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Etude Séralini : l'Efsa publie les données relatives à l'évaluation des risques du NK 603

Dans le cadre d'une nouvelle initiative sur la transparence dans l'évaluation des risques, l'Efsa a publié aujourd'hui les données utilisées pour l'évaluation du maïs NK 603. Mais rien sur son herbicide associé, le Round up.

Risques  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Etude Séralini : l'Efsa publie les données relatives à l'évaluation des risques du NK 603

C'est une nouvelle victoire pour le professeur Séralini et son équipe. Bien que leur étude sur la toxicité du maïs NK 603 et du Round up a été décriée depuis sa publication en septembre dernier, celle-ci a déjà permis d'acter, à l'échelle française comme européenne, la nécessité de réaliser des études à long terme sur les risques liés aux OGM. Aujourd'hui, l'Efsa annonce dans un communiqué "le lancement d'une initiative majeure destinée à faciliter l'accès aux données pour renforcer la transparence dans l'évaluation des risques". Elle publie, le même jour, toutes les données utilisées pour l'évaluation des risques du maïs NK 603. "Alors que l'Autorité a déjà mis ces données à disposition sur demande spécifique à plusieurs reprises, tout membre de la communauté scientifique ou du public sera désormais en mesure d'examiner et d'utiliser l'ensemble complet des données utilisées dans cette évaluation des risques", précise l'Efsa.

C'était l'une des demandes du professeur Séralini. En effet, alors que l'Efsa, mandatée par la Commission européenne pour se pencher sur l'étude choc, demandait au scientifique des données supplémentaires, celui-ci rétorquait par voie d'AFP: "Nous attendons [que l'Efsa] fournisse ceux qui ont permis d'autoriser cet OGM et ce pesticide en particulier mais aussi les autres OGM".

 
Simple coïncidence ? La publication des données sur le maïs GM intervient à la veille d'une conférence de presse, organisée par le professeur Séralini et Corinne Lepage, sur les suites de l'étude sur le NK 603.
L'agence, dans son communiqué, indique que cette décision s'inscrit "dans le cadre de l'engagement continu de l'Efsa envers l'ouverture et fait suite à des recommandations contenues dans une évaluation indépendante ayant été réalisée sur les performances de l'Autorité et portant sur l'amélioration de la transparence dans ses processus décisionnels".
En septembre 2012, Ernst and Young remettait effectivement un rapport d'évaluation externe de l'agence, qui saluait les efforts d'indépendance et de transparence de l'Efsa et l'encourageait à poursuivre dans ce sens.
Mi-décembre, le conseil d'administration de l'Efsa adoptait les recommandations de l'évaluation externe. Parmi celles-ci figuraient : rendre accessibles les réunions des groupes scientifiques, renforcer la clarté et l'accessibilité des communications de l'Efsa et renforcer le dialogue avec les parties intéressées sur les mesures prises pour garantir l'indépendance des travaux scientifiques. Mais nulle trace de la publication par l'Efsa des données techniques utilisées pour les évaluations…
Et comme un clin d'œil au professeur Séralini, le directeur exécutif de l'agence, Catherine Geslain-Lanéelle, précise : "L'évaluation des risques est une science en constante évolution et l'Efsa est toujours disposée à réexaminer ses travaux antérieurs à la lumière de nouveaux éléments scientifiques solides qui apporteraient de nouvelles perspectives susceptibles d'avoir un impact sur les conclusions précédentes de l'Autorité".
Fin novembre, l'Efsa jugeait qu'à la lumière de l'étude Séralini, dont la qualité scientifique était qualifiée d'insuffisante, une réévaluation des risques liés au maïs GM et au Round up n'était pas justifiée...
 
L'Efsa, qui a répondu en partie à cette demande, indique qu'elle examinera, avec ses partenaires et les parties intéressées, "quelle est la meilleure façon et dans quelle mesure les données techniques utilisées dans les évaluations des risques peuvent être mises plus largement à la disposition de la communauté scientifique et des parties intéressées au sens large".

