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Actu-Environnement

Le scénario de transition énergétique de l'Ademe serait bon pour la croissance et l'emploi

A long terme, le scénario de transition énergétique de l'Ademe serait bénéfique à la croissance, à l'emploi et aux investissements. Néanmoins, à court terme, la hausse des prix de l'énergie induit des effets négatifs.

Energies  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

"La lutte contre le changement climatique entraîne un regain d'investissement, des créations d'emplois dans les filières vertes bien supérieures aux destructions de postes dans la branche des énergies fossiles et des filières énergivores et une nette contraction du déficit de la balance commerciale." Telle est la synthèse de l'évaluation macroéconomique des visions énergétique de 2030-2050 de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) rendue publique fin octobre. Le scénario de l'Ademe serait aussi plus favorable à la croissance économique que le scénario tendanciel de référence.

Le document de 37 pages évalue "[les] effets sur l'emploi et la balance commerciale d'un transfert d'activité des branches énergivores vers les branches sobres", ainsi que l'existence éventuelle d'un double dividende écologique et économique. Pour rappel, dans le cadre du débat national sur la transition énergétique (DNTE), l'Agence a présenté un scénario axé autour d'une réduction de la consommation d'énergie finale de 150 à 80 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) entre 2010 et 2050.

"C'est la première fois en France qu'un scénario de transition énergétique complet et cohérent défini tant du côté de l'offre que de la demande énergétique (…) fait l'objet d'un bouclage macroéconomique avec ce type de modèle", avance l'Ademe. L'évaluation a été réalisée conjointement par l'Ademe, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et le Centre hollandais de recherche scientifique appliquée (TNO).

La hausse de la demande compense les impacts négatifs

Globalement, l'Ademe estime "que les impacts expansionnistes de la transition énergétique l'emportent sur ses effets récessifs" et qu'en conséquence, en 2050, le PIB français serait supérieur de 3 points à celui du scénario de référence. Quant à l'emploi, l'évaluation fait apparaître un potentiel de 825.000 emplois supplémentaires par rapport au scénario de référence, soit une hausse de 3% de la population active occupée et une baisse de 1,5% du taux de chômage.

Les économistes ayant évalué le scénario de l'Ademe expliquent ces résultats par une augmentation de l'activité des secteurs des énergies renouvelables (39 milliards d'euros d'investissement annuels supplémentaires en moyenne sur la période par rapport au scénario de référence), du transport collectif (5 milliards d'euros d'investissements annuels supplémentaires) et de la rénovation du bâtiment (8 milliards d'euros d'investissements annuels supplémentaires), qui compensent la baisse d'activité de la branche énergie. "Or les premiers ont une forte intensité en main d'œuvre et une propension à importer relativement faible par rapport aux secteurs des énergies non renouvelables", explique l'Ademe.

Globalement, les créations d'emplois attendues et la baisse du déficit commercial lié à l'énergie se traduisent par une hausse de la demande qui vient soutenir la croissance économique. De même, la perte de compétitivité des entreprises, liée à la hausse du prix de l'énergie, serait "très largement" compensée par la hausse de la demande.

Revenus des ménages et balance commerciale se dégradent à court terme

Du côté des ménages, l'Agence estime qu'à l'échéance 2050, leur revenu disponible s'accroît de 4% par rapport au scénario de référence. Certes, "dans un premier temps, la facture énergétique des ménages s'accroît sous l'effet d'une hausse du prix des combustibles et des taxes", explique l'Ademe, mais "elle diminue ensuite grâce à la baisse de la demande d'énergie". De même, les créations d'emplois supplémentaires induites par la transition énergétique participe aussi à la hausse des revenus des ménages français.

Quant aux secteurs industriels, si les énergies renouvelables, les transports collectifs et la rénovation du bâtiment sont les grands gagnants, l'Ademe anticipe aussi des investissements en baisse dans les centrales thermiques et l'automobile par rapport au scénario de référence. Globalement, ce déplacement des investissements dans certains secteurs vers d'autres représente "un peu moins de 1 point de PIB par an".

