 

Les candidat-e-s à l'élection présidentielle française de 2012 doivent être interrogé-e-s sur le propos à savoir quelles dispositions comptent-ils prendre pour faire face sérieusement à cette période que nous vivons que je qualifie courageusement de post-pic-pétrolier, et ce, grâce à des économies drastiques du pétrole et de ses dérivés de sorte de pouvoir les exploiter dans le temps durablement et dans des quantités EN DIMINUTION.

Un exemple concret : la bassine de plastique qui très utile au quotidien pour une ménagère - et un ménager ! - ne doit pas couter une fortune dans 20 ans parce que le travail de prospective alliée à celui de la prévention active n'aura pas été correctement élaboré en amont pour ce qui concerne l'utilisation régulée de ces matières premières pétrolifères.

Sortir du pétrolifère cela se prépare très sérieusement.

Sophie Renault
Critiques&Cie-L'éco-Lobbying

renault | 05 octobre 2011 à 12h48
 
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La sortie du tout pétrole se prépare avec des propositions sérieuses d'alternatives qui sont à encourager tous azimuts. Un énorme effort de R&D reste à accomplir, qui ne peut pas se passer de l'aide publique. C'est la mesure de cet encouragement qu'il faut prendre. Les restrictions d'usages ne seront pas efficaces tant que le modèle dominant sera celui d'avoir la plus grosse... auto.

Albatros | 06 octobre 2011 à 14h18
 
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