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EPR : la question de l'arrêt des travaux se pose "très clairement", selon l'ASN

Risques  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Ce mercredi 15 avril, à l'occasion de son audition devant les parlementaires de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a qualifié de "sérieuse, voire très sérieuse" l'anomalie de la cuve de l'EPR de Flamanville. Rappelant qu'il s'agit d'un composant essentiel du réacteur, "il faudra une conviction absolue" de la résistance de la cuve pour autoriser le démarrage de l'EPR.

Pour rappel, le 7 avril dernier, l'ASN a annoncé "[avoir] été informée par Areva d'une anomalie de la composition de l'acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l'EPR de Flamanville". Cette anomalie ne permettant pas de valider la sûreté du fond de cuve et du couvercle, Areva doit conduire de nouveaux tests.

L'ASN envisage d'avoir recours à des experts étrangers

Selon Pierre-Franck Chevet, il faudra plusieurs mois pour préparer le dossier nécessaire à l'évaluation de la sûreté du fond de cuve de l'EPR de Flamanville et de son couvercle. Quant à l'analyse du dossier, le président de l'ASN "[n'a pas exclu] d'avoir recours à des experts étrangers".

Et si l'ASN ne donnait pas son feu vert ? "Il n'y aura pas d'autre solution que de changer la cuve" quels que soient le temps nécessaire et le coût de l'opération, avertit Pierre-Franck Chevet, précisant que la cuve est déjà en place dans le puits de cuve et qu'elle est raccordée et soudée au circuit primaire. S'il a jugé que tout est toujours possible en y mettant les moyens, il a cependant souligné la lourdeur d'une telle opération.

Interrogé sur l'opportunité d'arrêter les travaux en attendant le résultat de l'expertise, le président de l'ASN a estiméé que "c'est une question industrielle qui mériterait de se poser pour [EDF et Areva], très clairement". Il a d'ailleurs poursuivi, en expliquant que les deux entreprises, en continuant les travaux, s'exposaient au risque d'avoir à déconstruire un plus grand nombre d'éléments si la cuve devait être changée. "S'ils en ont fait trop, ils en démonteront plus", a-t-il prévenu.

Dernier détail, Pierre-Franck Chevet a confirmé qu'au moins un couvercle des EPR qu'EDF et Areva souhaitent construire à Hinkley Point au Royaume-Uni est déjà forgé. Mais, Areva a proposé de l'utiliser pour réaliser les tests destructifs nécessaires à la validation de la cuve de l'EPR de Flamanville. "D'une certaine manière ça règle le problème", estime, avec une pointe d'ironie, le président de l'ASN.

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