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L'éolien flottant prépare son entrée en phase pré-commerciale

Alors que quelques expérimentations ont été menées à travers le monde, les premières fermes pré-commerciales d'éolien flottant seront installées d'ici 2020, notamment en France. L'heure de vérité pour une technologie qui suscite beaucoup d'espoir.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
L'éolien flottant prépare son entrée en phase pré-commerciale

"L'éolien flottant peut être compétitif mais nous devons le démontrer à moyen terme", analyse Pierre Parvex, président de la commission offshore de France énergie éolienne (FEE), lors d'un colloque réunissant les acteurs mondiaux de l'éolien flottant (FOWT'16), à Marseille les 10 et 11 mars. Cette technologie affiche de nombreux atouts, comme la possibilité de s'affranchir des profondeurs sous-marines et donc de s'éloigner des côtes, d'accéder à des régimes de vents "premium" ou de réduire les conflits d'usage.

Rhodri James, du think thank Carbon trust, faitle parallèle avec les industrie pétrolière et gazière : "On a commencé à exploiter ces énergies il y a cent ans avec des derricks terrestres. La taille des forages a augmenté, puis on est passé à l'exploitation offshore avec des plateformes posées, et ensuite elles sont devenues flottantes, ce qui a permis de réduire les coûts".

Les prochaines années seront déterminantes

En théorie, l'éolien flottant devrait effectivement permettre d'abaisser les coûts de production de l'énergie, grâce à des facteurs de charge élevés. "Le potentiel de réduction tend vers 130 €/MWh, on pourrait même descendre à 110 ou 120 €/MWh et concurrencer d'autres sources d'énergie", analyse Rhodri James. Cependant, tout, ou presque, reste à démontrer.

Les parcs posés devraient continuer à dominer le marché jusqu'en 2030, "mais les 5-10 prochaines années seront importantes pour le développement de la technologie flottante, avec plus de démonstrations et de parcs pilotes pour préparer les projets commerciaux de 2020-2025", note Carbon trust, dans une revue technologique et économique sur l'éolien flottant, publiée en juin dernier. La technologie entre dans une phase d'accélération.

Aujourd'hui, seules trois éoliennes flottent à travers le monde, mais 15 à 20 projets de fermes pilotes sont en préparation aux Etats-Unis, en Europe (Royaume-Uni, Norvège, France, Portugal et Espagne) et au Japon. Trente trois technologies sont à l'étude au total. Elles diffèrent selon les problématiques rencontrées : profondeur des eaux, structure des fonds marins, infrastructures locales, chaîne de valeur existante… Le défi : démontrer la fiabilité des technologies et la pertinence économique des projets. "Dans les prochaines années, il y aura une plus grande consolidation du marché, une dizaine de technologies maximum atteindra la phase de démonstration à grande échelle et seule une poignée de dispositifs passeront à des déploiements à l'échelle commerciale", prédit Carbon trust.

200 à 300 GW d'ici 2020

Les premiers essais ont plutôt été concluants. La première éolienne à flotter a été installée à 10 km des côtes norvégiennes, en 2009, dans le cadre du projet Hywind. "Il y a beaucoup de vent et des conditions difficiles dans cette zone, ce qui en fait un très bon site de test, explique Erik Byklum, chargé de l'éolien flottant chez Statoil. Cette unité est en service depuis six ans maintenant, ce qui nous a permis de récolter énormément de données". Satisfaite de la performance de la turbine (taux de disponibilité de 95 à 96% et facteur de charge de 50%), l'entreprise a validé son concept et entend poursuivre le test en installant cinq éoliennes, de taille supérieure, au large de l'Ecosse.

   
L'éolienne japonaise s'élève à 106 m au dessus de la mer © Fukushima offshore wind consortium
 
   

Le Japon expérimente lui aussi l'éolien flottant depuis 2013. La catastrophe de Fukushima a accéléré les choses : en moins de deux ans, une éolienne de 2 MW et sa sous-station flottantes ont été installées à 20 km au large de la centrale nucléaire accidentée. D'ici cet été, le projet Fukushima forward devrait s'agrandir, avec l'installation d'un flotteur et d'une autre éolienne (7 MW). "Au total, nous atteindrons une capacité de production de 14 MW, quatre types de flotteurs différents seront testés, explique Tomofumi Fukuda, directeur général de la compagnie japonaise Marubeni. Mais auparavant, il a fallu procéder à différents tests car le Japon n'avait jamais utilisé d'ancrage aux fonds marins ". Cette première installation "très coûteuse" a cependant passé avec brio les premiers tests : "Deux typhons ont frappé le site sans dégâts", raconte le spécialiste.

Le Portugal, après avoir installé une première éolienne flottante en 2011, devrait faire flotter d'ici 2018, dans le cadre du projet Windfloat, la plus grande turbine flottante au monde (8 MW).

Enfin, le prochain projet à voir le jour devrait être celui de la plateforme d'essai Sem-Rev, dans le courant de l'année 2016, à 19 km de Nantes. La sous-station a déjà été installée et est prête à accueillir une turbine flottante. "Nous travaillons à améliorer notre connaissance de la météo sur site car c'est une difficulté et une source de coûts pour les différentes opérations", explique Isan le Crom, chef de projet à l'école centrale de Nantes.

Au total, l'expert du Carbon trust Rhodri James estime que 200 à 300 MW pourraient être installés d'ici 2020 dans le monde. La France devrait être en bonne position dans cette phase pré-commerciale : les pouvoirs publics ont lancé un appel à projet pour installer des fermes pilotes, de trois à six turbines, dans quatre zones littorales. Il se clôture le 4 avril prochain. "La France a un rôle de leader à jouer, analyse Frédéric Moncany de Saint Aignan, président du cluster maritime français. Si tout va bien, la première ferme flottante sera connectée d'ici quatre à six ans".

Réactions1 réaction à cet article

 

Quelques atouts majeurs de l'éolien flottant
- il ne dévalorise pas l'immobilier environnant
- il ne nuit pas à la santé de la population environnante
- il ne perturbe pas la réception de la télé
- la pose des câbles d'acheminement ne perturbe pas la circulation et ils ne font courir aucun risque aux habitants
- il ne nécessite pas de soudoyer des élus éventuellement propriétaires de terrain d’accueil avec des arguments fallacieux
- les oiseaux et chauve-souris tués ne se voient pas à ses pieds
- le clignotant en haut du mat n'oblige pas à fermer ses volets en été
- il ne stérilise p
- il ne suscite pas d'opposition de riverains proches
- Etc., etc . Liste non exhaustive

MAIS il défigure quelque peu l'horizon maritime

Financièrement, il enrichit plus un pays étranger fabricant et installant que le PIB et le salariat français ou non ?

Sagecol | 17 mars 2016 à 08h06
 
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