Enfin, dans un premier temps, le déficit de la balance commerciale s'accroîtrait de l'ordre de 0,2% du PIB, avant de diminuer progressivement avec la baisse des importations de gaz et de pétrole. Cette réduction est évaluée à environ 1% du PIB de 2050. Quant à la hausse du déficit à court terme, elle s'explique par une perte de compétitivité des produits français sur les marchés internationaux, compte tenu de la hausse des prix de l'énergie, ainsi qu'une hausse des importations liées au développement des énergies renouvelables, et cela, "jusqu'à ce que les filières françaises se développent".

Réactions15 réactions à cet article

 

On peut aussi revenir à l'âge du silex. ça créera des emplois. D'ailleurs à cette époque il n'y avait pas de chômage. les écolos ne savent pas un traître mot d'économie et ils nous racontent des histoires à dormir debout. Dans un monde concurrentiel, la seule façon de résorber le chômage c'est d'avoir des coûts compétitifs, pas des surcoûts. Les écolos raisonnent comme des shadoks.

Laurent Berthod | 06 novembre 2013 à 10h51
 
 

Pour info, l'ADEME n'a pas grand chose à voir avec les groupes écolos : francois LOOS l'ancien président de cet agence est un ancien polytechnicien membre de l'UDI qui a eu des postes de délégués ministériel à l'industrie puis au commerce extérieur. Le nouveau président Bruno lechevin a été secrétaire national CFDT à l'énergie, membre de la CRE. Pas spécialement des baba cool écolo donc. Quand à l'analyse économique elle a été réalisée par l'OFCE, pas réputés non plus pour être composée d'ayatollah verts.
Quand à l'âge du silex la comparaison est stupide, lorsqu'on parle de transition énergétique, on parle avant tout de développement d'un modèle industriel axé sur le bâtiment, le transport, la production agricole et la production énergétique renouvelable.

yann | 06 novembre 2013 à 14h34
 
 

Il n'y a qu'une seule chose de valable dans les secteur de l'énergie, au niveau national: mettre le paquet sur tout ce qui est isolation thermique. Il faut trouver les mécanismes solidaires permettant que TOUS les français aient des logements bien isolés. Actuellement ce n'est réserve qu'aux plus riches ET aux habitants de certains logements sociaux touchés par la rénovation urbaine (programme de 40 milliards d'euro décidé il ya quelques années financement ANRU) Parallèlement il faut absolument que les chauffages collectifs soient tous équipés de COMPTEURS DE CHALEUR afin de responsabiliser les usagers. C'est un aspect trés important: trop souvent les gens laissent les fenêtre ouvertes et le chauffage sans réaliser l'absurdité ruineuse de ce qu'ils font.
Agir sur les transports et transports en commun impacte un trop grand nombre de paramètres sur lesquels on a pas assez de prises ou de moyens d'agir. C'est pratiquement tout notre mode de vie et de production qui est revoir sous l'angle des économies de carburants (=REDUCTIONS DE TRAJETS). Il y a une énorme marge de manoeuvre mais QUI S'EN SOUCIE???
RIEN ne sert d'encourager les EnR avec des incitations financières. Il suffit d'attendre tout simplement que le PRIX DES ENERGIES AUGMENTE AU POINT OU LES EnR DEVIENNENT CONCURRENTIELLES.
C'est l'affaire de quelques années (10 a 30 ans maximum)
Le scénario de l'Ademe est un scénario, sans plus.

ami9327 | 06 novembre 2013 à 14h35
 
 

L'idéologie écologiste a contaminé tous les responsables. L'OFCE est un repaire de pseudo-keynésiens. Ce que je veux dire par l'image du silex c'est que croire qu'on va créer des emploi en favorisant des processus productifs moins productifs ou plus coûteux est une absurdité.