Quid des données sur le Round up ?

Pour Corinne Lepage, députée européenne et présidente d'honneur du Criigen (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique), c'est une demi-victoire, ou plutôt l'arbre qui cache la forêt… "Ça ne fait guère que trois ou quatre ans que nous demandons ces données ! Si les critères appliqués aux études d'évaluation des risques des OGM étaient les mêmes que ceux appliqués à l'étude Séralini, aucun OGM ne serait autorisé aujourd'hui dans l'Union européenne. Désormais, chacun pourra en juger ! Les effets sur les rats dénoncés par l'étude de Séralini apparaissent également dans les études de 90 jours, mais sont écartés pour diverses raisons".

Cependant, la publication de l'Efsa est "notoirement insuffisante" pour l'eurodéputée. "Nous avons les données du NK 603, mais pour le Round up, c'est silence radio ! Je pense que nous sommes face au même scandale que celui de l'aspartame : l'Efsa n'a pas à sa disposition ces études, je ne sais même pas s'il existe réellement des études sur le Round up".

Aujourd'hui, l'évaluation des risques porte essentiellement sur le principe actif du Round up : le glyphosate. "Or, c'est comme si, pour évaluer les risques liés à la cigarette, vous n'évaluiez que la nicotine. En tant que députée européenne,  je demande une évaluation de deux ans minimum sur le Round up qui est, rappelons-le, le premier herbicide utilisé en Europe et le premier polluant de nos rivières", ajoute Corinne Lepage.

L'évaluation des risques à l'ordre du jour du prochain Conseil

Le 14 janvier également, onze associations françaises de défense de l'environnement et d'un autre modèle agricole communiquent sur une lettre ouverte envoyée le 8 janvier au gouvernement lui demandant de "réaffirmer avec force la décision du Conseil européen de 2008 de renforcer l'évaluation des OGM avant autorisation", de "s'opposer au projet de règlement proposé par la Commission et obtenir, au minimum, une rédaction claire quant au caractère obligatoire des analyses de toxicologie et d'alimentarité". L'évaluation des OGM devrait en effet être à l'ordre du jour du prochain Conseil, le 8 février.

"La Commission européenne propose que cette évaluation soit réduite à sa plus simple expression puisque le pétitionnaire pourra ne réaliser aucune analyse de toxicologie ou d'alimentarité, sauf rares cas spécifiques. (…) Tout dossier devrait au moins contenir une étude de comparaison substantielle, une étude de toxicité chronique (c'est-à-dire sur vie entière des rats) et une étude d'alimentarité, sans oublier une étude toxicologique du ou des pesticides (en formulation commerciale) associés à l'OGM, le tout avec des protocoles valides, notamment statistiquement", indiquent les associations dans leur communiqué commun.

Réactions5 réactions à cet article

 

Merci aux lanceurs d'alertes, aux ONG dernier rempart contre les lobbys et politiciens véreux ! L'heure de vérité approche ! Va y'avoir du monde à comparaitre au tribunal de la Haye !

Eau Pure | 15 janvier 2013 à 18h42
 
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Le scandale de l'Aspartame ? Quel scandale de l'aspartame ? Encore un fantasme de Madame Lepage ! Un de plus !

Laurent Berthod | 22 janvier 2013 à 18h51
 
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Cela se confirme ! Des milliards de gens ont été empoisonnés à leur insu ! Un nouveau scandale mondial est sur le point d’éclater ! L’ANSES fait déjà preuve de mea-culpa ! L’EFSA génétiquement contrôler par les conflits d’intérêts est dos au mur !!!

Eau Pure | 23 janvier 2013 à 11h10
 
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Dans le monde, il y a 2 voix qui nient tout scandale de l'aspartame : les producteurs d'aspartame et Laurent Berthod...

jujuniep | 25 janvier 2013 à 08h55
 
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Des sources ! Et pas du Séralini ou du Cicolella. Du sérieux, pas des clowneries.

Laurent Berthod | 25 janvier 2013 à 10h28
 
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