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Gaspillage alimentaire : le rapport Garot en faveur de mesures contraignantes

Interdiction de jeter, obligation de donner pour la grande distribution, meilleure utilisation des dates de consommation… Des recommandations présentées aujourd'hui par Guillaume Garot dans son rapport contre le gaspillage alimentaire.

Dechets / Recyclage  |    |  Anne-Sophie LuchezActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°347 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°347
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En France, le gaspillage alimentaire représente, selon le ministère de l'Ecologie, 7 millions de tonnes de déchets. Un chiffre qui n'a pas laissé le Gouvernement indifférent. En 2013, Guillaume Garot, alors ministre délégué à l'Agroalimentaire, présentait un Pacte national contre le gaspillage alimentaire. Son objectif ? Le réduire de moitié d'ici 2025. Redevenu député de la Mayenne, le Premier ministre Manuel Valls a missionné M. Garot en octobre dernier, afin qu'il présente des "propositions" permettant d'atteindre ces objectifs. Pour y parvenir, le député PS s'est appuyé sur les travaux du comité de pilotage du Pacte national.

Ce mardi 14 avril, Guillaume Garot a présenté aux ministres de l'Ecologie et de l'Agriculture les principes, actions et outils d'une politique publique contre le gaspillage alimentaire. Un travail que Ségolène Royal a jugé "minutieux et approfondi". Retour sur les propositions phares du rapport qui, d'après le ministre de l'Economie, "sera rapidement traduit dans une proposition de loi qui traitera de la question de manière globale et structurée".

Interdire à la grande distribution de jeter l'alimentation

Chaque année, 750.000 tonnes de denrées alimentaires sont gaspillées par la distribution et les commerces, selon un chiffre de 2011 avancé par le ministère de l'Ecologie. "Posons le principe de l'interdiction pour la grande distribution de jeter l'alimentation". C'est ce que préconise Guillaume Garot.

Le député PS propose d'inscrire cette interdiction dans la loi. Celle-ci doit être vue comme un "principe". Le document précise que l'interdiction doit être "assortie d'une échéance de mise en œuvre et de sanctions en cas de non-respect ou de mauvaise foi manifeste". Pour ce faire, l'auteur du rapport propose notamment de généraliser les rayons "anti-gaspi". Ces derniers, déjà mis en œuvre par certains magasins, incluraient les produits proches de la date limite de consommation (DLC) ou de la date de durabilité minimale (DDM). Il souhaite aussi intégrer des "coachs anti-gaspi", lesquels sensibiliseraient et formeraient le personnel, et motiveraient les responsables des magasins.

Dons obligatoires des invendus alimentaires consommables

Guillaume Garot préconise le caractère obligatoire des dons d'invendus alimentaires consommables. Et ce, dès lors qu'une ou plusieurs associations caritatives en font la demande. A défaut, comme l'a indiqué la ministre de l'Ecologie, "ces associations ne sauraient que faire d'aliments dont elles n'ont pas l'utilité, et cela serait contre-productif".

Le député de la Mayenne précise qu'il s'agirait d'une mesure législative dont la traçabilité reposerait, notamment, sur les attestations de don de denrées aux associations. L'auteur du rapport s'exprime en faveur de "conventions" qui seraient conclues entre distributeurs et associations, encore une fois dès lors que ces dernières "en effectue[nt] la demande".

Cette recommandation va dans le sens de l'amendement au projet de loi Macron, adopté par le Sénat le 10 avril dernier. Ce texte prévoit que les magasins de commerce de détail, d'une surface supérieure à 1.000 mètres carrés, peuvent mettre en place "une convention d'organisation de la collecte sécurisée des denrées alimentaires invendues encore consommables au profit d'une ou plusieurs associations d'aide alimentaire".

Clarifier les règles entourant les dates de consommation

Les consommateurs comprennent mal la signification des dates limites figurant sur de nombreux produits alimentaires. C'est ce qu'affirme l'auteur du rapport. Et il n'est pas le seul.

En décembre 2014, la ministre de l'Ecologie faisait part de sa volonté de limiter le gaspillage alimentaire. Ségolène Royal évoquait notamment une réforme de la date limite d'utilisation optimale (DLUO), en précisant que cette mention avait davantage un aspect "commercial". Cette volonté s'est de nouveau manifestée dans le cadre du projet de loi sur la transition énergétique, avec un amendement d'Evelyne Didier. La sénatrice CRC s'est exprimée en faveur de la suppression de l'inscription de la DLUO sur les produits alimentaires non périssables (produits stérilisés ou présentant une faible teneur en eau).

Sans s'exprimer sur cette éventuelle suppression, Guillaume Garot souhaite "remplacer la mention "A consommer de préférence avant le…" par la mention plus explicite "Meilleur avant le…"". Modification qu'il espérerait aussi intégrer au niveau européen. Il préconise également le développement de l'information et de l'éducation du consommateur sur la signification des dates limites de consommation (DLC) et des dates de durabilité minimale (DDM).

Promouvoir le "doggy bag"

Largement démocratisée aux Etats-Unis, la pratique du "doggy bag" consiste à emporter chez soi les plats commandés et non terminés au restaurant. En France, elle fait l'objet d'un "blocage culturel", comme le souligne Guillaume Garot. Blocage qu'il faut, selon lui, surmonter. Pour cela, le député de la Mayenne préconise une véritable "campagne de communication nationale", ainsi qu'une "diffusion des initiatives déjà existantes".

Dans la continuité, l'auteur du rapport appelle à une véritable politique publique de lutte contre le gaspillage alimentaire. "La prise de conscience doit être forte !" insiste-t-il. En plus d'une meilleure diffusion de l'information, il préconise la mise en place de nouveaux outils tels qu'une "Agence publique contre le gaspillage". Une instance qui, d'après lui, serait un centre de ressources destiné à mettre en relation les différents acteurs. L'instance nationale serait au service de ce changement de mentalité, dont les enjeux sont "éthiques, économiques, et écologiques", explique Guillaume Garot.

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