Quant à l'isolation thermique son utilité dépend du retour sur investissement. Et vouloir isoler systématiquement des bâtiments anciens conduit pour certains à des investissements qui coûteront plus qu'ils ne rapporteront. En outre renchérir le coût du logement alors que le bâtiment et le logement sont en crise et croire que cela créera de l'emploi relève une fois de plus de la logique shadok.

Laurent Berthod | 06 novembre 2013 à 16h04
 
 

étant un lecteur lambda, assidu, de actu environnement, et vu la qualité des articles, je me désespère de voir que quelques personnes issues d'horizon divers se lâchent en réaction, à la lecture de celles ci, je sens la qualité de chacun, aussi je vous suggère d'apporter des commentaires constructifs et innovants en lieu et place d'invective et d'échange stérile comme ceux portés sur l'article de la transition énergétique, il est déplorable que que l'on trouve ce genre de remarques comme malheureusement sur une grande partie des sites laissant la parole à tous.
merci

MJC | 07 novembre 2013 à 07h39
 
 

C'est vos idées qui datent de l'âge du silex !
Ou de l'âge du pétrole ! C'est pareil. Vous êtes toujours là à hurler au scandale des bobo écolos. Ça suffit ! Il est temps de dire la vérité !

Oui, la transition écologique va créer des emplois, et des emplois non délocalisables à l'image de ce qu'elle fait DÉJÀ. Circuit-court, solidaire, recyclage, rénovation énergétique... autant d'emploi qualifié qui apporte une réelle valeur ajouté à l'économie Française.
C'est un modèle puissant, qui se met en place mais qui à la fâcheuse habitude de ne pas mettre les profits financiers au premier rang.
L'Humain d'abord et d'abord l'Humain !

Mais vous avez raison, soyons compétitif, importons plus de pétrole et de gaz, mettons nous au niveau de développement social et environnemental des chinois, nous aurons des usines et plus une seule terre vivable.
C'est ça retourner à l'âge du silex.

Alternative | 07 novembre 2013 à 08h35
 
 

Hans Jonas lui-même fut un pourfendeur d'utopies. On peut imaginer Noé présentant un tel scénario utopique permettant a posteriori d'éviter le déluge. Utopique car on ne définit pas une transition en montrant simplement l'attrait de l'état final.
Ce qui est difficile à gérer (au moins depuis Lénine) c'est précisément le court terme : comment sortir de l'impasse énergétique sans sacrifier une génération qui, bien entendu, ne se laissera pas spontanément plonger dans la misère - et c'est de politique qu'il est alors question - sous le prétexte que ses petits enfants se porteront sans doute mieux.
Il faut arrêter avec ces scénarii franco-français : ne pas replacer le problème dans une perspective mondiale relève de l'idéologie du Juche.

Drogo | 07 novembre 2013 à 09h04
 
 

Les propos de Laurent Berthod sont consternant !
Le fric pour le fric , au détriment des humains, du social et de la nature !
C'est à cause de gens comme LUI que nous somme en train d'aller droit dans le mur (2030 selon le rapport du 'Conseil de Rome' de 1972 et réactualisé en 2012, pour les connaisseurs !)...
Rien que des propos 'retour sur investissement', rentabilité' sont très explicite sur votre mentalité d'un autre age M Laurent... Votre 'beau' système économique mondiale va tomber comme un château de carte ! La savez vous au moins ? Je ne pense pas ! Renseignez vous sur la crise pétrolière qui arrive et ce qu'elle va entrainer sur l'industrie primaire : une récession massive... tous ce qui fonctionnera grâce au pétrole sera out ! Déjà des rapports de cabinet d'investissement de renon US annoncent la fin des merdes de schiste pour 2018 à 2021...et après on ira pomper quoi ??? ah ah...vivement que je vois ça...vous et les autres bousicoteurs de l'économie GRISE (sale) avec des actions qui ne valent plus rien, ruinés... et obligés de vous remonter les manches pour manger ...

