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Une étude montre un impact des fongicides sur la santé cellulaire humaine

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Une étude scientifique menée par l'Université d'Aston, en Angleterre, parue le 3 août dans le journal scientifique PLoS One démontre un impact in vitro de mélanges de certains pesticides sur les cellules neuronales et gliales humaines, ont alerté les ONG Générations Futures et Antidote Europe qui ont commandé l'étude.

L'équipe universitaire a testé les activités de mélanges de trois fongicides fréquents (pyrimethanil, cyprodinil et fludioxonil) sur des cellules gliales et neuronales représentatives du système nerveux central humain. Résultats : en combinaison, au cours de 48h, les trois  fongicides ont provoqué "des réductions significatives de l'ATP cellulaire", à des concentrations qui étaient bien inférieures "à celles qui porteraient gravement atteinte la viabilité cellulaire", indiquent les chercheurs dans l'étude, entraînant des effets "toxiques" sur le métabolisme énergétique. Or, l'ATP ou Adénosine Tri-Phosphate est un intermédiaire énergétique majeur et obligatoire de très nombreuses réactions du métabolisme cellulaire. Sous l'effet du mélange, ces cellules entrent en apoptose ou suicide cellulaire.

En outre, ce mélange de fongicides a exercé sur les cellules gliales des signes de stress oxydants "les obligeant à stimuler considérablement l'expression de peroxydases et surtout d'enzymes de neutralisation des radicaux oxygène", explique l'ONG Générations Futures. Or, l'association rappelle que le stress oxydant "joue un rôle important" dans la maladie d'Alzheimer, qui se caractérise aussi, comme la maladie de Parkinson, par une atrophie corticale, deux des effets observés avec ces mélanges de fongicides.

Des effets à des concentrations proches des seuils alimentaires

"Ce travail montre que certains pesticides, isolément ou en combinaisons, peuvent induire du stress et des modifications du devenir des cellules humaines. Ils peuvent aussi interférer avec des processus cellulaires basiques comme celui de la production d'énergie. Ces effets ont été mis en évidence à des concentrations proches de celles trouvées dans nos aliments. Ce travail suggère que nous devrions faire davantage d'efforts pour restreindre l'utilisation des pesticides dans les cultures destinées à l'alimentation", a déclaré le Professeur Michael Coleman, responsable de l'étude. L'impact de certains pesticides, à la fois individuellement et en combinaison, "mérite une étude plus approfondie en fonction de leur impact sur la santé cellulaire humaine", ajoutent les chercheurs.

De leur côté, les ONG Générations Futures et Antidote Europe ont demandé aux agences de sécurité sanitaire européenne (Efsa) et française (Anses) "de mener d'urgence les recherches qui s'imposent dans ce domaine" et ''d'abaisser significativement les limites maximales en résidus tolérées dans les aliments, dans un soucis élémentaire de précaution". En 2008, l'association Générations Futures avait relevé sur une même grappe de raisin les trois résidus de pesticides étudiés dans l'étude.

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Ces trois molécules (pyrimethanil, cyprodinil et fludioxonil) sont effectivement homologuées sur Vigne pour lutter contre la pourriture grise et les champignons producteurs d'OTA.
Pour la viticulture champenoise, les produits suivants on été mis en vente dans les points de vente desservant l'aire de l'AOC:
- en 2010 et 2011:
* TOUCAN, SCALA = pyriméthanil
* SAFIR, GEOXE = fludioxonil
- en 2012:
* TOUCAN, SCALA, BABEL 400 = pyriméthanil
* SAFIR, GEOXE = fludioxonil
Pour ces 3 années, la molécule active cyprodinil n'a donc pas été utilisé sur les vignes champenoises, hors importation parallèle et achat dans d'autres territoires.
Source: Guide pratique Viticulture durable en Champagne, 2010, 2011 et 2012.

Aurélie Fischer | 10 août 2012 à 16h55
 
 

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