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Dans le cadre du « Grenelle de l'environnement » qui doit aboutir en octobre prochain à un plan d'action pour inscrire la France dans une perspective durable, la Fédération Nationale des Transports Routiers a présenté lundi dernier ses propositions. Ces dernières se concentrent sur la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre qui constituent l'impact majeur sur l'environnement du secteur. En effet, l'ensemble des transports routiers (voitures, deux roues, camionnettes, bus, poids lourds) émettent 24% du CO2 rejetés dans l'atmosphère soit 125 millions de tonnes environ. Les poids lourds en produisent un peu plus du quart : 35 millions de tonnes dont 21 millions spécifiques au transport de marchandise. Selon la FNTR, c'est peu mais c'est encore trop. Le transport routier de marchandises entend aller plus vite et plus loin.
C'est pourquoi, la fédération propose notamment que la vitesse des poids lourds sur autoroute soit limitée à 80 km/h au lieu de 90km/h actuellement. Cet abaissement de 10km/h permettrait un gain par véhicule de 1,3 à 2 litres/100km. Un poids lourd consommant en moyenne 35 litres au 100 km, cela représenterait une économie de 3,7 à 5,7% de sa consommation. Ce sont donc de 500 à 700 millions de litres de gazole qui pourraient être économisées soit 1,3 à 2 millions de tonnes de CO2. La fédération espère néanmoins procéder par étape en passant d'abord à 85 km/h avant les 80 km/h pour permettre aux entreprises de réorganiser leur plan de transport.
La généralisation de l'utilisation du biocarburant par les entreprises de transport fait également partie des propositions de la fédération. Elle préconise la distribution du B30 (diesel composé de 30% d'EMVH/Diester) dans le réseau dédié de distribution de carburant du transport routier de marchandises. Cela correspondrait à une économie annuelle en CO2 de 6,2 millions de tonnes.
Par ailleurs, la FNTR propose de développer la formation à l'éco-conduite ou à la conduite « apaisée ». Le recul dont disposent les formateurs dans ce domaine permet de fixer à 5% le gain de consommation par conducteur formé ce qui pourrait correspondre selon le FNTR a une économie d'1,5 millions de tonnes de CO2.
À l'instar de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) qui a présenté ses propositions fin août, la FNTR propose également de généraliser le passage en flux libre aux barrières de péage. Ce flux libre permettrait l'économie de 3 litres de carburant par véhicule et par arrêt évité. À raison de 169 millions de passage annuels de poids lourds aux péages des réseaux autoroutiers et des ouvrages d'art (ponts et tunnels), le gain serait de l'ordre de 507 millions de litres de gazole soit 1,35 millions de tonnes de CO2. La FNTR reprend également la proposition de la CGPME de généraliser les poids lourds de 44 tonnes afin de réduire le nombre de camions sur les routes. Le Comité National Routier, dans son rapport « sur les conséquences économiques d'un éventuel passage à 44 tonnes », publié en juin 2004, évalue la réduction de circulation des poids lourds, en année pleine, à l'équivalent de 5.240 véhicules lourds français et 1.000 poids lourds étrangers ce qui équivaudrait à une réduction de 285.000 tonnes les émissions de CO2.
En parallèle, la FNTR propose le doublement des volumes acheminés par le transport combiné rail-route. Le transport combiné rail-route représente aujourd'hui en France 8 milliards de tonnes/km soit l'équivalent de 5640 poids lourds. En l'état actuel du réseau ferré français et de son organisation, la FNTR estime qu'il est raisonnable d'espérer atteindre 16 milliards de tonnes/km à moyen terme. Soit un doublement des volumes et une économie en CO2 d'un million de tonnes.
Suite à l'initiative de la Fédération des Transports Routiers, les associations de protection de l'environnement (Agir pour l'Environnement - France Nature Environnement - Réseau Action Climat France - Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports) ont appelé le gouvernement à profiter de ces propositions pour réduire globalement de 10 km/h les vitesses autorisées sur autoroutes pour tous les véhicules en circulation. Cette simple mesure permettrait de réduire de 2 millions de tonnes par an les rejets de CO2. Les associations espèrent surtout que les acteurs en présence (sociétés d'autoroutes, constructeurs automobiles, assureurs) sauront faire preuve de la même responsabilité en acceptant si ce n'est en proposant, le « 120 km/h sur autoroutes » comme vitesse limite maximale pour les véhicules particuliers. Cette mesure, soutenue par 68% des Français selon un sondage BVA commandé par Agir pour l'Environnement permettrait également de limiter la consommation de carburant, réduire le bruit et épargner des vies en réduisant l'insécurité routière, rappellent les associations.
F.ROUSSEL-LABY
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