Roro | 07 novembre 2013 à 09h27
 
 

Pour acheter en créant des emplois et en contribuant à l'augmentation de cet absurde PIB, il faut des sous

Combien de ménages ont des sous pour çà

Jean-Marie | 07 novembre 2013 à 09h42
 
 

Dommage que ce scénario futuriste se base sur un indicateur passéiste comme le PIB

lio | 07 novembre 2013 à 10h22
 
 

Lio a totalement raison, hélas; et il nous faudrait aussi être nombreux àle dire dans des commentaires d'autres médias "grand public"

Effectivement la croissance (du PIB) : un remède à tous les maux ! Tel est le discours martelé par nos dirigeants depuis des décennies, qu'il s'agisse de réduire le chômage, de régler le problème des retraites, de résorber les inégalités ou de surmonter la crise écologique. Et si la croissance n'était pas la solution, mais le problème ? Elle est désormais un facteur de crise, une menace pour la planète et un obstacle au progrès. Faut-il pour autant nous résoudre à une austérité punitive ? Certes non, affirme Jean Gadrey et quelques rares autres « écolonomistes réalistes » , qui prônent une société privilégiant le " mieux-être " et non le " plus-avoir ". Une société qui doit, et peut, viser le plein-emploi ainsi qu'un haut niveau de protection sociale pour tous. C'est le chemin d'une autre prospérité qui est ici proposé, plus juste, moins violente, et donc réellement durable.

Il faut lire et faire lire, à votre député entre autres, les 190 pages de « Adieu à La Croissance Bien Vivre Dans Un Monde Solidaire »

Jean-Marie | 07 novembre 2013 à 11h21
 
 

Je travaille dans l'énergie, dans un DOM, ou nous avons réalisé un scénario de développement des économies d'énergies et des renouvelables. Du fait du prix de revient très élevé de l'électricité, compensé à hauteur de 100 M€/DOM/an par les consommateurs de métropole (merci), les énergies renouvelables, y compris le solaire, sont déjà toutes rentables par rapport au pétrole. Les économies d'énergies le sont encore plus (1/5ème du prix de revient de l'électricité). La précarité énergétique touche surtout la mobilité, car il y a peu de transports en commun. Cela crérait environ 1000 emplois direct par DOM et en détruirait une centaine (production d'électricité diesel et vente d'automobiles). Il n'y a ni silex, ni idéologie : c'est moins cher, ça créé des emplois, ça limite les gaz à effet de serre, ça nous met à l'abri des crises énergétiques. Bref c'est du développement durable avec ses 3 piliers : soit on pousse un peu dans un sens, c'est à ça que servent des aménageurs, des politiques, soit on laisse faire (et alors encore un grand merci aux consommateurs de métropole). Et les DOM, petits territoires, préfigurent ce qui va se passer dans le monde. C'est simple.

pierre | 07 novembre 2013 à 21h16
 
 

Plus je lis de messages venant de vous, Laurent Berthod, plus je me demande ce que vous faîtes sur ce site...

Kulthian | 07 novembre 2013 à 23h22
 
 

L'Ademe ressemble de plus en plus à une volaille dont on aurait coupé la tête et qui s'agite en tous sens pour justifier son existence. A ce rapport qui en est une preuve, on peut ajouter les imbécillités engagées pour acheter des données à des margoulins dans le but de l'affichage environnemental... C'est énorme.
Laurent Berthod est dans le vrai quand il affirme que "croire qu'on va créer des emploi en favorisant des processus productifs moins productifs ou plus coûteux est une absurdité"
J'ajouterais que les emplois à l'ADEME ne sont pas de vrais emplois...

Albatros | 08 novembre 2013 à 09h41
 
 

Eh bien, mon cher Kulthian, si l'on est trop sot pour comprendre, on attendra encore longtemps

Laurent Berthod | 08 novembre 2013 à 14h05
 
 

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