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Le Sénat met un coup de frein à l'implantation des éoliennes à proximité des monuments historiques

Reglementation  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

Les sénateurs ont adopté mercredi 17 février une disposition qui impose de recueillir l'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France (ABF) sur les projets d'éoliennes dans un périmètre de 10 km autour d'un immeuble classé, un monument historique ou un site patrimonial protégé dès lors qu'on les voit depuis ces monuments ou qu'elle sont visibles en même temps qu'eux.

Cette disposition a été votée, contre l'avis du Gouvernement, via un amendement du sénateur Gilbert Barbier (RDSE – Jura) au projet de loi sur la liberté de création, l'architecture et le patrimoine que le Sénat examine actuellement en première lecture. "Les éoliennes ont un impact visuel négatif dans nos territoires", a justifié laconiquement le sénateur dans l'exposé de son amendement.

"Les paysages et le bâti culturel, c'est l'histoire de la France. Ils méritent autant de considération que les engagements pris à la COP 21. Homme de mon temps, je veux concilier les deux", a renchéri Jean-François Husson (LR – Meurthe-et-Moselle).

Sonner le glas de l'éolien

"Ces amendements sonneraient le glas de l'éolien (…). Un rayon de 10 kilomètres représente une aire de 314 kilomètres carrés. Comme la France compte 45.000 monuments historiques, le périmètre protégé serait de 14.130.000 kilomètres carrés, soit 21 fois plus que la superficie de la France qui n'est que de 643.810 kilomètres carrés...", a vainement plaidé la sénatrice écologiste Marie-Chirstine Blandin (Nord).

"Sous couvert de protection du patrimoine, cet amendement serait en réalité le meilleur moyen de stopper l'éolien", estime l'avocate Stéphanie Gandet du cabinet Green Law qui juge cette règle inutile au regard des mécanismes de protection existants. De plus, ajoute-t-elle, cette généralisation "élude totalement l'appréciation au cas par cas qui doit présider l'instruction administrative des dossiers".

Reste maintenant à voir quel sort l'Assemblée nationale réservera à cette disposition lors de la deuxième lecture du projet de loi, dont les dates ne sont pour l'instant pas encore connues.

Réactions3 réactions à cet article

 

Enfin ! Espérons que ça ne sera pas retoqué en seconde lecture... Comment faut-il le dire ?! La France n'a pas besoin d'éoliennes pour améliorer son bilan carbone, bien au contraire : elle ferait bien mieux d'améliorer l’habitat et réglementer la puissance des véhicules ! Mais les milliards d'euros qui filent pour l'importation et la construction de ces machines ne sont pas perdus pour tout le monde...

dmg | 20 février 2016 à 20h40
 
 

Que voilà un raisonnement spécieux que celui de Madame Blandin ; mais il ne serait vrai que si tous les sites classés étaient équidistants de leurs voisins de 20 km, ce qui n'est évidemment pas le cas...
Alors arrêtons ces arguments soit-disant écologiques.

Levieux | 22 février 2016 à 14h41
 
 

Une disposition attendue, et que nous avions souhaitée en CDNPS.
Elle était régulièrement repoussée par le préfet car non légale.
Mais on peut espérer que la conscience écologique s'élargira aux valeurs culturelles et esthétiques. Notre art de vivre ne se résume pas à une production d'électricité, surtout quand cette production est aussi dérisoire : en 2015 il a fallu plus de 5000 machines pour obtenir 3,5 % de notre électricité. Que de sites dénaturés. Quoi que prétende le lobby, éoliennes et élégance paysagère ne font pas bon ménage.

sirius | 22 février 2016 à 15h43
 
 

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